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Améliorer la prise en charge des patients : les professionnels de santé se mobilisent

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A l’approche de la campagne présidentielle, 81 % des Français estiment que la santé n’occupe pas une place suffisante. C’est le résultat de l’enquête IPSOS, réalisée pour le think tank « Imaginons la santé » (LIR), et présentée le 8 juin dernier lors d’un colloque sur l’avenir du système de soins français. Et les Français attendent des réponses (et surtout des mesures concrètes) afin de pallier aux inégalités du quotidien : accès aux soins, déserts médicaux, déremboursements. Les réponses ne semblent pas (encore) à la hauteur. Pourtant, les solutions existent. Petit tour d’horizon des pistes les plus prometteuses.

 

Santé : l’état d’urgence

L’étude mise en lumière lors de la table ronde du think tank LIR, va plus loin : elle révèle que neuf Français sur dix s'inquiètent de l'avenir de la démographie médicale. Près de 85 % d'entre eux s'alarment des délais d'obtention de rendez-vous, notamment avec un médecin spécialiste comme l’ophtalmologue qui reste le professionnel de santé le plus difficile à solliciter. En outre, 76 % sont préoccupés par les délais relatifs aux examens (IRM, scanner, etc.). Pour 63 % d'entre eux, l'accessibilité à un médecin généraliste, acteur pivot de notre système de santé s'est détériorée le soir et le week-end.

L’étude insiste également sur une autre préoccupation majeure des Français, puisque plus de 90 % d’entre eux redoutent un déremboursement de nombreux traitements, une augmentation du reste à charge et le développement d'une médecine à deux vitesses. Ce n’est malheureusement pas la première fois, que les politiques sont interpellés sur ces enjeux de santé et notamment sur la nécessité d’améliorer la prise en charge des patients. « Le tableau est assez terrible pour les acteurs politiques, puisque massivement les Français estiment que leurs analyses sont insuffisantes et probablement encore plus les solutions en matière de santé » met en garde Brice Teinturier. « Or, les candidats à la présidentielle auraient torts d’ignorer ce sujet », ajoute Brice Teinturier, directeur général d’Ipsos France. Si la loi Touraine promet des avancées, on est encore loin du compte. « Il faut avoir du courage et de l’audace pour réformer notre modèle de santé comme en appellent les Français » conclut Brice Teinturier.

L’efficience au cœur du parcours de santé

Interrogé par le LIR, Bruno Lemaire, candidat à la primaire de droite constate une dégradation des remboursements des soins et la hausse des inégalités. « Tous les Français doivent avoir accès à des soins de qualité sur tout le territoire, c’est un engagement que je prends de garantir de meilleurs soins optiques et dentaires » promet ainsi Bruno Lemaire. Or 4 Français sur dix considèrent qu’ils ne disposent pas des ressources nécessaires, soit pour trouver les établissements ou professionnels de santé qui leur correspondent, précise Brice Teinturier. De quoi développer une vraie réflexion sur l’accompagnement des patients comme y invite Jean-François Tripodi, le directeur général du réseau de soins ouvert Carte Blanche Partenaires, qui a pris part aux débats organisés par le LIR- Imaginons la santé. Dans ce contexte, la coordination et la transparence doivent être renforcées afin de tenir la promesse au cœur du système français : l’accès aux soins. « Il faut mieux informer, pour mieux orienter, pour mieux accompagner de façon à ce que le patient soit le plus efficient dans la gestion de sa santé, tout en nous interdisant d’entrer dans la relation médecin-patient », martèle Jean-François Tripodi. Depuis 2008 Carte Blanche Partenaires publie en ligne un guide des établissements publics et privés à destination de 6,5 millions de bénéficiaires car «  accompagner au bon moment et au bon endroit permet d’améliorer le parcours de santé des Français ».

Nombreux sont les professionnels de santé à proposer de « co-créer » un système de soins impliquant l’ensemble des acteurs, des médecins en passant par les professionnels de santé, tels que les opticiens et les organismes d’assurance et de complémentaires santé. C’est la clef afin d’améliorer la prise en charge des patients et de prodiguer des soins aussi qualitatifs mais également respectant la nécessaire maîtrise des dépenses de santé. Grâce au regroupement de professionnels de santé et des tarifs négociés, les réseaux de soins ouverts (qui ne limitent pas le nombre de professionnels contrairement aux réseaux dits fermés) proposent par exemple de faire baisser d’environ 30% la facture santé. Carte Blanche Partenaires a récemment lancé une offre qui permet à ses bénéficiaires d’acquérir des lunettes « sans reste à charge ». Et Jean-François Tripodi souhaite aller plus loin en proposant d’intégrer les médecins généralistes, acteur principal du parcours de soins. Il déplore aujourd’hui que la loi Leroux interdise de monter de tels réseaux qui permettraient d’améliorer la prise en charge des patients.

Ce manque de coordination est également dénoncé par Jean-Louis Touraine, vice-président de la Fédération hospitalière de France qui attend « avec impatience » l’arrivée du Dossier Médical Partagé (DMP). « Il est indispensable que les informations arrivent et soient partagées en temps réel par tous les professionnels de santé ». De plus, « le patient n’accepte plus, et c’est légitime, d’attendre plusieurs semaines voire plusieurs mois avant d’obtenir un rendez-vous chez un professionnel de santé  », ajoute Jean-Louis Touraine. Ce dernier appelle donc les politiques à aller plus loin dans la réorganisation de notre système de santé, qui est pour lui « le défi majeur du futur quinquennat ». 

Un parcours de soins high tech

 « Grâce aux objets connectés, grâce à la possibilité de consulter des lieux d’excellence même éloignés, il y est possible d’être plus réactif », souligne Jean-Louis Touraine qui met cependant en garde à ce que l’essor de la e-santé ne déshumanise pas les pratiques. Et les Français sont prêts : près de trois quarts des participants à l’étude du LIR, sont favorables au partage de leurs données de santé avec les praticiens qui les suivent. Une personne sur deux accepterait que les données collectées par des objets connectés soient également accessibles aux praticiens. Enfin, près de 70 % des Français sont prêts à téléphoner ou échanger par mail pour leur suivi. A condition de bien prendre en compte les enjeux relatifs à la sécurisation des données des patients.


Ces outils numériques permettent également aux patients de gagner en autonomie et de (re)devenir un véritable partenaire des professionnels de santé. Cette dynamique n’est pas qu’une simple tendance 2.0 mais plutôt le signe d’une évolution de fond sur les relations entre patients et professionnels de santé. « Aujourd’hui 18 % des Français surveillent leurs données de santé. Pour une technologie qui n’a que trois ans c’est énorme. Les professionnels doivent accepter d’avoir perdu la main  », insiste Guillaume Buffet, vice-président du think-thank Renaissance numérique. « L’expérience patient » fait petit à petit son chemin. Combien de temps prendra cette évolution ? En tout cas, une chose est certaine : le patient est bel et bien remis au centre du système de santé. 

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