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Témoignage : Ce que j’ai appris avec mon cancer du sein
Témoignage : Ce que j'ai appris avec mon cancer du sein
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21 mai 2012
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iris83, 2 articles (Rédacteur)

iris83

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Témoignage : Ce que j’ai appris avec mon cancer du sein

Témoignage : Ce que j'ai appris avec mon cancer du sein

Quelle que soit sa forme, l’espoir est aussi essentiel à l’expérience humaine que la respiration. Le faux espoir n’aide pas. Le faux désespoir non plus.
David Servan Schreiber (février 2006)

Marine Bureau-Kohn, plasticienne atteinte du cancer du sein, a livré son témoignage sur psychologies.com : "J’ai d’abord appris que je n’aimais pas souffrir. C’est une horreur. J’ai aussi appris qu’il y a des équipes médicales absolument exceptionnelles, mais aussi que certaines ne sont pas à la hauteur. Grâce à Internet, j’ai aujourd’hui des échanges avec des femmes qui ont vécu ou vivent la même chose que moi et qui, au-delà de la maladie, ne reçoivent aucun soutien moral".
L’annonce du cancer est une étape extrêmement difficile dans la vie d’une femme. Il faut que les médecins apprennent à aborder cette question avec philosophie et pudeur. Pour ma part, j’ai eu la chance d’être entourée d’une équipe délicate, qui m’a apportée durant toute cette période, compassion et professionnalisme.
Mon métier ne me sert pas car les médecins pensent que je sais tout et qu’il n’est pas besoin de mettre des mots mais... 
J’avoue que parfois cela m’arrange.
Je reprends ainsi le contrôle et me protège des regards inquisiteurs. Et des questions embarrassantes sur comment je me sens.
 
J’ai aussi appris qu’il y a des gens très durs, très méchants, qui n’acceptent pas la maladie.
 
J’ai appris que je n’ai pas le droit de donner des conseils. Chacun a sa vie, son passé, son histoire. Chacun a donc sa façon de réagir face à l’annonce du cancer. Certaines s’effondrent, d’autres vont avoir envie de se cacher sous leur couette, d’autres encore continuent à travailler... Je pense que, quelle que soit la situation à laquelle on est confronté, il faut toujours demander aux autres de nous aider plutôt que de cacher sa maladie pour les épargner.
Dans les salles d’attente diverses et variées, j'ai croisé de nombreuses femmes inquiètes, défaites, mais aussi courageuses et fières. J’ai eu la chance de ne pas avoir perdu poils et cheveux mais beaucoup d’entre elles portaient des fichus, des chapeaux, se cachaient, n’osaient rien dire à leurs enfants…
 
Pour Marine Bureau-Kohn, "il faut non seulement déléguer, mais aussi parler, pour que notre entourage comprenne ce qu’on vit. C’est, pour les personnes qui nous aiment, complètement abstrait : elles ne savent pas comment on nous traite, on nous manipule, ce que veut dire ce parcours du combattant".
 
Catherine Cerisey, bloggeuse et ancienne patiente, nous offre son impression :"J’ai appris à parler de ma peur, cette peur ingérable qui nous colle à la peau… Contrairement à une grippe, contrairement même à un accident auquel on aurait survécu, on ne guérit pas d’un cancer
Lui est peut être toujours là, tapi au fond de notre corps, attendant son heure. Personne, aucun médecin ne s’aventurera à prononcer le mot guérison comme pour une vulgaire gastro. Lui, comme nous, savons que le risque existe. Alors, on s’ausculte, on scrute le moindre changement, la moindre douleur inhabituelle réveille l’angoisse : et si j’étais en train de rechuter ?"
Tous les mois j’ai un cancer des intestins ou du cerveau….
Et, là, cancérologue ou infirmière ne font plus partie de notre garde rapprochée !
Et s’il en était besoin, les contrôles nous remettent le pied à l’étrier et nous rappellent à l’ordre !
Tous les 3 mois, tous les 6 mois, tous les ans, nous voilà plongées dans le désarroi le plus total : les fameux marqueurs ! Prise de sang, puis palpation par le médecin et le cœur battant on attend les résultats, essayant de deviner dans le regard de l’expert le signe que tout va bien !
Catherine Cerisey nous livre toute l'étendue de cette épreuve : "Pendant les soins, toute notre activité, nos pauvres forces, notre volonté ont servi à supporter l’horreur que représente l’arrivée du cancer dans nos vies et les dommages collatéraux des traitements lourds qu’on nous inflige. Nous avons passé des mois à serrer les dents, à souffrir dans notre chair parfois même en silence, concentrées pour survivre à ce tsunami. Après cette véritable guerre, le corps et l’esprit lâchent prise, on baisse enfin les bras. N’est-ce pas légitime ?"
 
J’ai appris que la solution passe peut être par la parole ou l’écriture ou je ne sais quelle autre forme d’expression, toutes libératrices. Se confier à un psychologue, écrire un blog ou un journal, expliquer sans fin à nos amis ce qui est en train de se passer, rejoindre la chaîne de solidarité d’autres sœurs d’armes sur un forum ou sur Facebook.
 
Mais j’ai surtout appris de ne pas m’enfermer dans une solitude destructrice, éviter de me marginaliser encore plus, être douce et compréhensive avec moi même, me laisser le temps nécessaire pour reprendre des forces, prendre soin de moi, être patiente.
Parce que l’après cancer a un après qui peut se vivre avec sérénité, de nouvelles envies, de nouveaux projets. Une vie qui ne ressemble peut être pas à l’ancienne mais qui nous appartient et qui est ou sera la plus belle possible.
Iris
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