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Choisissons notre médecine... et nos médecins !
Choisissons notre médecine... et nos médecins !
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23 juillet 2009 | 4 commentaires
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Jean-Luc Martin-Lagardette, 33 articles (Journaliste)

Jean-Luc Martin-Lagardette

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Choisissons notre médecine... et nos médecins !

Choisissons notre médecine... et nos médecins !

Responsables de notre propre santé, nous pouvons aussi affirmer notre droit à être soignés comme nous l´entendons, selon des méthodes traditionnelles ou complémentaires, et pas seulement selon les normes de la médecine académique et institutionnelle, trop souvent proche des intérêts économiques et moins soucieuse de l´individu dans sa globalité.

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Choisissons notre médecine... et nos médecins !

Les esprits naïfs auront peut-être du mal à le croire : en France, de nombreux médecins, tout simplement parce qu’ils pratiquent une médecine non reconnue officiellement par les autorités académiques (une médecine comme l’homéopathie, par exemple), peuvent à tout moment être inquiétés par ces mêmes autorités, et tout particulièrement par le Conseil de l’ordre des médecins. Ils peuvent être suspendus ou même carrément radiés et interdits définitivement d’exercer.


Parce que sa discipline est novatrice ou ancestrale mais non « conformes aux données acquises de le science », un médecin pratiquant les médecines complémentaire peut facilement être traité de charlatan ou de gourou, et accusé d’être un chef de secte. Il suffit d’un patient insatisfait (un sur un millier…) et particulièrement vindicatif à son égard, d’un confrère jaloux de son succès, d’un contrôleur de la sécurité sociale dogmatique, d’un membre d’une association anti-secte voyant là une occasion de justifier sa fonction sociale, bref, il suffit de porter la moindre accusation de dérive sectaire pour que ce médecin soit ennuyé jusqu’à en perdre son travail.

Récemment (3 février 2009), le ministère de la Santé a pris un arrêté mettant en place un groupe d’appui technique auprès de la Direction générale de la santé, afin de recenser et de qualifier toutes les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique. On peut se douter – les membres de ce GAT ne comportant aucun représentant ou avocat de ces approches médicales différentes – que les résultats ne leur soient guère favorables. Et que seront retenues seulement celles ne remettant pas trop en question l’ordre sanitaire établi…

Face à cette toute-puissante institutionnelle, le citoyen a-t-il son mot à dire ? En tout cas, on le lui demande rarement.

Mais il peut parler de lui-même. S’il pense que la santé n’est pas qu’un droit mais aussi un devoir, s’il prend ses responsabilités, s’il en a le courage.

En effet, nous pouvons soutenir, individuellement, ces médecins qui nous proposent autre chose que le tout-chimique, qui prennent le temps de nous écouter, qui tentent de nous comprendre dans notre globalité.

Une loi, dénommée Loi Kouchner, votée le 4 mars 2002, reconnaît et précise les droits des personnes malades et plus largement de toute personne dans ses relations avec le système de santé. Elle rééquilibre les relations entre le professionnel de santé et le malade en faisant de ce dernier un véritable acteur de santé.

Selon ce texte, le médecin doit respecter la volonté du malade concernant le choix thérapeutique. Si c’est la volonté du malade d’avoir recours à tel ou tel traitement, un médecin ne peut qu’acter cette volonté.

De ce fait, le médecin ne devrait pas pouvoir être condamné pour n’avoir pas convaincu son patient d’accepter les modes de soins classiques. C’est pourtant ce qui se passe à l’encontre des médecins pratiquant les médecines complémentaires qui sont fragilisés puisque leurs traitements ne sont pas « conformes aux données acquises de la science ». Ce qui permet de les attaquer de façon tout-à-fait arbitraire.

Le seul moyen, actuellement, de soutenir ces médecins différents, serait que les patients expriment clairement par écrit leur choix sur le mode de soin (voir modèle de déclaration ci-dessus).

Certes, ce texte, signé, n’aurait pas encore de valeur juridique puisqu’il s’agit d’une initiative seulement citoyenne. Mais, face à des instances judiciaires ou ordinales, il constituerait un élément de bonne foi pour le médecin injustement accusé.

On peut également souhaiter que des associations de défense des malades reprennent cette approche et revendiquent de la voir reconnaître par les pouvoirs publics.
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JL ML jlml.fr / ouvertures.net
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Commentaires
8 votes
par Yvanhoe (IP:xxx.xx4.117.102) le 24 juillet 2009 a 09H10
Yvanhoe (Visiteur)

"Parce que sa discipline est novatrice ou ancestrale mais non « conformes aux données acquises de le science », un médecin pratiquant les médecines complémentaire peut facilement être traité de charlatan" C’est à dire que s’il utilise une technique dont il a été prouvé qu’elle n’a pas plus qu’un effet placebo, il peut être traité de charlatan. Est ce un problème ? Il vend de façon mensongère un service.

"Il suffit d’un patient insatisfait (un sur un millier…) et particulièrement vindicatif à son égard," A ce tarif là, il n’y aurait plus beaucoup de médecins pratiquant ! Dans ce cas il y a en général un insatisfait mais des milliers d’autres pas guéris. Ceci dit certaines pratiques ne sont pas juste inutiles mais également dangereuses. Il est normal que les autorités sanitaires veillent.

Si demain quelqu’un vend à un patient atteint du sida un pendentif en lui disant "voila, vous n’êtes plus contagieux !" n’est ce pas une pratique condamnable ?

On est très stricts sur la recherche médicale. On l’encadre de comités d’éthique, de tests cliniques, de validations. Un médecin qui commercialiserait un nouveau médicament sans l’aval des autorités se ferait, et c’est normal, vertement réprimander. En vertu de quoi une "approche alternative novatrice" serait-elle dispensée de ces étapes, si elle prétend fournir des médicaments (comme l’homéopathie) ou des soins (comme l’acuponcture ou l’osthéopathie)

3 votes
par frades (IP:xxx.xx5.134.161) le 24 juillet 2009 a 14H47
frades (Visiteur)

Bonjour, A preuve du contraire, les instances ordinales et autres tenants de la médecine classique sont là pour veiller à ce que personne ne puisse mettre la vie, ou la santé des gens en danger. Alors effectivement on ne peut pas faire n’importe quoi en France, en matière de santé, d’éducation, et autres domaines sensibles. Que dirait ce monsieur, si on laissait ouvrir des écoles révisionnistes, au seul motif de la liberté d’expression ? Par contre on n’empèche personne d’avoir une démarche personnelle, même étrange....

:-O

1 vote
par lalex (IP:xxx.xx0.39.234) le 24 juillet 2009 a 17H05
lalex (Visiteur)

M. le journaliste,

Vous militez pour faire respecter le droit du citoyen à une information fiable et dans le cadre particulier de cet article le droit du citoyen à faire son choix thérapeuthique en connaissance de cause. Et c’est très bien.

Cependant, un choix thérapeuthique n’est pas anodin. L’avantage de la médecine que vous appelez "reconnue officiellement" est qu’elle est passée par un cheminenement de preuves effectivement « conformes aux données acquises de le science ». Par exemple, avant de pouvoir mettre un médicament sur le marché, les firmes pharmaceutiques se doivent de faire preuve de l’efficacité de leur médicament. Il convient ici de définir ce qui doit être entendu par "efficacité". Un médicament est efficace si il a plus d’effet qu’un placebo (une substance neutre).

Ce que j’attends d’une médecine, c’est qu’elle prenne en charge ma maladie de manière efficace (en respectant la définition d’efficacité précédente). Et tant que les médecines novatrices ou ancestrales n’auront pas fait preuve de leur efficacité (toujours en respectant la définition d’efficacité précédente), je trouve cela salutaire qu’elles ne soient pas reconnues officiellement par des organismes d’Etat. C’est un principe de précaution plutôt rationnel.

Si aller voir un magnétiseur pour un mal de dos est en soit peu dangereux pour ma vie, le faire pour un cancer l’est beaucoup plus aussi globale que soit la démarche du magnétiseur.

Ce qui se cache derrière le "en toute connaissance de cause" de la déclaration de choix thérapeuthique que vous proposez cela devrait être notamment "en ayant eu connaissance par le thérapeuthe non reconnu officiellement que la thérapeutie qu’il me propose n’a pas fait preuve de son efficacité" (toujours au sens de la définition précédente). Combien de vos thérapeutes "non reconnus officiellement" osent avouer cela à leur client ? Peut-être, une majorité de ces thérapeuthes ne le fait pas de bonne foi. Mais le seul garde-fou reste l’expérimentation scientifique.

Maintenant, une juste lutte me semblerait de se battre pour une médecine "officielle" plus humaine qui prenne le temps d’écouter le malade (plus de 5 minutes même si il ya encore 15 patients en salle d’attente), de lui expliquer que son rhume ne durera que peu de temps et qu’il n’est peut-être pas utile de prendre des medocs pour si peu, que si son nez coule un petit peu, il existe des mouchoirs très doux.

Par contre en France on a toujours le droit de choisir son médecin ("reconnu officiellement") et d’en changer si il ne nous convient pas .

0 vote
par Jean-Luc Martin-Lagardette (IP:xxx.xx3.215.46) le 9 août 2009 a 18H26
Jean-Luc Martin-Lagardette, 33 articles (Journaliste)

Merci pour vos commentaires. Je souhaite y réagir à mon tour.

D’abord pour bien préciser que si je milite pour la liberté thérapeutique, ce n’est pas "contre" la médecine classique, mais avec le désir de voir augmenter l’éventail de choix des patients.

Et je suis d’accord avec vous pour que l’exercice de la médecine soit surveillé et que n’importe qui ne puisse faire n’importe quoi.

Le problème est qu’aujourd’hui cet éventail de choix est relativement restreint (je peux vouloir quitter mon médecin traitant mais pour qui ? si les autres pratiquent tous la même médecine "mécaniste" - voir + loin) au détriment des approches dites "naturelles ou traditionnelles" (pour dire vite) sous le prétexte principal que ces pratiques ne sont pas « conformes aux données acquises de le science ».

Or :

1 - Il n’est pas prouvé que ces pratiques n’ont pas plus d’effets qu’un placebo pour la simple raison que beaucoup d’entre elles n’ont même pas été "testées". Voir par exemple l’exercice - en Chine - de la médecine traditionnelle, dont beaucoup d’Occidentaux reconnaissent l’efficacité (et qui est d’ailleurs utilisée aujourd’hui contre la grippe A).

2 - Ces médecines différentes doivent être analysées selon des protocoles "différents" de ceux employés pour la médecine classique. Celle-ci est essentiellement basée sur le médicament chimique qui, malgré son intérêt, a les limites que l’on sait, notamment en terme d’iatrogénèse (dont on parle très peu). Une autre limite de la médecine classique est sa conception "mécaniste" du corps qui, ayant elle aussi son intérêt, ne répond pas à la prise en compte global de la maladie et du malade. Elle oublie aussi trop facilement les interactions corps/mental. Et ne permet pas de juger, précisément, de l’efficacité des autres approches, souvent plus respectueuses du patient dans sa globalité et dans sa sensibilité.

3 - Vous connaissez enfin comme moi que des considérations purement mercantiles ternissent aussi la pratique médicale et les décisions sanitaires (cf. distilbène, sang contaminé, amiante, etc.).

Ainsi, pour toutes ces raisons, il me semblerait plus intéressant, plus riche pour tout le monde d’ouvrir, d’élargir la pratique médicale à d’autres approches, avec une autre mentalité (tout en gardant la rigueur des procédures). Cela permettrait d’intégrer ces autres approches dans un système plus souple mais "surveillé", et limiterait alors avec plus de légitimité les pratiques totalement hors-circuit qui ne respecteraient pas un minimum de règles et d’obligations de base.