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TCA : l’impact sur la famille
TCA : l'impact sur la famille
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10 septembre 2014
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Sabrina Palumbo, 16 articles (Association)

Sabrina Palumbo

Association
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TCA : l’impact sur la famille

TCA : l'impact sur la famille

La rentrée, son lot de surprises, les activités qui reprennent (à toute vitesse pour mon association…). Je m’y attendais mais j’ai même parfois du mal à « me suivre moi-même » ! Compliqué pour ma famille également. J’ai partagé certaines réflexions concernant notre parcours (celui de ma famille) sur les réseaux. D’où cet article… Je ne souhaite qu’une chose : que notre vécu soit utile à d’autres. Sans entrer dans les détails sordides ou le déballage linge de linge sale. En espérant également que d’autres personnes accepteront de témoigner et que ma démarche libère la parole pour certains.

Cet article concerne une affaire familiale. J’ai envie d’écrire, pour une fois en public, quelque chose sur ce qu’a vécu ma famille et les répercussions de tout cela encore aujourd’hui. En réaction à différents commentaires postés suite à la publication du témoignage d’Alice, une jeune fille anorexique hospitalisée.

Comme le dit ma maman, de nature très discrète et on peut comprendre qu’elle ne souhaite pas communiquer à outrance sur les réseaux, « c’est l’enfer pour les parents ».

Oui j’ai vécu l’enfer. Oui ma FAMILLE a vécu l’enfer. Je me répète certainement mais nous (en tout cas les personnes plongées dans l’univers impitoyable des TCA) le savons : la maladie impacte tout le système familial.

Toutefois j’ai envie de nuancer les choses. Notre parcours (je parle de celui de ma famille) st tout de même atypique. Et heureusement cela ne se passe pas toujours comme cela. Les choses évoluent. La prise en charge des malades également. La famille est à présent impliquée dans la démarche de soin. Plus qu’avant en tous les cas et nous travaillons en ce sens. Les usagers sont davantage écoutés et je suis honorée qu’on me permette de venir témoigner devant des professionnels bienveillants qui cherchent à améliorer les choses et mieux comprendre les TCA. Beaucoup reste à faire certes…

Je n’ai pas eu la chance de rencontrer des professionnels capables d’entendre ma souffrance et celle de mes proches. J’ai échappé également au système de soin pendant de longues années après avoir gâché ma chance dans un service spécialisé.

D’où le fait que je milite pour une prise en charge précoce (la prévention également mais dieu que c’est compliqué). La durée moyenne pour sortir de l’enfer est de 2 ou 3 ans, et non pas 15 comme ce fut le cas pour moi.

J’ai rencontré les bonnes personnes tardivement, j’ai mis du temps à m’entourer. Aujourd’hui je suis entre les meilleures mains qu’il soit et je peux enfin travailler sur mes pollutions et tenter de m’apaiser en pratiquant la Pleine Conscience. Je dirais que j’ai même une armée d’anges qui m’accompagne et je les remercie tous les jours. Nous avons du boulot eux et moi…

Nous nous sommes fait du mal (inconsciemment). Mais nous nous aimons. Ma maman tient à la discrétion (avec une fille qui publie un livre et qui est très active en ligne elle est servie…) mais je sais qu’elle garde un oeil sur mes activités. Mon papa s’implique dans l’association. Je n’en demande pas plus (même si le témoignage des proches est important pour faire avancer les choses) et c’est pour moi le gage qu’ils soutiennent ma démarche (je dirai « malgré tout »).

Je respecterai toujours le choix de mes parents. Je ne leur souhaite que de profiter de leur vie à présent, et de leurs petites filles qui nous apportent des rayons de soleil. Ils méritent de souffler après toutes ces années. Et quelque soit leurs choix, il restera un fond de souffrance pour tout le monde. C’est ainsi, on ne peut revenir en arrière, on ne peut que cicatriser au mieux grâce à l’Amour. Love spirit powaaa (le Love Spirit étant un concept développé avec mon frère dans les années 2000 sur un site).

Je fais du ménage sur les réseaux où je suis présente. J’ai travaillé longtemps pour cela mais aujourd’hui un profil dédié à l’association compte 548 amis. 248 personnes suivent désormais la page de mon livre et 390 celle de l’association. Je sais au moins que tout ce monde (sauf un corbeau peut-être) envoie de l’Amour à ma famille. Mon profil « perso » est amené à fermer ou en tout cas je n’y serai plus très active.

C’est avec (presque) la larme à l’oeil que j’annonce cette fermeture. Depuis mon « réveil » en ligne, tant de rigolades sur ce profil… Je remercie tous mes amis virtuels qui m’ont tellement aidée ces dernières années et suivi beaucoup de mes états d’âme.

Il paraît que je poste beaucoup. Trop. Certains parlent « d’énergie connue sur la place publique » (spéciale dédicace à ma thérapeute, en attendant la sienne en retour). Outre le fait que je ne sais pas gérer la frustration – c’est bien connu -, tout cela avait du sens pour moi. De voir sur mon profil d’association « cohabiter » des malades, des soignants, des proches, des politiques, des thérapeutes en santé holistique et des personnes aussi perchées que moi spirituellement me réjouit. Des messages passent et à mon sens c’est ainsi que j’apporterai ma goutte d’eau à l’océan…

Je reste Sabrina, et bien que je me doive – en tant que présidente d’association qui souhaite assumer au mieux sa fonction – rester plus sérieuse, je souhaite également garder mon humanité et mon humour. Ce qui a peut-être fait défaut aux professionnels qui ont croisé notre chemin… Il est possible d’aborder des sujets graves et complexes en gardant tout cela, sans tomber dans des discours formatés et prémâchés. En admettant ses failles, ses doutes et ses limites également.

La journée de la gentillesse approche et il semblerait que dans l’actualité médiatique on s’intéresse à l’intérêt du web dans les TCA, aux relations (agressivité/amitié…) sur le Net. J’ai des choses à dire à ce sujet cela tombe bien…

Pour clore ce dossier « famille », du moins en ce qui concerne la com’ publique car le reste nous le clôtureront entre nous, je le dis ouvertement : je suis fière de mes parents. Mon père et ma mère ont lu mon livre, tous les parents ne l’auraient peut-être pas fait. Nos reproches respectifs n’enlèvent rien à l’amour qui nous unit et je le leur rappelle : je vous aime.

J’écris souvent au sujet de ma colère. Mes parents le sont également. Et il y a de quoi. Tout comme le sont de nombreux proches encore « éjectés » du processus de soin. Les choses évoluent. Lentement peut-être, en tout cas pour une Sabrina impatiente et qui aimerait que tout aille vite. Une Sabrina qui ne sera jamais satisfaite du fruit de ses efforts mais qui s’emploie à fond pour la cause qu’elle défend. Avec coeur. Mais il paraît que je ne dois pas parler du coeur… Avec le coeur on peut faire du mal (j’ai retenu le cours de philo express reçu récemment). Alors peut-être que le coeur et le discernement sont une bonne formule. Je ne sais pas et je reste demandeuse de l’appui et des conseils des professionnels dont nos associations ont besoin. tout comme ils ont besoin de nos associations. C’est ensemble, et pas autrement que des solutions verront le jour.

J’espère que mes lecteurs salueront la démarche : c’est tout de même une écorchée vive qui a du faire un très gros travail sur elle qui peut aujourd’hui écrire ces lignes ou lire (et comprendre) des réponses à mes interviews que je n’aurai pu admettre il y a encore quelques années. Oui il existe des médecins et des psy formidables. Oui je suis fière de collaborer avec eux.

La question reste posée : sont-ils de simples médecins ? J’ai des doutes… Il y a quelque chose d’angélique parfois dans leurs propos.
Je mène l’enquête et je terminerai simplement en les remerciant à nouveau de leur soutien.

Tout comme je remercie toutes les personnes qui auront eu le courage de lire cette prose d’ailleurs Et d’accepter…sans juger.

Sabrina

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Mots-clés :
TCA Anorexie