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Les liquidateurs de Fukushima, héros kamikazes au terrible destin
Les liquidateurs de Fukushima, héros kamikazes au terrible destin
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11 mars 2013
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Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

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Les liquidateurs de Fukushima, héros kamikazes au terrible destin

Les liquidateurs de Fukushima, héros kamikazes au terrible destin

La catastrophe de Fukushima, un enfer sans fin ? 3 000 "liquidateurs", des personnes se déplaçant sur le site irradié pour contenir les dégâts, se relayent jour et nuit sur les lieux accidentés. Certes, deux ans après le séisme et l’accident nucléaire, la situation est considérée comme stable puisque les réacteurs et piscines sont constamment refroidis. Mais l’archipel doit faire face à de multiples difficultés, comme la gestion des déchets radioactifs et la carence en logements pour les sinistrés.

Après deux ans passés à colmater les dégâts à Fukushima -où quatre des six réacteurs nucléaires ont été saccagés- et à gérer tant bien que mal le sinistre, les liquidateurs, qui sont pour beaucoup employés indirectement par la société Tepco (Tokyo Electric Power), usent désormais de la parole pour témoigner de leur sort. Stress, peur, solitudes et inconfort sont leur lot quotidien. Un de ces ouvriers s’est ainsi confié à Reuters : « J’ai mal au ventre et je suis constamment stressé. Quand je reviens dans ma chambre, tout ce que je peux faire, c’est me soucier du lendemain. Ils devraient nous donner une médaille ». Selon le quotidien britannique The Guardian, il règne auprès des liquidateurs une tension qui aurait, en d’autres lieux, poussé à la démission.
 
Et alors qu’une étape critique approche -le retrait du combustible usagé des piscines de stockage- le Wall Street Journal indique que le bout du tunnel est encore loin : « Les liquidateurs sont déjà épuisés et soumis quotidiennement aux radiations, mais ce sont des décennies de nettoyage qui attendent les Japonais ». Selon Jun Shigemura, maître de conférences au département de psychiatrie du National Defense Medical College, et qui est intervenu dans les colonnes du Guardian, « les liquidateurs ne participent en rien aux prise de décisions chez Tepco et n’ont rien à voir avec la catastrophe. Pourtant ils éprouvent un sentiment de culpabilité et de responsabilité. Ils méritent plus de respect, dans la mesure où ils font l’un des métiers les plus périlleux au monde. D’autant qu’ils risquent de suivre la trajectoire des vétérans de la guerre du Vietnam, qui se sont vus rejetés par la société à leur retour, ont fini sans abri, ont sombré dans l’alcoolisme et les drogues ou se sont suicidés ».

Et le ministère de la Santé japonais a d’ores et déjà communiqué des chiffres : 63 travailleurs de Fukushima ont, par exemple, déjà été exposés à des niveaux de radiation supérieurs à ceux enregistrés dans leurs dossiers personnels. Les autorités devant par ailleurs se soucier de larges parties du littoral couvertes de débris plus ou moins radioactifs. A ce jour, moins de la moitié des 17 millions de tonnes de détritus ont été incinérés ou stockés dans des décharges. Enfin, le gouvernement doit plancher sur une solution à l’épineux problème des 160 000 personnes déplacées, la plupart originaires de zones devenues inhabitables à cause des radiations de la centrale de Fukushima.

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