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De l’obésité à l’amaigrissement drastique : quels effets sur la teneur en polluants de l’organisme ? Quel impact sur la santé ?
De l'obésité à l'amaigrissement drastique : quels effets sur la teneur en polluants de l'organisme ? Quel impact sur la santé ?
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17 décembre 2010
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Université Paris Descartes, 11 articles (Université - Centre de recherche)

Université Paris Descartes

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De l’obésité à l’amaigrissement drastique : quels effets sur la teneur en polluants de l’organisme ? Quel impact sur la santé ?

De l'obésité à l'amaigrissement drastique : quels effets sur la teneur en polluants de l'organisme ? Quel impact sur la santé ?

Tous les jours, l’organisme est soumis à différents types de pollutions (atmosphérique, alimentaire etc.). Mais sommes-nous tous égaux devant notre capacité à capter et stocker ces substances ? Que deviennent ces polluants stockés et affectent ils notre santé ?
Des chercheurs appartenant à trois équipes* ont mesuré le taux de certains polluants contenus dans l’organisme de 70 personnes obèses suivies à l’hôpital dans le cadre d’une chirurgie de l’obésité. Leurs travaux montrent d’une part qu’un amaigrissement drastique conduit à une diminution de certains polluants dans l’organisme et révèlent, d’autre part, qu’ils tendent à retarder l’amélioration des fonctions hépatiques et cardiovasculaires habituellement entraînées par l’amaigrissement. Ces travaux sont publiés le 15 décembre dans la revue Environmental Health Perspectives.

Il n’est pas rare au cours d’une journée classique que nous soyons exposés à différents types de polluants. Alors que l’organisme élimine rapidement la plupart d’entre eux, certains résistent aux processus naturels de détoxication. Ces molécules persistent dans l’environnement et s’accumulent dans les tissus vivants (cf. encadré). Lorsqu’ils sont de nature organique, ces polluants sont appelés Polluants Organiques Persistants (POPs).

Chez l’homme, de nombreuses études montrent que cette persistance dans les tissus est due à un appétit particulier des cellules graisseuses pour ces polluants. Elles servent à la fois de capteur et de lieu de stockage. Les chercheurs se sont donc légitimement posé la question de l’effet d’un amaigrissement drastique sur la teneur globale de ces polluants dans notre organisme. Peu de données existent dans la littérature scientifique sur leur responsabilité dans les maladies associées à l’obésité malgré un intérêt grandissant pour cette thématique lié à l’épidémie d’obésité que nous connaissons depuis quelques décennies.

Les trois équipes de scientifiques ont étudié les profils de près de 70 patients obèses suivis à l’hôpital pour une chirurgie de l’obésité associée à un régime. Ils ont pu disposer d’échantillons sanguins et de tissus adipeux et estimer leur teneur en polluants persistants. Les mêmes mesures ont été effectuées chez des personnes minces.

Les résultats de ces travaux montrent que les personnes obèses ont une quantité totale de polluants 2 à 3 fois plus élevée que les personnes minces en raison d'une masse grasse plus grande.

Au cours d'un amaigrissement drastique (chirurgie bariatrique associée à un
régime), l’analyse des chercheurs montre une augmentation de ces polluants dans le sang. « Cette observation peut s’expliquer par une libération progressive des polluants dans la circulation sanguine du fait de la réduction de taille des cellules graisseuses » précise Robert Barouki. Au bout de 6 mois à 1 an, on constate une diminution d'environ 15% de la quantité totale des polluants les plus abondants tels que les PCB mais pas des polluants les moins représentés tels que les dioxines.

En parallèle, les personnes opérées ont été examinées sur le plan biologique et clinique. Conformément à ce qui est attendu, toutes les personnes obèses
améliorent leurs fonctions hépatiques, cardiovasculaires et pancréatiques. Les chercheurs ont pu examiner les relations entre l’amélioration de ces différentes fonctions et les taux sanguins de polluants. Ils ont ainsi constaté que l’amélioration de ces fonctions n’était pas identique pour tous les individus. Plus précisément, ils ont montré que les personnes ayant les taux de polluants sanguins les plus élevés étaient ceux chez qui l’amélioration des fonctions hépatiques et cardiovasculaires était la plus lente.

Cette dernière observation a été faite chez des personnes n’ayant pas une exposition particulièrement élevée aux polluants. Ainsi, des quantités de polluants relativement communes semblent capables d’affecter des paramètres cliniques et biologiques chez l'homme. Ce constat devra être complété par d’autres travaux, notamment des travaux expérimentaux nécessaires pour établir un lien de causalité. Dans tous les cas de figure, cette étude réalisée chez des personnes obèses constitue un argument supplémentaire en faveur des efforts de prévention contre la contamination par les polluants persistants.

Les polluants organiques persistants (POP)
La pollution organique est un type de pollution chimique provoquée par les polluants carbonés. Elle s’étend de composés comme les lisiers ou les boues d’épuration aux PCB (polychlorobiphényles). Leurs effets sont très variables, certains sont biodégradables tandis que d’autres persistent dans l’environnement. Ce sont ces polluants organiques persistants (POP), tels que les PCB, les dioxines et les furanes que les chercheurs ont étudiés. Les dioxines et les furanes ont des propriétés toxicologiques semblables et leurs effets combinés sont additifs. La dioxine la plus connue est la tetrachlorodibenzodioxine ou dioxine de Seveso, en référence à l’incident d’une usine chimique en Italie. Les PCB sont de deux sortes, certains ont des propriétés similaires à celles de la dioxine de Seveso, alors que d’autres ont des propriétés différentes insuffisamment caractérisées. Les PCB contaminent plusieurs rivières françaises et, comme les dioxines et les furanes, se retrouvent dans les aliments les plus gras.

* Unité 747 Inserm-Université Paris Descartes, Unité 872 Inserm-Université Pierre et Marie Curie et Inra USC 2013 de Nantes 14 décembre 2010

Publication :
Fate and Complex Pathogenic Effects of Dioxins and Polychlorinated Biphenyls in Obese Subjects before and after Drastic Weight Loss

Min-Ji Kim*1, Philippe Marchand*2, Corneliu Henegar*3, Jean-Philippe Antignac2, Rohia Alili3, Christine Poitou3, Jean-Luc Bouillot4, Arnaud Basdevant3, Bruno Le Bizec2, Robert Barouki1, Karine Clément3

1°INSERM UMR-S 747, Paris, France ; Université Paris Descartes, Centre Universitaire des Saints-Pères, Paris, France ; Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Hôpital Necker-Enfants Malades, 75015 France

2°ONIRIS, USC 2013 INRA, LABERCA, Atlanpole-La Chantrerie, BP 50707, Nantes, F-44307

3°INSERM, U872, Nutriomique team 7, Paris, F-75006 France ; Centre de Recherche des Cordeliers, Université Pierre et Marie Curie-Paris 6, UMR S 872, Paris, F-75006 France ; Assistance Publique-
Hôpitaux de Paris, Pitié-Salpêtrière Hospital, Nutrition and Endocrinology Department, Paris, F-75013 France ; CRNH-Ile de France, Paris, F-75013 France.

4°Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Hôtel-Dieu Hospital, Surgery Department, Paris, F-75004 France.

Environmental Health Perspectives ; 15 décembre 2010


 

Alice Tschudy & Pierre-Yves Clausse Service presse Université Paris Descartes
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