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Témoignage du papa d’un alcoolique
Témoignage du papa d'un alcoolique
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19 décembre 2011
Auteur de l'article
Sylvie Imbert, 5 articles (Rédacteur)

Sylvie Imbert

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Témoignage du papa d’un alcoolique

Témoignage du papa d'un alcoolique

Voici le témoignage d’une personne inscrite récemment sur le forum baclofene.com, et qui s’y est exprimée. La personne en question est un père tentant de venir à bout des problèmes d’alcoolisme touchant plusieurs membres de sa famille. Ce dernier commence son récit en précisant qu’il a retardé par pudeur le moment de faire part aux lecteurs de son témoignage, pensant ne pas trouver les mots justes pour leur parler.

j'ai 61 ans, je ne suis pas alcoolo-dépendant mais certainement un peu alcoolique si on considère que boire un peu régulièrement chaque jour c'est être alcoolique, je peux facilement me passer de boire tout en étant capable de prendre une bonne cuite, quelle chance pour moi que ce ne soit pas chronique, mais quelquefois une crise aigue comme beaucoup de bons vivants lors de grosses fêtes.

Hélas tout le monde n'a pas cette chance, j'ai perdu mon frère, décédé il y a près de 20 ans bientôt, qui était agé à l'époque de 35 ans. Il avait commencé à boire certainement tout jeune homme, mais nous ne l'avons pas vu, pas compris, réalisé, admis que quelques temps avant sa mort, admis qu'il soit alcoolique dans les derniers temps, mais pas compris qu'il était malade, pensant comme beaucoup que c'était un choix et qu'il ne cherchait pas, ne souhaitait pas être sobre, car si pour nous l'alcool restait festif pour lui, hélas c'était un besoin vital comme l'air pour l'homme ou l'eau pour le poisson, mais à ce moment là nous considérions à tort, nous sa famille, ses proches qu'il était devenu un poivrot sans dignité et sans volonté.

Il a fait plusieurs cures sans aucun succès, pendant les lesquelles il arrivait à consommer de l'alccol, pendant son hospitalisation, qu'il emmenait dans le coffre de sa voiture garée sur le parking de l'hôpital ou de la clinique, ou s'en faisait ramener à l'hôpital par des malades voisins de chambre, ou encore il lui arrivait à subtiliser à l'infirmerie de l'alccol à 90°. Il a perdu son travail, ses enfants, sa femme l'a quittée, pour moi la peine commençait à se transformer en haine, en honte même en dégout, mais :....... c'était mon frère..... !!!!!!

J'allais dans tous les bars des environs, interdisant de lui servir de l'alcool. Cherchant un conseil, une aide auprès de mon médecin, rien sauf pour m'entendre dire qu'il était foutu et plus accro que s'il prenait de l'héroïne, je me sentait totalement et terriblement impuissant. Après une énième cure, je l'ai hebergé à la maison, naif et pour lui faire preuve de ma confiance, je l'ai prévenu que je laissais les alcools et vins à disposition lui disant de se confier s'il était en manque, comme il buvait en cachette la nuit j'ai dû les mettre, hors de sa portée,sous clés, le matin il avait bu mon après-rasage. Il me mentait, me trahissait.. !!!!

Jusqu'au dernier moment j'ai pensé qu'il s'en sortirait parce que c'était quelqu'un de très intelligent et parce que je ne pensais pas qu'il était malade. Après une 3ème pancréatite fatale, on l'a retrouvé mort tout seul dans son appartement que le lui avais trouvé pour qu'il soit plus près de nous. Egoïste peut-être à cette époque, ayant ma propre vie, ma famille, mes enfants à m'occuper, je n'ai pas pu, pas su, voir, comprendre sur le coup, et ce n'est qu'après sa disparition que par la suite j'ai réalisé qu'il était malade, mais pratiquement personne et encore moins il y a 20 ans parlait comme d'une maladie pour l'alcoolisme.

Si je me suis étendu un peu longuement sur mon histoire et celle de mon frère c'est qu'aujourd'hui malheusement le passé ressurgi et je me retrouve confronté à nouveau au ravages de la maladie alcoolique (l'histoire est un éternel recommencement parait-il ). Toujours pareil on ne voit rien venir , mon fils et l'autre aussi d'ailleurs (ils sont deux) ont toujours été ma plus grande fierté, ma priorité, dans ma vie même au détriment de mes autres proches, même de mon épouse. Je savais que tout ce que mon fils entreprendrait il le réussirait, et j'ai toujours été proche de lui si il avait besoin, très fier de sa réussite, de sa vie de famille de ma petite-fille.

Et puis tout d'un coup tout s'écroule, on a rien vu venir , si on avait pu remarquer il y a 7 ans lors de problèmes familiaux dans son couple un penchant à l'époque pour boire un peu plus d'alcool on pouvait penser que c'était passager, et puis il y a 2 ans ma petite-fille à lancer une premiere fois un S.O.S. et puis ça passe, et brutalement en novembre dernier suite à un appel au secours de ma belle-fille, nous avons dû faire le déplacement et là j'ai cru me retrouver devant mon frère 20 ans en arrière devant le même problème, mais là devant moi c'était mon fils : c'était pire. Mais la différence c'est que je savais peut-être à cause du sacrifice de mon frère et ma triste expérience que c'était une maladie et qu'il me fallait l'aider pour la combattre, sauf que j'étais aussi désemparé comme pour mon frère car comment combattre un ennemi sans arme, même avec beaucoup de courage... !!!!

On a eu des difficultés énormes pour parler de son addiction, j'ai réussi à la convaincre de me rendre avec lui voir un médecin, il a réussi pendant 2 mois un sevrage avec un peu d'équanyl et puis il replongé, j'avoue que je me suis retrouvé à penser les pires choses comme pour mon frère et à ressentir envers lui les mêmes sentiments de rejet, de honte, de dégout, cà c'est aggravé en juillet et suite à un nouvel appel au secours de ma petite-fille en pleine nuit, je suis de nouveau intervenu sans beaucoup d'espoir de se sortir de ce bourbier.

Merci à ma petite-fille qui sans s'en rendre compte à peut-être sauver le couple de ses parents et le vie de son père par ses appels de détresse, pardon à ma belle-fille de ne pas avoir deviner plus tôt et merci à elle pour son courage à accepter de partager cette dure épreuve. Nous avons échangé beaucoup avec mon fils par téléphone et SMS ( 950 km nous séparent) et en Août il m' a parlé du baclofene, un peu au départ, puis un peu plus, j'avais déja lu quelques articles dans la presse, mais sans plus ne pensant ne plus être concerné, sauf pas curiosité du fait de l'histoire de mon frère, je suis allé sur le site, puis sur le forum où j'ai pu découvrir avec beaucoup d'émotion tous vos témoignages. J'ai retrouvé de l'espoir avec vous tous et lisant le fil de mon fils, ses questions, ses états d'âmes, vos réponses, vos soutiens j'ai ressenti à nouveau de la fierté pour mon fils et même du bonheur pour lui et pour moi et sa mère à qui je fais partager ces moment forts.

Alors Baclofène efficace ? Je l'espère et je le crois pour vous tous, mon fils et les autres qui ne connaissent pas, mais en tout cas je crois dur comme fer que votre forum est indispensable car il est une grosse béquille supplémentaire (avec le baclo, les médecins prescripteurs, les psy), pour soigner le coeur et l'âme en tout cas celà permettra à beaucoup d'entre vous de reprendre confiance en vous et que tout le meilleur reste à venir pour vous... !!!!

Si je me suis inscrit sur ce site c'est que mon fils ainé se retrouve lui aussi pris dans les grilles de ce démon l'alcool, ce traite, cet usurier qui vous donne beaucoup mais qui vous le fait payer très cher. Heusement je le sens très motivé et sur de lui et du baclofène, et je dois reconnaître que si lui sent un commencement de détachement et d'indépendance vis à vis de l'alcool, j'ai constaté et retouvé dans nos conversations,une certaine aisance et facilité pour parler de sa maladie de mon côté une je ressens à nouveau plus d'interêt dans nos échanges.
Je vous salue tous ... !!!

A bientôt
Amitiés
PAPA

Retrouvez le témoignage dans son intégralité sur le forum baclofene.com

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