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Une légende urbaine : le vin rouge et l’hypertension
Une légende urbaine : le vin rouge et l'hypertension
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8 mars 2012 | 1 commentaires
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Uwe DIEGEL, 7 articles (Rédacteur)

Uwe DIEGEL

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Une légende urbaine : le vin rouge et l’hypertension

Une légende urbaine : le vin rouge et l'hypertension

C’est un mythe que les Français sont en meilleure santé parce qu’ils boivent du vin rouge. Il n’y a pas aujourd’hui de consensus scientifique sur l’effet protecteur de l’alcool. Par contre, les liens entre la quantité d’alcool consommée et l’augmentation du risque de maladies, en particulier du cancer, sont scientifiquement validés.

En Novembre 1991, le programme de télévision "60 Minutes" aux Etats Unis annonçait que malgré le fait que les Français mangeaient des aliments gras et fumaient plus que les Américains, ils avaient trois fois moins de chances de mourir d'une crise cardiaque, car le fait que les Français buvaient du vin rouge réduisait considérablement leur risque de maladie cardiaque. Cette théorie est rapidement devenue connue sous le nom de "Paradoxe français".

Le pouvoir de la télévision

Dans les quatre semaines suivant le programme, les ventes de vin rouge aux USA ont flambé de 44%. En Février 1992, un sondage Gallup montrait que 58% des Américains étaient déjà au courant du fait que boire du vin rouge était associé à une baisse des taux de maladies cardiaques. Cinq mois plus tard, "60 Minutes" rediffusait leur segment sur le "Paradoxe français". Les ventes de vin rouge aux USA en 1992 était en en hausse de 49% par rapport à l'année précédente. Au fur des quelques prochaines années, les distributeurs de vin aux USA ont commercialisé le vin comme un élixir de santé. Des annonces pleine page ont été placées dans les journaux américains annonçant que boire du vin rouge contrecarrait la consommation d'aliments gras.

Il y a un malentendu collectif à propos des dangers de l'alcool à travers le monde. Chaque pays utilise son propre système de classification des maladies cardiaques et il est donc presque impossible de comparer les données d’un pays avec un autre si les données épidémiologiques ne partent pas sur les mêmes bases. Par contre, selon les données de la plus grande étude au monde sur les maladies du cœur, menée par l'Organisation Mondiale de la Santé dans 21 pays sur 10 millions de patients, les statistiques françaises sur les maladies cardiaques semblent avoir été sous-estimées et le pouvoir du "Paradoxe français" surestimé. Selon cette étude le taux de maladies cardiaques en France est en fait similaire à celui de l'Italie, de l'Espagne et du sud de l'Allemagne. Le taux de mortalité coronarienne plus bas en France par rapport à d'autres pays est tout simplement du à un différent système de codage de cette mortalité.

La raison principale pour les taux plus faibles de maladies cardiaques chez les buveurs de vin est leur mode de vie, et non le vin lui-même. Statistiquement (comparativement aux buveurs de bière ou de vodka) les buveurs de vin sont plus susceptibles d’être non-fumeurs, d'être des buveurs légers, de poids normal, avec une activité physique régulière, et de travailler dans des bureaux plutôt que sur des chantiers.

Selon le rapport de 2011 de l'OMS sur la consommation d’alcool et son effet sur la santé, la France fait partie des champions du monde. Son taux de consommation par personne en 2010 côtoie celui du Royaume-Uni, des pays de l’Est et de la Russie. Selon les fiches statistiques de l’OMS, alors que la consommation mondiale équivaut à 6,13 litres d’alcool pur par personne âgée de plus de 15 ans, le Français boit en moyenne 13,7 litres d’alcool par an. Il se classe ainsi devant la Pologne (13,3l) ou le Royaume-Uni (13,4l) et pas très loin des 15,7 litres de la Russie.

C’est un mythe que les Français sont en meilleure santé parce qu'ils boivent du vin rouge. Il n'y a pas aujourd’hui de consensus scientifique sur l'effet protecteur de l'alcool. Par contre, les liens entre la quantité d'alcool consommée et l'augmentation du risque de maladies, en particulier du cancer, sont scientifiquement validés.

L'alcool engendre des problèmes dans le foie et les reins et crée un excès d'acidité dans le corps. L’alcool aggrave le diabète de plusieurs façons en interférant avec l'action de l'insuline, en faisant chuter la glycémie et par l'aggravation de la neuropathie diabétique. L'alcool a plusieurs effets néfastes sur le cœur. Chez de nombreux patients, l'alcool cause des battements irréguliers et peut induire des tachycardies. L’alcool affecte aussi le muscle cardiaque et peut causer une cardiomyopathie alcoolique. Cet affaiblissement du muscle cardiaque mène souvent à une insuffisance cardiaque.

Un des effets notoires de la consommation d'alcool à long terme est son association avec l'hypertension. La consommation de trois verres d'alcool par jour multiplie par deux le risque d'hypertension. L'alcool interfère parfois aussi avec les effets de certains médicaments contre l’hypertension.

Même si certaines études montrent que le vin rouge contient des antioxydants et n'est pas foncièrement mauvais pour la santé si bût en modération, il est certain qu’une grappe de raisins ou quelques tomates contiennent plus d’antioxydants qu’un verre de vin et sont certainement meilleurs pour la santé. Réduire la consommation de gras saturé, faire de l'exercice régulièrement, et perdre du poids auront aussi beaucoup plus d’effet positifs sur la santé cardiovasculaire à long terme que de boire du vin rouge tous les jours.

La gestion du capital santé devrait être basée sur l’éducation du patient. Dans la gestion de la maladie, nous devrions vraiment gérer les patients et non les maladies. Les meilleurs programmes de gestion de santé sont basés sur de l’information, et non sur le diagnostic. Si le patient est conscient de la manière dont l’alcool affecte son profil cardiovasculaire et son hypertension et si il sait comment mesurer et traiter cette hypertension, une grande partie du travail sera déjà faite.


POST-SCRIPTUM

  • A propos de l’auteur : Uwe DIEGEL est fabricant de matériel médical spécialisé dans le diagnostic et la gestion des maladies artérielles périphériques. Détenteur de multiples brevets et lauréat du Concours Lépine en France, il est le créateur de iHealth (http://www.ihealth99.fr ), une compagnie qui se concentre sur le développement de produits faciles à utiliser qui simplifient la gestion du capital-santé en utilisant des solutions novatrices pour partager l’information médicale.

    Disponibilité et prix : iHealth, le premier tensiomètre pour iPhone, iPad et iPod est disponible pour € 99,99 sur www.ihealth99.fr et est également distribué en pharmacie par la société Magnien SAS (Tel : 01 34 30 28 65) et la société Marque Verte (Tel : 03 83 55 05 67). iHealth est également disponible dans tous les Apple Stores. L’application santé iHealth est gratuite et est téléchargeable sur l’App store de Apple.

SOURCES

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Mots-clés :
Alcool Vin Hypertension
Commentaires
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(IP:xxx.xx8.170.108) le 8 mars 2012 a 16H42
 (Visiteur)

C’est de cette façon que de nombreux mensonges (comme la vaccination) sont devenues des dogmes. Ce n’est pas le vin mais le gras saturé (beurre, fromage, huile de coco) qui protège, les gras insaturés, officiellement les bons gras sont en réalité les mauvais gras et ce sont eux qui les provoquent des crises cardiaques mais comme d’habitude cela prendra 1 siècle pour le prouver.