Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Une intervention originale à l’HEGP (AP-HP)
Une intervention originale à l'HEGP (AP-HP)
note des lecteurs
date et réactions
16 octobre 2012
Auteur de l'article
Le Webzine de l'AP-HP, 323 articles (AP-HP)

Le Webzine de l’AP-HP

AP-HP
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
323
nombre de commentaires
0
nombre de votes
20

Une intervention originale à l’HEGP (AP-HP)

Une intervention originale à l'HEGP (AP-HP)

Au cours d’une même intervention réalisée il y a quelques semaines, les chirurgiens de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP) ont procédé à l’ablation des ovaires et des trompes, puis à celle des seins avant de procéder à leur reconstruction. Ils ont ainsi évité trois ou quatre opérations différentes et de lourdes séquelles à cette patiente âgée de 41 ans. Cette intervention constitue une innovation sur le plan chirurgical et une avancée considérable pour le confort des patientes présentant un risque élevé de développer des cancers du sein et de l’ovaire.

Deux équipes ont donc travaillé main dans la main pour opérer cette patiente âgée de 41 ans : celles du Pr Fabrice Lecuru, chef du service de chirurgie gynécologique et cancérologique et celles du Pr Laurent Lantieri, chef du service de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique. Au cours d’une opération qui a duré huit heures, les chirurgiens ont procédé à l’ablation des ovaires et des trompes par voie cœlioscopique d’une part, puis à l’ablation des seins et à leur reconstruction par la technique DIEP d’autre part.

Avant l’intervention proprement dite, c’est le service du Pr Pierre Laurent-Puig qui a procédé au diagnostic de prédisposition aux cancers du sein et des ovaires. « Nous recherchons la mutation du gène BRCA qui indique un risque de 60 % de souffrir d’un cancer du sein et de 25 à 35 % d’un cancer de l’ovaire, précise le Pr Pierre Laurent-Puig. Nous discutons ensuite avec la patiente de son désir d’être opérée à titre prophylactique, ce qui est recommandé dans le cas des cancers de l’ovaire en raison de l’inefficacité des tests de dépistage. »

L’originalité de la démarche a consisté à proposer à cette patiente de recourir à une seule intervention chirurgicale au lieu de trois ou quatre différentes, étalées sur plusieurs années. Elle a été rendue possible grâce à la présence au sein d’un même site de deux équipes expérimentées dans les deux domaines. « La principale difficulté réside dans la synchronisation des deux techniques, souligne le Pr Fabrice Lécuru. Le premier geste consiste à retirer les trompes et les ovaires par voie cœlioscopique. Mais il ne fallait pas abîmer les tissus de l’abdomen afin que le Pr Lantieri puisse les utiliser pour la reconstruction mammaire. »

Une fois les ovaires et les trompes retirés, le Pr Lantieri a procédé à l’ablation des seins et à leur reconstruction dans la foulée : « j’utilise la technique DIEP, sans prothèse, pour reconstruire le sein, précise-t-il. Il s’agit de prélever la peau et la graisse situées au niveau de l’abdomen, ainsi que la veine et l’artère placée derrière le grand droit, le muscle abdominal, puis de les implanter au niveau du sein. C’est un travail assez long puisqu’il faut disséquer la veine et l’artère, les débrancher puis les rebrancher. Mais c’est une technique définitive qui a fait ses preuves. Il n’y a pas de marque, pas de séquelle. La patiente, qui va très bien, doit revenir dans quelques semaines pour que l’on construise l’aréole. »

En France, cette prédisposition liée à la mutation du gène BRCA concerne 5000 femmes par an environ.

Anne Ulpat

Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté