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par BernardGuennebaud

Justement, l’un des principaux problèmes est de choisir « la » bonne efficacité du vaccin or il est probable qu’elle n’existe pas en ce sens qu’elle prend sans doute des valeurs assez différentes selon les populations et certaines conditions comme la fréquence et l’importance des contaminations ou la chaleur par exemple. Le vaccin est très sensible à la chaleur et il avait justement été constaté une moindre efficacité sous les tropiques par rapport aux régions tempérées. C’est pourquoi il n’est pas raisonnable d’appliquer à une autre région du monde ce qui a pu être constaté ailleurs. Il n’est sans doute même pas possible de lui attribuer la même efficacité à toutes les populations africaines, du nord et du sud, de l’est, de l’ouest et du centre, du désert et de la forêt.

L’OMS avait publié un communiqué de presse le 29/11/07 pour faire cette annonce de 91% de diminution de la mortalité par la rougeole en Afrique. Les journalistes et le public pouvaient être trompés en pensant qu’il s’agissait d’une comparaison de cas enregistrés. Pour apprendre que cela n’avait pas été fait ainsi il fallait aller consulter le REH et ce fut la raison de mon article : faire savoir à un public d’ailleurs très limité que la diminution annoncée résultait d’hypothèses et de calculs avec un modèle mathématique et non d’une observation de cas. C’est une chose de dire que la vaccination a pu réduire considérablement la mortalité mais c’en ait une autre de la chiffrer. C’est une chose de dire que le oui va l’emporter au référendum mais c’est autre chose de dire que ce sera avec 55% des suffrages. La taille des échantillons doit alors être beaucoup plus grande. Pour passer de 55% à 2 % près à 55% à 0,2% près il faut prendre un échantillon 100 fois plus grand.

Pour l’Afrique en 2000, la fourchette d’incertitude des décès était évaluée à 290000-514000 et pour 2006 à 26000-49000 avec les valeurs « centrales » 396000 et 36000. Selon l’OMS ces larges fourchettes sont liées aux incertitudes sur la couverture vaccinale et sur le taux de létalité (taux de décès parmi les malades). Cela signifie sans doute aussi que l’échantillon était faible et on n’a aucune garantie sur sa représentativité.

Que le vaccin contre la rougeole ait eu une certaine efficacité cela ne fait aucun doute quand on constate la réduction considérable de la maladie en France par rapport aux années 70. Mais attendons la suite...Les résultats spectaculaires de la vaccination sont dus à l’addition de 2 choses : d’une part l’immunité acquise par la maladie par les adultes et les enfants après leur rougeole ; d’autre part la vaccination des enfants. Mais quand les adultes encore immunisés par la maladie ne seront plus là et auront été remplacés par des adultes n’ayant connu de la rougeole que sa vaccination la population deviendra très vulnérable car il sera impossible d’immuniser par la seule vaccination la totalité de la population de zéro à 100 ans. De très graves épidémies pourront alors se produire, touchant principalement les adultes pour lesquels la maladie est plus grave. Cela commence à se produire comme à Reims en 2008 où un médecin de 46 ans a fait la rougeole (voir mon article http://questionvaccins.canalblog.co...)

Il est de plus en plus vraisemblable que la rougeole qui immunise à vie est une légende. Cette immunisation avait sans doute besoin d’être entretenue et elle l’était par la circulation du virus chez les enfants qui recontaminaient les adultes. La rougeole avait parfois des complications graves, on ne peut le nier, mais indépendamment de ses effets secondaires la vaccination pourrait avoir à terme des conséquences redoutables avec la rougeole elle-même. Avec la vaccination on s’est engagé dans une voie dont personne de connait l’issu. C’est si vrai que nos experts ne veulent pas que nous tentions l’aventure avec la varicelle dont l’épidémiologie est très proche de celle de la rougeole et c’est pourquoi ils ne recommandent pas cette vaccination.

Enfin, il ne s’agissait pas, bien entendu, de comparer la tuberculose et la rougeole sur le plan médical mais seulement de dire que nos experts avaient eu recours à une modélisation et à des hypothèses sur cette efficacité et en ce sens les 2 problèmes sont donc proches.