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"Un cancer, ce n’est vraiment embêtant que s’il est traité."
"Un cancer, ce n'est vraiment embêtant que s'il est traité."
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24 décembre 2010 | 1 commentaires
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Le Médecin Patraque, 6 articles (Rédacteur)

Le Médecin Patraque

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"Un cancer, ce n’est vraiment embêtant que s’il est traité."

"Un cancer, ce n'est vraiment embêtant que s'il est traité."

Un médecin raconte son cancer...

Bernard Giraudeau, Michael Douglas, tous ceux qui sont passés par là en sont d’accord : l’ennemi, dans le cancer, c’est la chimiothérapie ; ce qui rejoint ma propre expérience.

Je ne parlerai ni des interventions chirurgicales à répétition, ni de la radiothérapie, n’ayant pas eu (encore ?) à les subir, mais uniquement de mon vécu : une chimiothérapie de six mois, après une intervention chirurgicale sans problèmes.

Passons rapidement sur cette dernière, en précisant :

- que j’ai très vite récupéré, parce qu’elle a pu être réalisée par cœlioscopie (utilisation d’une petite caméra et d’instruments de chirurgie adaptés, introduits dans l’abdomen à travers de toutes petites incisions),

- que le chirurgien m’avait précisé que la cœlioscopie n’était pas une fin en soi : le but était de tout enlever, et, qu’à la moindre difficulté, il procéderait à une laparotomie (ouverture large de l’abdomen).

Bien sûr, il y a différentes chimiothérapies, dont les tolérances ne sont pas les mêmes ; bien sûr, les tolérances d’une même chimiothérapie sont différentes d’un individu à l’autre ; mais, pour paraphraser La Rochefoucauld parlant du mariage : « Il y a de bonnes chimiothérapies ; mais il n’y en a point de délicieuses ».

Les cancers présentent cette particularité, assez rare en médecine, d’associer une maladie qui n’est parfois (pas toujours, mais ce fut mon cas) à l’origine d’aucun symptôme, à un traitement qui vous transforme en vrai malade.

Il y a eu, pour commencer l’étape où l’on m’a expliqué tous les effets possibles, et ce qu’il fallait faire dans chaque cas ; et j’avoue n’avoir jamais eu à assimiler autant d’informations nouvelles pour moi en si peu de temps ; je n’aurais d’ailleurs jamais pu les retenir toutes si on ne m’avait remis un petit opuscule récapitulatif (ce qui n’est pas le cas partout). J’en suis sorti tout de même un peu assommé, parce que, du risque de thrombose du cathéter qu’on vous implante et qui restera en place pendant deux ans (pour être réutilisé en cas de récidive) et qui peut donner lieu à un syndrome cave supérieur (les médecins comprendront ; pour les autres : rien de très attrayant...), à celui de devoir immédiatement démarrer un traitement antibiotique, même en pleine nuit, si la température (à surveiller systématiquement) dépasse 38°5, et de devoir ensuite se faire hospitaliser d’urgence en chambre stérile pour démarrer une perfusion d’antibiotiques dans les six heures au plus tard, j’ai retiré nettement le sentiment que je ne m’embarquais pas dans un long fleuve tranquille.

Et pourtant, on ne peut qu’insister sur l’importance de ces explications ; ainsi, atteint une nuit de violentes douleurs abdominales, j’ai pensé : « ça y est, je récidive avant même d’avoir fini ma chimio ! » jusqu’à ce que ma femme me rappelle (je l’avais oublié) que c’était un des nombreux effets secondaires possibles d’un des médicaments.

Pour rajouter au charme de la chose, il faut savoir que les effets de la plupart des chimiothérapies sont cumulatifs, c’est-à-dire qu’ils augmentent après chaque séance, et qu’ils peuvent même s’aggraver lorsque le traitement est terminé...

Je passe sur la description des effets que j’ai personnellement ressentis, sans intérêt pour le lecteur ; disons que je n’ai pas goûté à tous les effets secondaires possibles, en réservant peut-être quelques uns pour une éventuelle nouvelle chimiothérapie en cas de récidive, mais que ceux auxquels j’ai eu droit ont suffi à me laisser, certains jours, tout juste capable de me traîner de mon lit à mon ordinateur, mon goût de l’écriture étant resté intact et s’étant révélé seul capable de me donner, par moments, le sentiment que j’étais toujours dans mon état normal.

Si tout se passe bien, par la suite, j’oublierai peut-être souvent mon cancer ; mais je n’oublierai jamais ma chimiothérapie.

Le médecin patraque

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(IP:xxx.xx2.211.121) le 25 décembre 2010 a 01H52
 (Visiteur)

Cher médecin patraque, Vous avez ainsi connu la face de la médaille qui, coté "pile" vous présente la grande faucheuse prête à vous embrasser. Certes, la chimio c’est pas rigolo, mais la mort c’est pire... Et la chimio + la mort juste un peu retardée, c’est le goutte à goutte fatal qui torture l’âme. Je vous comprends un peu, mais je n’aime pas du tout, mais alors pas du tout, le titre de votre... billet d’humeur(?)... Compagne d’un malade atteint de GBM de grade IV, et abonnée au site GFME (le médecin que vous êtes comprendra). Bien cordialement tout de même.