Thierry Lhermitte, le cobaye de l’hôpital

L’acteur légendaire de la troupe du Splendid est à l’hôpital. Qu’on se rassure : il n’a rien de grave. Qu’on se désole également : il ne s’agit pas d’un tournage. Figure connue du Téléthon, le héros des Bronzés est devenu le cobaye pour la recherche pour le compte de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) à Paris.
Cela fait six ans que l’acteur a mis sa notoriété au service de la Fondation pour la recherche médicale, dont il est le parrain. Aujourd’hui il veut rendre service à tout le monde : il est atteint d’une pathologie assez rare, la prosopagnosie, et il aimerait lui aussi en savoir plus. Cette maladie, qui affecte quelque centaines de personnes en France et dont le remède est à ce jour inexistant, anéantit la faculté de reconnaître les visages des personnes que l’on connaît. L’acteur mythique des Ripoux s’était déjà exprimé sur ce handicap fort irritant dans l’exercice de sa profession au micro de France Info en janvier dernier : « Quand pour la troisième fois je me présente à quelqu’un qui m’a pourtant dit dix minutes avant 'je vous ai déjà vu' c’est horrible. Je mets alors ça sur le compte de la blague. En fait c’était sincère ». Cet exemple de ‘malentendu’ peut s’avérer particulièrement embarrassant lorsque l’acteur s’empêtre dans des cordialités ratées. Une fois, Thierry Lhermitte n’aurait pas reconnu sa sœur pourtant venue le saluer à bras ouverts. De plus, à une autre occasion, un producteur ne lui aurait pas pardonné de ne pas s’être souvenu de lui.
Bien que ce mal étrange n’ait pas empêché Thierry Lhermitte de briller dans le septième art, on comprend sa motivation. C’est de bon cœur qu’il a donc participé à l’expérience du chercheur Mathias Pessiglione, un neuropsychologue qui scrute les mécanismes de la motivation à travers les réactions du cerveau. Le quotidien Le Parisien a pu assister à l’auscultation de l’acteur, qui a passé une IRM du cerveau. Cette aventure s’est déroulée en présence d’une équipe de chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) dans les sous-sols de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le XIIIème arrondissement de la capitale. Cette expérience, qui aidera Mathias Pessiglione à saisir davantage d’éléments sur la zone du cerveau liée à la motivation, aura à son tour appris au comédien que son cerveau, malgré la pathologie, est en bon état. La nouvelle est rassurante pour ses nombreux fans.
Source : Le Parisien, Pure People
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