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Allergies : ne subissez plus, agissez !
Allergies : ne subissez plus, agissez !
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11 avril 2011
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Bien-être et santé

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Allergies : ne subissez plus, agissez !

Allergies : ne subissez plus, agissez !

Du rhume des foins au choc anaphylactique, en passant par l’asthme et la dermatite atopique, les allergies respiratoires, alimentaires ou cutanées sont de plus en plus fréquentes. Explications et conseils pour les éviter ou les traiter.

Vous connaissez obligatoirement plusieurs personnes allergiques et vous êtes peut-être vous-même allergique à quelque chose. Pas étonnant puisque les maladies allergiques sont en hausse depuis les années 70-80 dans tous les pays industrialisés, et maintenant dans les pays en développement. En France, une personne sur quatre est plus ou moins allergique. À lui seul, l’asthme touche 3,5 millions de Français et de plus en plus d’enfants  : près de la moitié des hospitalisations dues à cette maladie concernent des moins de 15 ans et parmi eux, près de 30 % n’ont pas 5 ans. Le nombre d’admissions aux urgences pour cause d’allergie alimentaire a également explosé.

Cernés par la pollution !

Il y a toujours eu des maladies allergiques, les anciens Grecs en parlaient déjà, mais pourquoi une telle augmentation ? Il y a sans doute plusieurs explications comme la diversification alimentaire trop précoce chez le petit enfant et l’allongement de la saison pollinique, qui démarre plus tôt et finit plus tard, dû au réchauffement climatique. La principale est toutefois la hausse sans précédent de la pollution extérieure, mais aussi intérieure, très sous-estimée.

  • La pollution atmosphérique (ozone, dioxyde d’azote), liée surtout aux activités industrielles, au chauffage et à la circulation automobile, joue un grand rôle, y compris de façon indirecte. Ainsi, il ne fait pas bon habiter près d’une route ou d’une autoroute : les particules diesel favorisent la sensibilisation aux pollens en se fixant sur eux.
  • Nos logements, aujourd’hui réduits, confinés (le chauffage coûte cher) et humides (le linge sèche souvent à l’intérieur), permettent aux moisissures et aux acariens, très allergisants, de proliférer. Autres responsables, le tabagisme passif bien sûr, les animaux de compagnie, chats et chiens surtout, et les polluants chimiques : composés organiques volatils, formaldéhydes libérés par des produits ménagers (désodorisants, détergents), les peintures, les meubles en mélaminé, certains parquets et revêtements de sol…

Pour en savoir davantage sur l’influence de notre environnement et les interactions entre ces différents facteurs sur l’augmentation inquiétante des allergies, des chercheurs, essentiellement français, viennent de lancer un projet de recherche : MeDALL ou Mécanisme du développement de l’allergie, avec des subventions de l’Union européenne.

Allergènes par centaines

En attendant les résultats de ces recherches et leurs répercussions pratiques, il est déjà possible de limiter les risques d’avoir une allergie ou de l’aggraver. Premier point : connaître les principaux allergènes que vous pouvez rencontrer. Il en existe des centaines et leur nombre ne cesse d’augmenter. Voici les plus fréquents.

  • Les acariens contenus dans la poussière de maison, bestioles invisibles qui se nourrissent de nos peaux mortes et se développent avec la chaleur et l’humidité dans la literie, les moquettes, tapis, rideaux, peluches, etc., surtout en automne et en hiver, quand les habitations sont chauffées et peu aérées.
  • Les blattes ou cafards dans les immeubles (ils passent par les gaines de ventilation), qui prolifèrent dans les pièces humides comme la cuisine et la salle de bains.
  • Certaines moisissures, notamment dans les intérieurs vétustes et mal ventilés. Attention aussi aux plantes vertes qui favorisent leur développement.
  • Les pollens de graminées, d’arbres comme bouleau, frêne, cyprès, châtaignier, ou de plantes comme l’armoise, libérés pendant les périodes de floraison et diffusés par le vent.
  • Les poils mais aussi les plumes de certains animaux : chats, chiens, chevaux, lapins, rongeurs, oiseaux…
  • Le venin d’hyménoptères (insectes) : abeille, guêpe, frelon.
  • Certains aliments : œuf, lait, arachide, poissons, crustacés, coquillages, céleri, kiwi, sésame…
  • Le latex qui entre dans la composition des tétines, gants de ménage, préservatifs…

Attention, certaines allergies sont croisées : il y a des relations, parfois surprenantes, entre plusieurs allergènes. On est souvent allergique au pollen de bouleau et au kiwi, au pollen d’armoise et au melon, au latex et à la banane, par exemple.

Conjonctivite, asthme, eczéma…

Les réactions allergiques varient selon le type d’allergènes.

  • Les pollens provoquent plutôt des rhinites ou rhumes des foins, et des conjonctivites.
  • Les acariens, les phanères d’animaux et les moisissures causent des rhinites et de l’asthme.
  • Avec les aliments, les manifestations peuvent être digestives, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, mais aussi cutanées, dermatite atopique, ou respiratoires.
  • Le contact avec certains métaux comme le nickel donne un eczéma de contact, etc.

Prudence, les crises peuvent être bien plus fortes. Si la peau gonfle rapidement, surtout aux lèvres et aux paupières, et démange, c’est un œdème de Quincke. Direction l’hôpital, c’est très sérieux, surtout si la respiration devient sifflante. En cas de gonflement au niveau de la gorge, de chute de tension et de perte de conscience, faites tout de suite le 15. Sans traitement d’urgence, c’est le coma et la mort.

Cherchez le coupable !

Même quand la réaction allergique est limitée dans le temps ou moins inquiétante, parlez-en à votre médecin pour rechercher l’allergène en cause, essayer de l’éviter ou limiter les risques d’exposition et, quand ce n’est pas possible, entreprendre un traitement. Des indices peuvent mettre le praticien sur la piste, mais des tests, cutanés ou sanguins selon les cas, sont souvent nécessaires.

La stratégie dépend des résultats, mais c’est parfois compliqué. On peut aisément supprimer les bijoux fantaisie à base de nickel, mais il n’est guère possible d’éviter les pollens responsables d’une rhinite saisonnière. En cas d’allergie aux acariens, il est essentiel d’aérer régulièrement le logement, de baisser la température ambiante, d’éliminer tout ce qui prend la poussière, de changer de matelas et de sommier, de mettre des housses anti-acariens sur les matelas, les couettes, les oreillers, etc., mais ces précautions suffisent rarement.

Traiter ou désensibiliser

Le médecin prescrit alors un traitement adapté à la gravité et au type de l’allergie.

  • Pour les crises  : médicaments antihistaminiques, corticoïdes locaux, antidégranulants par voie nasale et bronchodilatateurs d’action rapide, moins de 15 minutes, et de courte durée en inhalateur.
  • En traitement de fond : corticostéroïdes à inhaler, à doses faibles, et/ou antileucotriènes, en comprimés, pour lutter contre l’inflammation en cas d’allergie respiratoire, et bronchodilatateurs à longue durée d’action pour l’asthme. L’association des deux, possible dans un même inhaleur, est souvent nécessaire. Pour l’eczéma, crème émolliente et pommade à base de corticoïdes. Pour la conjonctivite, collyres spéciaux.

Autre solution proposée en cas d’allergie respiratoire (conjonctivite, rhinite, asthme) aux acariens, pollens ou poils d’animaux, à condition qu’un seul allergène soit en cause : la désensibilisation. Il s’agit de familiariser peu à peu le système immunitaire à l’allergène responsable pour l’aider à devenir « tolérant » et lui apprendre à ne pas déclencher de réaction allergique. Initialement administré par voie injectable, le traitement se prend aujourd’hui, le plus souvent, par voie sublinguale (gouttes sous la langue), aussi efficace et bien moins contraignant. Seule la désensibilisation au venin d’hyménoptères, efficace dans presque 100 % des cas, se pratique uniquement par voie sous-cutanée.

Dans un premier temps, pendant deux ou trois semaines, les doses sont progressivement augmentées pour habituer l’organisme à supporter l’allergène. La deuxième phase consiste à prendre tous les jours la même dose pendant trois à cinq saisons pour l’allergie saisonnière ou, dans les autres cas, au moins trois années consécutives.

Depuis deux mois, la désensibilisation aux pollens de graminées peut aussi se faire en comprimés à laisser fondre sous langue. Gros intérêt de ce traitement : il permet de réduire, voire de supprimer les réactions allergiques et, par voie de conséquence, de prendre moins de médicaments, ou même d’arrêter, et ainsi de retrouver une vie normale. En cas de rhinite ou de conjonctivite, il diminue aussi le risque, fréquent, d’évolution vers l’asthme ou de nouvelles allergies. Les désensibilisations qui marchent le mieux en sublingual : celles aux pollens de graminées et de bouleau, et aux acariens. Pour le moment, car les recherches se poursuivent…

Evelyne Gogien


L’avis du pharmacien

  • Le mauvais maniement d’un inhaleur (plusieurs modèles) peut expliquer l’inefficacité du médicament prescrit. Ce n’est pas difficile, mais un petit apprentissage est nécessaire, car il faut bien coordonner le déclenchement du spray avec la main et l’inspiration du produit. Votre pharmacien peut vous montrer comment vous en servir.
  • Si vous n’avez plus de médicaments pour l’asthme, le pharmacien peut vous dépanner. Il vous réclamera cependant les coordonnées de votre médecin ou de votre pharmacien habituel.
  • En cas d’allergie cutanée à un cosmétique, demandez-lui de vous conseiller des produits anallergiques, sans parfum ni conservateur.
  • Certains compléments nutritionnels à base de plantes, d’oligoéléments et d’antioxydants naturels, à prendre en cures d’un à trois mois, donnent un coup de pouce pour lutter contre les allergies saisonnières.

3 questions à Dr Florence Trébuchon, allergologue à Montpellier.*

Comment peut-on savoir précisément à quoi l’on est allergique ?

En faisant un bilan allergologique à lecture immédiate appelé prick-test. L’allergologue applique sur la peau différents extraits d’allergènes que l’on peut respirer, les pneumallergènes (acariens, poils d’animaux, pollens), ou ingérer (aliments). Il les fait ensuite pénétrer sous la peau en réalisant une petite griffure indolore. Un résultat positif se traduit en moins de 20 minutes par l’apparition d’un petit bouton, comme une piqûre de moustique. La prise d’antihistaminiques doit être arrêtée sept jours avant le test, car ces médicaments bloquent la réaction allergique et rendent ainsi les tests faussement négatifs. Si le bilan allergologique a été réalisé dans de bonnes conditions, un résultat négatif est fiable et permet généralement d’éliminer le diagnostic d’allergie. À l’inverse, certaines personnes présentant un ou plusieurs tests positifs peuvent ne pas avoir de manifestations allergiques, mais une prédisposition à développer une ou des allergies. Le médecin doit donc confronter le résultat des tests aux symptômes et aux circonstances de leur apparition.

Et pour diagnostiquer un eczéma de contact ?

Le bilan de base comporte 26 allergènes et se fait avec des patch-tests. On applique sur la peau du dos, pendant 48 à 72 heures, des substances soupçonnées d’être responsables de l’eczéma de contact : colorants, conservateurs, parfums, métaux… Une réaction de la peau (rougeurs, petits boutons) au niveau d’un patch indique ou confirme que la substance testée est en cause.

Bébé tousse, quand penser à un asthme ?

Bronchiolite, bronchite asthmatiforme, encombrement permanent… derrière tous ces mots se cache peut-être la même chose : l’asthme du nourrisson, qui nécessite un traitement de fond. Il faut y penser si le bébé a eu au moins trois épisodes de bronchiolites dans l’année  ; s’il a fait des bronchites sifflantes à répétition ; s’il prend de manière répétée des traitements avec de la cortisone par voie orale, ou si vous avez recours fréquemment à la kinésithérapie respiratoire.


 

Témoignage : Allergie aux AINS

« Depuis des années, mon père prenait des anti-inflammatoires non stéroïdiens pour soulager des douleurs rhumatismales. Un soir, en vacances, malaise avec plaques rouges et démangeaisons… mais le lendemain c’était fini. Il n’a pas fait le rapprochement et ne s’est pas inquiété, pour lui tout était rentré dans l’ordre. Grave erreur ! Un mois plus tard, autre poussée, comprimés d’anti-inflammatoire et… à nouveau de l’urticaire, mais géant cette fois. Puis les paupières et les lèvres se sont mises à gonfler, à devenir violettes, il s’est allongé et a commencé à perdre connaissance. Heureusement, ma mère était là et a eu le bon réflexe d’appeler le Samu… Tout s’est passé très vite, piqûres, oxygène, sirène d’ambulance et toute la nuit sous surveillance à l’hôpital. Les médecins nous ont dit qu’il s’en était fallu d’un cheveu. Depuis, interdiction absolue de prendre un AINS ou de l’aspirine et obligation de signaler son allergie… »

Sarah (Perpignan).


Conseils à l’officine : Contrôlez votre asthme !

À l’occasion de la Journée mondiale de l’asthme, Bien-Être & Santé, en partenariat avec Pharmagest Inter@ctive, s’associe du 2 au 9 mai 2011 à une grande campagne de sensibilisation.

Plus de 6 500 pharmaciens vous accompagnent dans l’apprentissage des techniques de prise des traitements inhalés, évaluent avec vous le contrôle de votre asthme et vous aident à identifier les facteurs déclencheurs de vos crises.

La prise en charge de l’asthme a pour objectif de contrôler les symptômes respiratoires et d’éviter les crises. Il est important et nécessaire d’avoir un asthme équilibré et contrôlé pour mener une vie la plus normale possible. Bien contrôler son asthme c’est éviter un grand nombre de symptômes durant la journée, préserver ses activités et ne pas être réveillé la nuit. Votre pharmacien peut vous aider à mieux maîtriser votre maladie et améliorer votre qualité de vie !

Pour plus d’infos, consultez le site www.carevox.fr


À LIRE

Allons-nous tous devenir allergiques ? Prévenir et traiter les allergies aujourd’hui par Jacqueline Tarkiel, préface du professeur Daniel Vervloet, éditions Bien-Être & Santé.


 

INFOS UTILES

Un nouveau site Internet d’information lancé à l’occasion de la Journée française de l’allergie, en mars 2011 : www.allergiesrespiratoiresagir.org

  • Association Asthme & Allergies, 66 rue des Tilleuls, 92100 Boulogne. Tél. : 01 41 31 61 60. Numéro vert (appel gratuit) « Asthme et Allergies Infos Service » : 0 800 19 20 21. Site Internet : www.asthme-allergies.org
  • Bulletins hebdomadaires pollens et moisissures atmosphériques sur le site du Réseau national de surveillance aérobiologique www.rnsa.asso.fr
  • Liste des stations thermales adaptées et agréées sur le site Internet : www.france-thermale.org

Numéro Avril 2011

Le magazine Bien-être & Santé est un mensuel gratuit offert à leurs clients par les pharmaciens abonnés uniquement. Pour savoir si votre pharmacie est partenaire, rendez-vous sur le site dédié.

Cet article est extrait en exclusivité du magazine Bien-être & Santé - Tous droits réservés

POST-SCRIPTUM

  • * Auteure de Vaincre l’asthme et les allergies, éd. Albin Michel, 2011, 17,50 Euros.

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