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Gaz de schiste : nouvel or gris ou réelle menace écologique ?
Gaz de schiste : nouvel or gris ou réelle menace écologique ?
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3 mai 2011 | 2 commentaires
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R. Bartet, 52 articles (Journaliste )

R. Bartet

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Gaz de schiste : nouvel or gris ou réelle menace écologique ?

Gaz de schiste : nouvel or gris ou réelle menace écologique ?

Avec d’importants gisements à quelques 2000 mètres de profondeur dans le Sud ou le Bassin Parisien, la France serait la seconde réserve européenne d’une nouvelle ressource « d’hydrocarbures non conventionnels  » : le gaz de schiste. Depuis 2010, la course mondiale à l’exploitation de ce nouvel or gris fait rage ! Mais plus les compagnies pétrolières et gazières s’y intéressent et plus grandit le spectre d’une extraction dangereuse pour l’environnement, les nappes phréatiques et la santé. Entre les pas de danse de politiques encore hésitants sur la question et la mobilisation sans faille des écologistes, nous pouvons nous demander avec raison si le gaz de schiste est une réelle opportunité énergétique ou plutôt le cadeau empoisonné que nous réservent nos sous-sols.

Une mine…
L’Institut Français du Pétrole (IFP) estime que les réserves avoisinent les 920 milliards de mètres cube. Un tiers d’entre elles se trouveraient en Asie-Pacifique et un quart en Amérique du Nord. Pour beaucoup, le gaz de schiste représente un immense espoir alors que les énergies fossiles pourraient bientôt manquer et à l’heure où la plupart des pays restent sceptiques face à l’énergie nucléaire, que l’accident de Fukushima a fait voler en éclat. Le gaz de schiste, considéré par certains comme l’énergie nouvelle du 21ème siècle, représente la promesse d’un avenir glorieux, tant pour l’indépendance énergétique des pays qui en sont richement dotés, que pour les grands groupes industriels qui l’exploitent déjà, parfois à la va-vite, avec l’idée géostratégique de faire concurrence aux pays du Golfe.
Oui, mais voilà, parce qu’il y a toujours un « mais » dans une situation qui pourrait sembler trop idyllique, un problème de taille est venu faire irruption dans cette course effrénée : la question environnementale.

Empoisonnée…
Le gaz de schiste est un gaz naturel présent dans les roches sédimentaires compactes et argileuses que l’on trouve à environ 2000 mètres sous terre. Piégé dans les fissures de la roche, au lieu d’être présent sous forme de poches, son forage en est rendu d’autant plus complexe. Une technique permet néanmoins de l’exploiter : celle du forage horizontal hydraulique. La « fracturation », mise au point par des industriels, consiste à faire exploser la roche en la soumettant à des tonnes d’eau injectées à très forte pression et en la mélangeant à des substances chimiques. Le tout est réalisé dans un puits consolidé par un coffrage de béton. Une fois que le gaz est parvenu à la surface, un séparateur le dissocie de l’eau et des autres composants, dont le méthane, un gaz 25 fois plus nocif que le CO2 et dont l’émanation lors de ce processus contribue grandement au réchauffement climatique. De plus, l’eau mélangée aux composants chimiques se disperse dans les nappes phréatiques et est rendue impropre à la consommation. L’extraction est donc dénoncée comme étant désastreuse pour l’environnement et les populations riveraines. Quant à son exploitation, elle est jugée tout aussi dangereuse que polluante. Aux Etats-Unis, le premier pays producteur mondial, les dégâts sont déjà là. Le documentaire Gasland, réalisé par Josh Fox et diffusé depuis avril 2011 sur nos écrans est bien là pour en témoigner.
http://www.dailymotion.com/video/xg...
Le Monde révèle également que le quotidien le New-York times a recensé et révélé, au travers d’une vaste enquête, tous les effets néfastes de l’exploitation du gaz de schiste sur la santé humaine : exploitation de produits chimiques cancérigènes, eau rejetée radioactive et possible risque d’activité sismique provoqué par l’exploitation de ce gaz…
Des collectifs écologistes, dont José Bové en tête de file, critiquent la technique qui va à l’encontre du Grenelle de l’environnement, qui se veut protecteur des sources d’eau potables et de l’éco-système. Rien que pour le forage, 10 000 à 20 000 mètre cubes d’eau sont nécessaires. Un rapport de l’Agence de protection de l’environnement américaine, l’EPA, souligne même que l’activité du gisement de Barnett Shale, dans le Nord du Texas, polluerait plus que le trafic automobile de la ville.

Valse des politiques

En France, la polémique aussi fait rage. Tout commence en mars 2010, comme le rappelle le journal Le Monde, lorsque le ministre de l’Ecologie, de l’Energie et du Développement durable de l’époque, Jean-Louis Borloo, accorde un peu vite aux industriels des permis pour procéder à des travaux de prospection dans les sous-sols français. Pourtant, sous la pression des eurodéputés écologistes, le premier ministre François Fillon annonce à la mi-avril 2011 l’annulation des autorisations déjà accordées et une remise à plat des permis de forage. Nouveau coup de tonnerre, le 12 avril, la Mission d’inspection sur les gaz et huiles de schiste remet son rapport d’étape, à la demande du ministère de l’Ecologie et de l’Economie. Rapport qui s’avère plutôt favorable à la poursuite de l’exploitation du gaz de schiste tout en misant sur la prudence : « Il reste encore des marges de progrès à réaliser et des approches innovantes à susciter en termes d’optimisation des forages que pour les rendre compatibles avec la protection de l’environnement ». Dans le même temps, la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet s’empresse de rassurer : « On n’exploitera jamais le gaz de schiste comme aux Etats-Unis », soit de façon hâtive et souvent en toute opacité.
Citoyens éclairés et associations de défense de l’environnement déplorent pourtant, qu’une fois encore, le sujet échappe au débat public. Beaucoup disent vouloir poursuivre les efforts concentrés vers les énergies renouvelables à l’image du photovoltaïque, de l’énergie éolienne ou hydraulique. Mais politiques et industriels renonceront-ils néanmoins de sitôt à une manne et une mine d’or énergétique à portée de sol ?
Le feuilleton continue…dans l’hémicycle en tout cas, puisque la proposition de loi du député Christian Jacob visant à retirer les permis d’exploration et d’exploitation devrait être examinée et discutée d’urgence à l’Assemblée Nationale le 10 mai prochain.
 

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Commentaires
0 vote
par Lisa SION (IP:xxx.xx8.198.225) le 3 mai 2011 a 15H09
Lisa SION (Visiteur)

le gaz de sheet est au solaire ce que la salle de shoot est à l’herbe naturelle : une légalisation sans débat par dessus d’autres débats sans légalisations

0 vote
par Clojea (IP:xxx.xx1.5.119) le 3 mai 2011 a 19H32
Clojea (Visiteur)

Une pollution sans précédent. Pas de gaz de schiste dans notre pays ni ailleurs.