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Un nouveau virus géant découvert en Sibérie
Un nouveau virus géant découvert en Sibérie
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17 septembre 2015
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Jérôme P, 7 articles (Rédacteur)

Jérôme P

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Un nouveau virus géant découvert en Sibérie

Un nouveau virus géant découvert en Sibérie

Une équipe de chercheurs de l’université d’Aix-Marseille vient de découvrir un nouveau virus géant dans le permafrost sibérien. Baptisé Mollivirus sibericum, il se présente comme une « coque oblongue d’environ 0,6 µm de long », précise un communiqué de l’université.

C’est le quatrième virus géant découvert dans cette région du monde, soumise à des températures extrêmes (environ -50°C) mais qui a tendance à se dégeler sous l’effet du réchauffement climatique. L'an dernier, l'équipe de Jean-Michel Claverie, qui comprend aussi Chantal Abergel du CNRS, avait déjà réussi à faire revivre un autre type de virus géant conservé dans le même échantillon de permafrost et nommé Pithovirus. 

Le monde scientifique, qui a longtemps pensé que les virus étaient forcément très petits et composés seulement d'une poignée de gènes, a découvert en 2003 avec surprise un premier virus géant, riche d'un millier de gènes et baptisé « Mimivirus » (famille des Megavirus). Une autre famille de virus géants, les Pandoravirus, avec 2.500 gènes, a été décrite dans la revue Science en 2013.

On pouvait penser alors qu’il s’agissait d’une anomalie de la nature. Mais aujourd’hui, ce n'est plus possible puisqu'on découvre une nouvelle famille de virus géant quasiment tous les ans", explique Jean-Michel Claverie. Au fil de leur recherche, les chercheurs marseillais, associés à deux laboratoires de Grenoble, ont mis à jour un nouveau pan de la virologie qui pourrait bousculer les connaissances sur les origines de la vie.

Deux-tiers des gênes de ces mirco-organismes, voire trois-quarts pour certains d’entre eux, « ne ressemblent en rien à ce qui est connu sur Terre", ajoute-t-il. Ces virus géants, car visibles avec un simple microscope, sont peut-être les héritiers "d’essais ratés", ou inachevés, de cellules datant de plusieurs milliers d’années. Autrement dit, ils se seraient développés il y a au moins 30 000 ans mais n’auraient pas évolué, comme leurs confrères, à cause du froid.

L'analyse de l'ADN contenu dans l'échantillon de pergélisol a permis de confirmer la présence du génome intact de Mollivirus bien qu'à une concentration extrêmement faible. « Quelques particules virales encore infectieuses peuvent être suffisantes, en présence de l'hôte sensible, à la résurgence de virus potentiellement pathogènes dans les régions arctiques de plus en plus convoitées pour leurs ressources minières et pétrolières et dont l'accessibilité et l'exploitation industrielle sont facilitées par le changement climatique », relève le CNRS dans un communiqué.

Le réchauffement climatique libère en effet de plus en plus de glaces marines polaires, ce qui permet d'accéder à la Sibérie orientale et du nord par des routes maritimes qui n'existaient pas. « Si on n'y prend pas garde et qu'on industrialise ces endroits sans prendre de précautions, on court le risque de réveiller un jour des virus comme celui de la variole qu'on pensait éradiqués », relève Michel Claverie.

En attendant, les chercheurs marseillais ont réalisé des tests sur des tissus humains. Bonne nouvelle : Mollivirus sibericum s’avère inoffensif pour l’homme.
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