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Une réduction drastique du nombre d’hôpitaux de nuit en Ile-de-France à l’étude, selon "Le Parisien"
Une réduction drastique du nombre d'hôpitaux de nuit en Ile-de-France à l'étude, selon "Le Parisien"
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7 septembre 2010
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Michèle Baert, 3 articles (Documentaliste santé)

Michèle Baert

Documentaliste santé
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Une réduction drastique du nombre d’hôpitaux de nuit en Ile-de-France à l’étude, selon "Le Parisien"

Une réduction drastique du nombre d'hôpitaux de nuit en Ile-de-France à l'étude, selon "Le Parisien"

Le nombre d’hôpitaux assurant les services de nuit en Ile-de-France devrait passer de six à onze actuellement à un seul, selon un projet de l’Agence régionale de santé (ARS) révélé dimanche par le journal "Le Parisien".

Selon ce document de travail de l'ARS présenté lors d'une réunion le 9 juillet, "trop de blocs opératoires tournent au ralenti la nuit". L'ARS Ile-de-France, présidée depuis avril dernier par l'ancien ministre socialiste de la Santé Claude Evin, propose une réorganisation drastique de l'organisation des hôpitaux entre 18h30 le soir et 8h le matin, ainsi que le week-end et les jours fériés.

"Un seul bloc devrait être ouvert pendant 24h dans chaque département", suggère ce document intitulé "Permanence des soins hospitaliers : organisation et financement". L'objectif de cette "rationalisation" est d'"assurer un égal accès aux soins sur tout le territoire" et rendre le "dispositif plus efficace", selon le projet.

Interrogé par "Le Parisien", Claude Evin assure que "rien n'est arrêté" et que ce "document de travail vise juste à lancer la réflexion". Il fait part toutefois de sa "détermination à réorganiser en profondeur les gardes de nuit en Ile-de-France". Mutualiser les moyens la nuit permettrait de "sécuriser d'avantage les hôpitaux la journée", fait-il valoir.

Le président de la Coordination médicale hospitalière François Aubard dénonce un projet "impensable" qui pourrait mettre selon lui des vies en danger. Une réforme "d'ampleur" est effectivement "nécessaire", explique-t-il au "Parisien", mais "dans le projet de l'ARS, bâti à la va-vite, on a le sentiment d'un grand n'importe quoi, potentiellement dangereux" pour les patients "qui se font opérer la nuit".

En outre, déplore-t-il, "on met dans le même panier la période 18h-minuit, pendant laquelle la vie continue et où les patients arrivent en masse à l'hôpital, et la période après minuit où l'activité est quasi nulle".

L'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) a également jugé inacceptable ce projet dont la logique est "uniquement financière".

"Nous ne sommes pas là pour répondre à des objectifs de productivité, nous sommes présents pour répondre à l'inattendu et à l'imprévisible, pour répondre à ce qui n'est pas programmable", souligne l'AMUF dans un communiqué. "Est-il envisageable de supprimer des centres de secours des pompiers au motif qu'il n'y a pas assez de feux la nuit ?", s'interroge l'association.

Les Agences régionales de santé (ARS), installées en avril par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, sont chargées de centraliser et mettre en oeuvre l'ensemble de la politique de santé et médico-sociale dans les régions sous le contrôle direct du gouvernement. Elles auront également un rôle majeur dans la réorganisation hospitalière.

Cette mesure, prévue par la loi "Hôpital, patients, santé et territoire (HPST)", est critiquée par plusieurs syndicats qui y voient une centralisation et une remise en cause de l'offre de santé publique au profit d'une logique purement comptable.

 

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