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Japon : L’iode radioactif contamine l’océan Pacifique
Japon : L'iode radioactif contamine l'océan Pacifique
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30 mars 2011 | 2 commentaires
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Japon : L’iode radioactif contamine l’océan Pacifique

Japon : L'iode radioactif contamine l'océan Pacifique

La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) confirme que de l’iode radioactif a été détecté, faiblement, dans de l’eau de pluie en France durant la nuit du 27 au 28 mars dernier. Il n’y aurait pas de quoi s’inquiéter. Cette présence d’iode 131 pourrait contaminer des légumes à feuilles vertes comme les épinards, les salades ou les blettes, mais à un niveau trop faible pour entraîner des effets sur la santé de l’homme. Mais pendant ce temps, à 10 000 kilomètres de l’hexagone, au centre de la tragédie nucléaire, le niveau d’alerte est maximal. De l’iode radioactif est rejeté en mer dans des proportions sans cesse plus importantes. Les autorités japonaises, débordées par l’ampleur de la situation, ont accueilli une aide technique internationale. Des experts de la société française Areva se sont rendus sur place pour leur prêter main forte.

Les niveaux d’iode radioactif qui ont été relevés dans l’eau de mer à 300 mètres de la centrale nucléaire de Fukushima sont désormais 4 385 fois supérieurs à la norme légale. Ce niveau en iode 131 est inédit depuis le début de la catastrophe le 11 mars dernier. Le 25 mars dernier, les calculs faisaient état d’un niveau bien moindre, de 1 250 fois supérieur à la limite légale. Le 29 mars dernier, ce chiffre était déjà passé à 3 355. Et cela pourrait empirer, car une fuite découverte ce week-end dans une enceinte laisse craindre que même du plutonium pourrait s’évacuer en mer. Hidehiko Nishiyama, porte-parole de l’Agence de sûreté nucléaire et industrielle, souligne que « cette situation est alarmante mais sans danger immédiat pour la santé humaine ».

Paradoxalement, c’est depuis le début des tentatives de régulation opérées par les équipes de secours que la centrale endommagée déverse des produits radioactifs en mer, principalement de l’iode et du césium. Ces substances sont drainées par les milliers de tonnes d’eau déversées dans l’urgence par les techniciens dans le but de refroidir les installations et ainsi éviter une surchauffe critique des réacteurs. Le secrétaire général du gouvernement japonais, Yukio Edano, a exprimé son inquiétude, et les experts japonais étudient désormais des options inédites pour réduire les émissions radioactives et évacuer les tonnes d’eau contaminée.

Pour cela, ils songent notamment à recouvrir les réacteurs d’une bâche spéciale ou utiliser les réservoirs d’un tanker. Et l’eau est loin d’être le seul problème. Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), des rejets atmosphériques de vapeur persistent au-dessus de la centrale. En l’absence de refroidissement, en effet, des fumées continuent de s’échapper des cuves, menaçant de former un nouveau nuage radioactif. Face au danger, et pour amorcer une nouvelle stratégie, l’opérateur du site Tokyo Electric Power (Tepco, dont le dirigeant, Masataka Shimizu, est actuellement hospitalisé pour de l’hypertension) a tendu la main à la France.

Anne Lauvergeon, présidente du groupe nucléaire Areva, est ainsi arrivée à Tokyo avec une équipe d’experts pour épauler les équipe nippones dans leurs tentatives de traiter les eaux contaminées. Les autorités américaines, de leur côté, ont mis à disposition des robots qui, contrairement à ceux qui étaient déployés sur le site de Tchernobyl en 1986, seraient capables de résister à des pics de radiation extrême et ainsi d’opérer dans les zones trop dangereuses pour l’homme. Pour l’heure, André-Claude Lacoste, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) estime que « Fukushima est un site perdu qui sera sinistré pour au moins plusieurs décennies à l’exemple de la zone interdite de Tchernobyl ». Pour André-Claude Lacoste « des tâches de contamination radioactives sont déjà présentes bien au-delà de la zone de sécurité de 30 kilomètres autour de la centrale de Fukushima, et elles pourraient dépasser un rayon de 100 kilomètres ».

Les fuites radioactives, qui ont contaminé le sol, des légumes, le lait, l’eau du robinet jusqu’à Tokyo (à 220 kilomètres au sud) et à présent l’eau de mer ont déjà décidé certains pays d’interdire l’importation de produits alimentaires en provenance de la région. Si le ministre de la Santé japonais a interdit la vente de certains aliments dans le périmètre critique et renforcé les contrôles sur les poissons et mollusques pêchés le long des côtes, l’ASN précise que « la radioactivité relâché en mer se dilue avec les marées », et selon David Boiley, physicien et président de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), le danger pour la faune et la flore laisse libre à toute spéculation, puisque « les poissons et les algues concentrent l’iode 1000 fois plus que l’eau ». En l’absence d’études sur les impacts de la radioactivité sur les animaux marins, les experts incitent ainsi à la plus grande prudence.
 

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Commentaires
2 votes
par lauriou (IP:xxx.xx1.91.148) le 30 mars 2011 a 19H19
lauriou (Visiteur)

Bonsoir, ce sérieux article permet de conclure ; Hidehiko Nishiyama affirme que "cette situation est alarmante mais sans danger immédiat" alors que la mesure donne 1250 fois la limite légale et que des nouvelles fuites se font et échappent le plutonium, pire que tout ! Cet homme, au langage commun à tous les menteurs de managers de peuples, vit de ses manipulations, c’est un métier fort lucratif.

Nos industries s’inspirent de ces méthodes japonaises qui font baver d’envie nos patrons...

Forcément les risques sont les mêmes, nos centrales sur les failles sismiques sont identifiées. L’abus de discrétion des employés dépasse tout devoir de réserve, on est passé à l’obligation de mensonge (normes de sécurité désespérantes, cout insupportable).

Le gaspillage d’énergie justifie-t-il notre propre mise à mort ? Réveillons-nous et demandons leur des comptes, refusons les erreurs et manipulations, exigeons toutes les preuves de bonne foi de ceux en qui nous faisons confiance, par flemme. Nos descendants seront fiers de notre port de tête et marcheront dans nos traces.

2 votes
par le journal de personne (IP:xxx.xx6.83.98) le 31 mars 2011 a 07H12
le journal de personne (Visiteur)

Fessenheim Ces nuages… ces merveilleux nuages Qui passent… au dessus de moi Savez-vous d’où ils proviennent ? De Fukushima…ou de Fessenheim ? Je viens de casser mon compteur Geiger Et je ne sais pas comment je vais faire pour mesurer la radioactivité dans l’air.

http://www.lejournaldepersonne.com/...