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Traitement de la calvitie = dépression ?
Traitement de la calvitie = dépression ?
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14 août 2012 | 1 commentaires
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Jean-Yves Dionne, 44 articles (Expert-conseil)

Jean-Yves Dionne

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Traitement de la calvitie = dépression ?

Traitement de la calvitie = dépression ?

La calvitie de type mâle est une condition qui affecte environ 30% des hommes, et même plusieurs femmes. Ce type de perte de cheveux est caractérisé par un schéma très particulier et reconnaissable et une forte influence de l’hérédité. Selon les zones atteintes et l’intensité, la calvitie a été codifiée dans deux échelles très similaires, l’échelle Hamilton et l’échelle Norwood.

Chez les hommes, la calvitie est secondaire à deux phénomènes. Le premier est héréditaire et consiste en un nombre élevé de récepteurs à une hormone particulière, la DHT ou dihydrotestostérone, dans les follicules pileux. La DHT a pour effet de stimuler trop fortement le cheveu et finit littéralement par le brûler. Le second mécanisme correspond à une surproduction de cette hormone DHT et peut être lié à divers phénomènes comme le stress. La DHT est impliquée à la fois dans la calvitie de type mâle et dans l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), un phénomène qui afflige une majorité d’homme dès la cinquantaine.

Traitement médical

Un des traitements actuels de la calvitie est la chirurgie, qui consiste à prélever des follicules de cheveux dans une zone où la densité de récepteurs à DHT est faible ou nulle (la couronne de cheveux à l’arrière de la tête) et à les implanter là où les cheveux sont plus clairsemés. Cette approche permet la croissance de cheveux moins sensibles à la DHT.

L’autre approche médicale consiste en l’utilisation d’un inhibiteur de l’enzyme qui fabrique la DHT : la 5-alpha réductase. En éliminant ou diminuant grandement la quantité de DHT, le follicule n’est pas trop stimulé et le cheveu recommence à pousser, pour autant qu’il n’ait pas été complètement brûlé auparavant.

Le principal inhibiteur pharmaceutique de la 5-alpha réductase est le finastéride. Ce médicament, vendu en premier lieu pour l’HBP (Proscar®), a ensuite été commercialisé pour la calvitie (Propecia®).

Un scénario idéal ?

Tout cela semble bien parfait, mais la prise de finastéride n’est pas sans effets secondaires.

Comme nous l’avons vu, la calvitie est tributaire de deux phénomènes et l’un d’entre eux est non modifiable puisqu’il est génétique (héréditaire) : le nombre de récepteurs à DHT. Donc, pour être efficace, l’inhibiteur (finastéride) devra être pris à vie. Malheureusement, lorsqu’un médicament agissant sur le métabolisme hormonal est pris sur une longue période, il provoque des effets secondaires de plus en plus fréquents. À preuve, le finastéride est connu pour causer des dysfonctions sexuelles qui vont de la perte de libido à l’impuissance (dysfonction érectile).(1) Après 6 ans d’usage, environ 20 % des hommes rapportent des dysfonctions sexuelles.(1) Même après la cessation du médicament, ces effets persistent proportionnellement à la durée d’usage…

Récemment, une étude rapporte un autre effet adverse inquiétant : dépression et tendance au suicide. On a fait passer un questionnaire standardisé (Beck Depression Inventory II) pour évaluer l’état mental de 61 hommes ayant utilisé du finastéride pour la perte de cheveux et rapportant des dysfonctions sexuelles 3 mois après avoir cessé le médicament. Leurs résultats ont été comparés à 29 hommes en santé recrutés dans la communauté. Les taux de symptômes dépressifs étaient significativement plus élevés chez les hommes ayant pris du finastéride : 75% d’entre eux montraient des signes de dépression contre 10% dans le groupe contrôle. Les pensées suicidaires étaient présentes chez 44% des patients contre 3% dans le groupe contrôle (P < 0,0001).(2,3) Le finastéride n’est donc pas sans risque. Ce médicament ne devrait pas représenter un premier choix, surtout alors que des alternatives plus sécuritaires et naturelles existent.

À ce sujet, lisez : Produits naturels et calvitie

Jean-Yves Dionne, Pharmacien, expert conseil en produits de santé naturels www.jydionne.com Franchement Santé

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Commentaires
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(IP:xxx.xx7.209.120) le 14 août 2012 a 20H29
 (Visiteur)

"des alternatives plus sécuritaires et naturelles existent"

Quelles sont-elles ? (mis à part la chirurgie plastique)

J’ai pris du Propedia pendant plusieurs années et le début de ma dépression et de mes douleurs physiques coïncide avec le début de mon traitement. J’ai arrêté de prendre ce "médicament" (ou plutôt cette mort-aux-rats) il y a 5 ans et malgré tout type de traitement et thérapie (psychiatre, psychothérapeute, TCC, hypnose, etc...), je demeure résistant à ces traitements et la situation s’égrave lentement. Par ailleurs, plus de libido depuis le début du Propecia. À l’arrêt du Propecia, la libido n’est plus jamais revenue. Et finalement, j’ai perdu mes cheveux. Un vrai désastre ce poison. Je ne comprends pas comment c’est encore en vente.