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Un crachat peut en cacher un autre
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26 août 2009 | 1 commentaires
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La rédaction CareVox, 599 articles (Comité de rédaction)

La rédaction CareVox

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Un crachat peut en cacher un autre

Un crachat peut en cacher un autre

Interdit de cracher sur la voie publique ! Cet arrêté municipal a été officiellement promulgué mardi par Christophe Rouillon. Le maire de Coulaines, commune sarthoise de 7 700 habitants, entend ainsi lutter contre la propagation du virus de la grippe A/H1N1. Une mesure inefficace, selon les spécialistes. Mais un prétexte tout trouvé pour rétablir la civilité dans sa ville.

Christophe Rouillon, le maire de Coulaines, n’en démord pas : on ne crache plus dans sa ville ! Et il signe. Il propose également que les footballeurs cessent de cracher sur les terrains de sport. Il vient d’adresser un courrier à Michel Platini, président de l’UEFA, et à Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération française de football, afin qu’ils agissent promptement et demande aux deux responsables que le moindre crachat jeté sur un terrain de foot soit puni par un carton jaune voire un carton rouge en cas de récidive.

« Le crachat est un vecteur possible de la diffusion de la grippe A, explique l’élu au magazine Le Point. On ne luttera pas contre la diffusion du virus H1N1 seulement par la vaccination ». Et de poursuivre : "Dans ma ville, il y a 50 % de logements sociaux et la population est très concentrée. La multiplication des crachats peut donc avoir des conséquences en matière d’hygiène et de santé pour la population ».

Le premier magistrat de la ville avoir pris sa décision après avoir lu « des documents du ministère de la Santé ».
 
Or le professeur Bruno Lina l’affirme, dans Le Point : « Il n’a jamais été dit dans le plan pandémie qu’il ne fallait pas cracher par terre ». Le président du comité scientifique du Groupe d’expertise et d’information sur la grippe rappelle que « généralement, l’infection ne passe pas par la salive, mais via les gouttelettes de mucus sécrétées par le nez, comme lors d’un éternuement, par exemple ».
 
En bref, il est possible d’attraper le virus via un crachat, mais c’est assez marginal. Et de rappeler que le mielleur moyen pour s’en prémunir reste de se laver les mains fréquemment et de porter un masque...

Comment le maire fera t-il respecter son arrêté ? Mystère. Aucune amende n’est prévue et Coulaines ne dispose pas de police municipale chargée de faire appliquer la loi. Le maire devra t-il surveiller chacun de ses administrés et leur donner un avertissement au moindre molard malencontreusement expectoré sur la voie publique ? « Si l’épidémie se propageait, ce serait aux policiers du commissariat de procéder à des rappels à la loi. Un maire ou un élu est aussi en capacité de le faire », a déclaré Christophe Rouillon à Ouest-France. Sauf que la police, précise cette même source, qui a probablement d’autres tâches plus urgentes à régler, n’est pas autorisée à verbaliser pour cette raison. Bref l’élu, en promulguant ce décret, a semble t-il craché en l’air.

Mais s’il y avait une autre raison, moins hygiéniste que morale ? Pour le maire de Coulaines qui est aussi vice-président de l’association des maires de France il s’agit-là d’une mesure de sensibilisation envers ses concitoyens. « Il y a d’autres mesures d’hygiènes à respecter, comme ne pas jeter les mégots de cigarettes par terre, par exemple ». 
 
Et s’il n’avait pas tout à fait tort ? Et il n’est probablement pas innocent que cet arrêté soit accueilli dans la presse avec un brin de condescendance. Et si les Français, à l’image des Suisses dont il moquent tant la civilité, se mettaient à changer ?

Plus un papier ni un mégot par terre, mais dans les corbeilles, plus un crachat (ni une crotte de chien) sur le trottoir. Cela ne nuirait pas plus à notre santé et à notre environnement, même citadin, qu’à notre liberté. D’ailleurs Christophe Rouillon l’affirme : « Le risque de pandémie est l’occasion de rétablir des comportements collectifs respectueux des autres... ».

Le virus A/H1N1, une chance pour le mieux-vivre ensemble ?
La rédaction CareVox

SOURCES

  • Ouest-France
    Le Point
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Commentaires
0 vote
par Raoul (IP:xxx.xx8.33.15) le 2 septembre 2009 a 11H02
Raoul (Visiteur)

L’image choisie est adaptée à l’article. Ayant vécu plusieurs années au Japon, ce sont des panneaux que l’on voyait souvent sur beaucoup de sujets civiques.

L’utilisation de masque contre la grippe (que je conseille vivement d’utiliser) est une chose étonnante en France mais pas au Japon. Les gens par respect des autres aux moindres symptômes se munissent de ces masques afin d’éviter de contaminer les autres (ce qui serait un déshonneur).

Pour reprendre votre phrase, "Le virus A/H1N1, une chance pour apprendre aux français les gestes essentiels d’hygiène ?". Il faut dire que depuis mon retour je suis effrayé de nombre de cadres qui entrent aux toilettes et en ressortent sans passer par la case lavage des mains...