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Bonjour,

le message d’Yves Brasset fait parfaitement le point sur l’action du baclofène dans le traitement de la maladie alcoolique.

Il est de notoriété publique que le traitement classique à base de cure, post cure, aotal ou révia et abstinence définitive est crédité d’un taux de succès de 10%. C’est à dire que 90% des patients rechutent dans un délai plus ou moins court.

Le traitement par le baclofène tel qu’Yves l’a décrit avec des posologies progressivement croissantes est crédité d’un taux de succès de plus de 70% dans un délai de six semaines à deux mois. Certes, il existe des effets secondaires mais ceux ci sont tous bénins et cèdent avec un ajustement posologique ou avec le temps. Le baclofène est prescrit depuis plus de 40 ans dans d’autres indications et a montré son absence de toxicité. Les échecs sont essentiellement le fait d’une motivation insuffisante ou la présence de comorbidité psychiatrique lourde. Une fois l’indifférence acquise, les patients peuvent boire un verre sans qu’il n’entraine les suivants. A l’issue de la guérison, 59% des patients boivent de façon occasionnelle et 28% plus du tout.

Alors, pourquoi ce traitement réellement révolutionnaire dans la prise en charge de l’alcoolisme chronique qui fait, rappelons le plus de 130 morts par jour n’est pas plus connu et répandu ?

Il existe un premier conflit d’intérêt majeur en ce qui concerne la majorité des alcoologues. En effet, ils sont à la tête de réseaux de soins comprenant les centres de cure, de post cures, les consultations spécialisées le tout avec une patientèle captive car récidivant dans 90% des cas. Ils ont donc peur de voir ces filières vidées de patients car définitivement guéris de leur maladie. Souvenons nous de la tuberculose quand les antibiotiques efficaces ont été largement prescrits ce qui a conduit à la fermeture des sanatoriums. La filière d’alcoologie est à la veille d’un bouleversement similaire, n’en doutons pas.

Il existe un second conflit d’intérêt avec les têtes de la société française d’alcoologie concernant la sortie du nalméfene. Ce médicament censé être actif contre l’alcoolisme n’a obtenu qu’une note d’amélioration du service médical rendu faible. C’est à dire qu’il ne fait pas vraiment mieux que le placébo. Cependant, la société française d’alcoologie et ses membres dirigeants ont été les consultants rémunérés du laboratoire Lunbeck pour le développement de cette molécule. Il est donc difficile de penser que leur avis est désintéressé.

Le traitement par le baclofène a été porté par des médecins généralistes convaincus de son intérêt et par des associations de malades. La récente RTU a officialisé ce traitement réellement révolutionnaire.