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VIH et publics invisibles : un constat alarmant
VIH et publics invisibles : un constat alarmant
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23 juin 2014
Auteur de l'article
Damien Maillard, 7 articles (Chiropratique)

Damien Maillard

Chiropratique
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VIH et publics invisibles : un constat alarmant

VIH et publics invisibles : un constat alarmant

Nouveaux publics… Nouveaux lieux… Nouveaux risques… 

Les publics invisibles

Au sein des populations à risque de contamination par le VIH, des publics invisibles ont été identifiés. Ils forment une catégorie hétéroclite de personnes déconnectées des réseaux habituels de prévention et de dépistage qui ne s’identifient pas aux campagnes de sensibilisation existantes.
 
Il s’agit tout d’abord d’hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH). Loin des stéréotypes, ces HSH se définissent, dans 80 % des cas, hétérosexuels, bien souvent des pères de famille mariés, avec des enfants. Ils expriment ne pas se considérer comme homosexuels. Souvent en couple, ils ne se protègent d’ailleurs pas lors des relations avec le conjoint « officiel ».
 
Sur le terrain, Jérôme André et les bénévoles de l’association HFPrévention multiplient les interventions de dépistage et de prévention. Ils rencontrent ces publics invisibles parfois en situation de détresse et prennent le temps de discuter et d’écouter : " J'ai fait le test rapide dans le camion, je ne me vois pas parler de ce que je fais ici à un médecin et pour être franc je ne pensais pas que je pouvais être un jour confronté au sida car je ne fréquente pas le milieu gay ".
 
Dans ces populations invisibles, on peut retrouver également des personnes en situation de prostitution, assumée ou non. Il s’agit en premier lieu de travailleurs du sexe ; mais également de mères aux foyers, célibataires ou non, et d’étudiants en situation précaire pour lesquels il est difficile de payer des études, un loyer ou encore des loisirs ou de personnes qui se prostituent en échange de service.
 
Enfin, ce public inclut les transsexuels, les échangistes et les hétérosexuels multipartenaires.

Ces publics invisibles sont peu soucieux de la prévention et donc exposés à un très haut risque de transmission du VIH. Ils sont donc aujourd’hui prioritaires en termes de dépistage et de prévention.


Multiplication des lieux de rencontres

Les publics invisibles fréquentent des lieux de rencontres et de consommation sexuelle loin des structures spécialisées bien identifiées (sexshops, saunas, clubs, discothèques, bars…).
 
Ces nouveaux lieux se divisent en deux catégories :
-Les lieux de Rencontres Extérieurs (LRE) : parkings, parcs, forêts, aires d'autoroute…
-Les milieux ouverts ciblés : universités, centres commerciaux, cœurs de cité…
Les mêmes comportements sont constatés dans les deux cas : drague, bronzage, exhibitionnisme, voyeurisme, rapport consentant, tarifé ou non…
 

Les milieux ouverts

Dans les milieux ouverts, les comportements sont moins assumés, plus cachés. 
 
La prostitution concerne essentiellement des mères de famille et des étudiantes. Cette activité se déroule dans les toilettes et les parkings des centres commerciaux et des universités. Cela complique d’autant le travail d’identification et d’approche de ces publics ciblés par l’association. La participation des gestionnaires des lieux à la démarche est donc indispensable.
 
Plusieurs risques spécifiques à la fréquentation de ces lieux ont été isolés : psychologiques tout d’abord, liés au déni et la culpabilité. Ce public invisible développe par ailleurs une addiction à ces pratiques avec un sentiment d’interdit et d’invulnérabilité car ils imaginent que le VIH/SIDA ne concerne que les homosexuels. Enfin, ils n’ont pas conscience des questions de sécurité et salubrité des lieux.
 
Lors des journées de prévention et de dépistage au sein des milieux ouverts, pour les équipes d’HF Prévention, il n’est pas rare d’obtenir des témoignages tels que :
" J'ai des rapports dans les toilettes du centre commercial, ma femme fait les courses et je n'ai jamais pensé chopper une maladie pour un coup rapide... "
" Étudiant, je travaille aussi pour me loger et subvenir à mes besoins, la vie est chère et parfois je suis escorte pour pouvoir manger, je ne suis pas branché mec mais je n'ai pas le choix "
" Mère de famille, il m'arrive de faire des choses que je n'assume pas mais si je veux nourrir mes enfants... "
" Personne de mon entourage n'est au courant que je fréquente ces lieux depuis des années, si ma femme l'apprend... ça sera compliqué... parce que je la trompe d'une part mais aussi parce que c'est avec des hommes, pourtant je ne me sens pas homo "
 
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