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Tchernobyl : Les zones d’ombre du bilan sanitaire
Tchernobyl : Les zones d'ombre du bilan sanitaire
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26 avril 2011
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Tchernobyl : Les zones d’ombre du bilan sanitaire

Tchernobyl : Les zones d'ombre du bilan sanitaire

Il y a des incertitudes, encore criantes, sur le bilan sanitaire de Tchernobyl. Selon le Forum des Nations Unies, « l’impact sur la santé mentale est le plus gros problème de santé publique causé par l’accident à ce jour ». A 25 ans d’intervalle, des spécialistes établissent des parallèles troublants avec « l’après Fukushima ».

A l’heure du 25ème anniversaire de l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl, le bilan sanitaire de cette catastrophe n’est en rien établi, et continue de soulever des débats. Kiev laisse entendre que 5 millions d’ukrainiens, de bélarus et de russes ont été affectés. L’ONU, de son côté, ne comptabilise que 50 morts directs, mais reconnaît 6 000 cas de cancers de la thyroïde (16 000 selon l’Agence internationale de recherche sur le cancer). Le médecin britannique James Smith, qui a étudié les hauts taux de suicide et de problèmes mentaux dans cette région de l’Ukraine et du Belarus, estime que, compte tenu de la multiplication des troubles mentaux imputables à l’accident du 26 avril 1986, « l’impact sur la santé psychologique est le plus important ».

Afin d’essayer d’y voir plus clair, Euronews a interviewé le docteur Ausrele Kesminiene, qui co-dirige le Centre international de recherche sur le cancer à Lyon. La spécialiste lituanienne n’a toutefois pu apporter de scoop. Comme la communauté scientifique l’avait déjà constaté, « la principale conséquence de l’accident de Tchernobyl, est une escalade de cancers de la thyroïde chez les sujets exposés, enfants et adolescents ». Au delà du cas des « anomalies chromosomiques », le sort des liquidateurs est également évoqué : « Il s’agissait de réservistes de l’armée russes, obligés de procéder à des opérations d’urgence sur le site accidenté de Tchernobyl. Par la suite, les cancers de la thyroïde et du sang ont explosé chez ces derniers, accompagné d’un taux de suicide important ».

Plus surprenant cependant fut l’absence de formation des médecins de l’époque. Ausrele Kesminiene, à l’époque au chevet des victimes de Tchernobyl, en témoigne : « Nous n’étions pas plus informés que le reste de la population. J’ai du me former moi-même, à chercher des informations, et la seule documentation disponible était basée sur les études portant sur les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki ».

De fait, la scientifique insiste aujourd’hui sur la transparence qui doit être faite au Japon : « Suite à l’accident de Fukushima, il est crucial de surveiller la population exposée, mais aussi de conserver correctement toutes les informations parvenues ». Le parallèle entre Tchernobyl et Fukushima est effectivement troublant. Alors qu’un livre de photos, La zone, vient d’être publié, évoquant le sort des habitants vivant depuis 25 ans autour de la zone d’exclusion de la centrale nucléaire ukrainienne, on ne peut s’empêcher d’évoquer la situation des habitants de la nouvelle « zone interdite » de Fukushima. Et là encore, estime-t-on, il serait exagéré de parler de transparence sanitaire.
 

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