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Témoignage Anorexie : Je n’aime pas avoir faim
Témoignage Anorexie : Je n'aime pas avoir faim
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13 décembre 2011
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Eixerona, 11 articles (Rédacteur)

Eixerona

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Témoignage Anorexie : Je n’aime pas avoir faim

Témoignage Anorexie : Je n'aime pas avoir faim

Je n’aime pas avoir faim. Je n’aime plus avoir faim.
Il y a eu les années où j’étais tranquille, la faim était portée disparue Ne pas manger ne me demandait aucun effort, c’était aussi naturel que de respirer.
Et puis peu à peu la restriction cognitive s’est envolée et la faim s’est installée.

Je l’ai combattu durant des années. J’étais fière de ne rien avaler, je me sentais forte à résister à ce besoin des plus primaire qu’est de se nourrir. Je me souviens encore des journées de jeun… Folie anorexique…
 
Et puis les ratés ont commencé à pointer leur nez. Manger un yaourt, puis deux, une pomme, un morceau de pain, une autre pomme un gâteau, un yaourt…etc. et avoir toujours aussi faim peu importe la quantité ingurgitée.
 
C’est comme ça que les crises et les compulsions sont arrivées. Un jour je n’ai plus été capable d’être aussi forte que la faim. Elle m’a terrassé et mon corps m’a obligé à manger.
 
Je me souviens encore d’un saladier de beignets de carnaval. J’en ai mangé un, puis deux, puis trois, puis quatre…l’impossibilité s’arrêter : un estomac sans fond qui d’habitude avec une pomme, un yaourt et une soupe était plein à craquer.
 
Au début ce n’était pas fréquent. Je parvenais quand même à tenir coute que coute. Et puis un jour mon corps a pris le dessus. Il voulait manger. Il voulait se venger de l’état de famine que je lui imposais alors que la maison débordait de nourriture. L’esprit fût vaincu tout en continuant à se débattre.
 
Je n’ai plus été capable d’avoir une réserve de nourriture au cas où. Combien de fois j’ai fini en douce les pizzas, les saladiers de pâtes froides parce que je m’étais retrouvée dans le frigo sans le vouloir. Je n’arrivais pas à arrêter cette faim. Je me faisais engueuler de manger en cachette, je n’avais qu’à manger à table. A part que je ne pouvais pas. Je luttais, luttais pour ne pas manger jusqu’à ce que je ne puisse plus.
 
Plus les épisodes de compulsions ou de crises se multipliaient, moins je mangeais pour compenser. Je nourrissais ainsi les crises, les compulsions, ma faim.
 
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Mes épisodes boulimiques n’ont pas toujours été du à a faim, il y a bien sûr aussi d’autres facteurs comme la fatigue, le stress…
 
Reste que la faim m’a souvent joué des mauvais tours.
 
Encore aujourd’hui je n’aime pas avoir faim. J’ai toujours cette crainte de me jeter sur n’importe quoi. On ne sait jamais
Un yaourt, une pomme…et merde la faim est encore là, elle est insupportable, elle me fait peur. Un second yaourt, un morceau de pain. Elle persiste. Il faut que j’attende. Il faut que je patiente un peu, il faut que j’agisse avec logique et intelligence. Il faut 20 minutes pour atteindre la satiété. Attendre. Etre patiente. Ne pas se punir d’avoir faim en avalant n’importe quoi…parce qu’avant c’est ce que je faisais. Je mangeais le maximum. Parce que ça devait être la dernière fois. Parce que je n’étais plus à ça prêt. Parce que…
 
La faim est une chose naturelle. Non elle n’est pas une faiblesse comme l’anorexie aime nous le faire croire (elle nous fait croire n’importe quoi cette anorexie) Mais la faim est dure à gérer et à supporter quand on a (ou a eu) des troubles alimentaires. Il faut apprendre à la gérer à nouveau et à se faire confiance. Ce n’est pas grave de manger en plein après-midi loin des repas. Si on a faim c’est qu’on a besoin de manger, et ça ne sert à rien de laisser la faim trainer parce qu’à la fin on finit par se jeter sur n’importe quoi. Donc quand j’ai faim à 15h14 je mange.
 
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Et puis ce que l’on mange l’après-midi, on ne le mangera pas le soir Avant je pouvais avoir une grosse compulsion l’après-midi et remanger sans problème le soir (sauf si je m’étais vraiment explosée l’estomac à en être malade), maintenant quand j’ai une grosse collation l’après-midi le soir je n’ai presque pas faim.
 
La semaine dernière je me suis fait un peu peur, un après-midi la faim me tenaillait et ne voulait pas passer. Et puis finalement après une bonne collation (pomme, yaourt, pain, café) elle est passée .J’ai tout maitrisé de A à Z donc c’était une collation pas une compulsion. Je n’ai touché à rien d’autres. Je n’ai même pas eu envie de finir la boîte de pain d’épices au chocolat. C’est dans ces moments-là que je me rends compte que ma relation à la nourriture est devenue bien plus saine.
 
Une partie de moi était malgré tout agacée, car elle aurait aimé que je résiste à cette faim. Elle m’a susurrée que j’allais grossir. Les grands classiques quoi. Mais je sais que ce sont des cracs. Je sais que malgré mes collations ou mes écarts alimentaires mon poids ne monte pas. Et puis je préfère la prudence, parce qu’une collation de 300/400 calories ça ne fait pas de dégâts comme une crise de 2000 calories.
 
Reste que je n’aime pas avoir faim.
 

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Eixerona
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