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par Phoebus

Il est tout à fait exact que la viande et le poisson ne représentent pas les seules sources de protéines valables.

Physiologiquement, il n’est pas du tout nécessaire d’en manger à tous les repas. C’est même actuellement déconseillé.

Personne non plus n’est obligé d’en manger, et on peut parfaitement vivre sans consommer de protéines animales, en faisant cependant attention aux risques de carences, notamment en vitamine B12. Cela étant dit, dans ces débats protéines animales vs protéines végétales, il y a beaucoup d’à peu près et d’erreurs.

Primo, la consommation de viande n’est pas culturelle, mais bien physiologique. Homo sapiens est apparu il y a à peu près 200.000 ans. Non seulement on sait qu’il consommait de la viande dès le départ, mais on sait aussi que ses ancêtres en consommait également, et cela depuis fort longtemps, comme c’est le cas des Australopithèques par exemple, dont l’origine remonte à 4,4 millions d’années. Par ailleurs, on sait aussi que de nombreux singes mangent volontairement des protéines animales. Certains, comme les chimpanzés, chassent même. Quand un type d’aliment est présent depuis aussi longtemps dans l’alimentation d’une espèce, et de ses ancêtres, on ne peut qu’en déduire que cet aliment est parfaitement adapté à celle-ci et qu’il est physiologique. Dire le contraire tient de la mauvaise foi.

Il est aussi tout à fait erroné de dire que la consommation de viande est nocive pour la santé. C’est une consommation excessive qu’il l’est. Ne mélangeons pas tout pour des raisons idéologiques ou morales. Les régimes végétariens ne sont supérieurs, en matière de prévention de certaines maladies de civilisation, que comparé à la diète, très déséquilibrée, de l’américain moyen. Il est parfaitement possible d’avoir un régime alimentaire sain en continuant à manger des protéines animales. Le régime Crêtois et le régime Okinawa, tant vanté, en contiennent tous les deux.

L’élevage constitue dit-on aussi une catastrophe écologique. Cet argument est pourtant à nuancer. Il faut faire la distinction entre les élevages intensifs, il est vrai très polluants, et les élevages extensifs, présents dans les fermes familiales, dans lesquelles le pâturage représente la principale source de nourriture du bétail et qui sont de plus souvent autosuffisantes pour le surplus de nourriture pour le bétail. On entend également souvent dire que pour produire une protéine animale, il faut utiliser sept (on dit parfois neuf) protéines végétales. Outre qu’il faut nuancer selon le type d’élevage et d’animal, il faut aussi préciser que nous serions dans la plupart des cas bien incapable d’assimiler les protéines végétales en question. Essayez de manger de l’herbe ou du foin pour voir ! Il est faux aussi de croire que ce qu’on fait pousser pour le bétail remplace des cultures qui seraient plus utiles pour les hommes. On ne fait pas pousser n’importe quoi n’importe où, ni n’importe quand (rotation des cultures). S’il existe depuis des temps immémoriaux des zones d’élevage, c’est qu’il y a une raison, à moins de prendre les paysans pour des imbéciles.

Enfin, il est vrai que si on mange de la viande, c’est parce qu’il y a des gens pour faire de l’élevage. Mais c’est vrai aussi pour la production de protéines végétales, de pain, de voitures etc. Combien de végétariens pourraient produire suffisamment de blé par exemple pour leur consommation personnelle.On ne devient par agriculteur si facilement. Cela tient notamment à l’organisation de plus en plus spécialisée de nos sociétés modernes et à l’urbanisation (difficile d’élever même des porcs en appartement). Ne pas oublier qu’il y a à peine deux siècles, 90% de la population était agricole.

Pour le reste mangez ce que vous voulez, comme vous le voulez sans culpabiliser.