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Sida, VIH et traitements : Piqûre de rappel
Sida, VIH et traitements : Piqûre de rappel
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29 mai 2012 | 3 commentaires
Auteur de l'article
Jean-Marie Habar, 19 articles (Médecin retraité)

Jean-Marie Habar

Médecin retraité
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Sida, VIH et traitements : Piqûre de rappel

Sida, VIH et traitements : Piqûre de rappel

Un récent article de ma part, concernant l’utilisation du Truvada dans la prévention du SIDA a provoqué un certain nombre de réactions, avec parfois une charge émotionnelle forte.
Sans entrer dans une discussion, voire une polémique, il m’a semblé important de faire un point très bref sur l’état actuel des connaissances en la matière, pour permettre à chacun de parfaire ses connaissances et de se forger une réflexion à partir d’éléments.

SIDA et VIH : quelles différences ?

 
Tout d’abord quelques définitions :
Le Sigle SIDA signifie syndrome d’immuno-déficience acquise.
Un syndrome étant un ensemble de manifestations pathologiques évoquant une cause spécifique.
Les manifestations décrites à ce sujet évoquent une infection dû à un virus qui a été identifié par les deux prix nobels de médecine 2008 : Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier.
 
Ce virus est dénommé VIH qui signifie Virus d’Immunodéficience Humaine.
En réalité le terme SIDA recouvre les diverses manifestations cliniques faisant évoquer la présence du VIH chez une personne à un stade où, le virus responsable a débordé suffisamment les capacités de défense de l’individu, pour donner lieu à des manifestations plus ou moins évocatrices du diagnostic.
Cela ne permet en aucun cas de savoir à quand remonte précisément le premier contact avec le VIH.
Dans un très grand nombre de cas il n’y a aucune manifestation évidente de la contamination et très souvent, la présence du VIH n’est découverte que d’une façon fortuite à l’issue d’un examen sérologique.
 
Une fois dans l’organisme, le VIH infecte certaines cellules, en particulier celles participant à la protection immunitaire de l’organisme comme les CD4, en les détruisant et en utilisant leur matériel génétique pour se multiplier. En cas d’infestation par le VIH, le dosage du nombre de CD4 dans le sang permet de se faire une idée sur l’importance de l’atteinte immunitaire et la détermination de la charge virale permet de se faire une idée sur la quantité de particules virales présentes dans l’organisme.

 

Voies de transmission

 
La pénétration du VIH ne peut se faire que par 2 voies : une voie sanguine et une voie sexuelle.
Cela signifie en clair que les autres voies d’infection virales classiques par voie cutanée, aériennes ou digestives ne sont pour rien dans la transmission du VIH.
En aucun cas on ne peut se contaminer en se serrant la main, en toussant, en éternuant ou en partageant verre ou assiette.
Avoir voulu faire porter la responsabilité de cette épidémie à des groupes à risques, (sous entendu, bien évidemment homosexuels et toxicomanes) est à la fois ignoble et stupide.
Car il n’y a pas de groupes à risques mais des pratiques à risque. Si, du fait de certaines pratiques, la population homosexuelle et toxicomane a payé un lourd tribu à cette maladie, les hétéros sexuels sont aussi concernés, de même que les nouveau-nés lorsque la mère a été contaminée.
 
En ce qui concerne la contamination sanguine le problème est l’usage de matériel souillé ou mal stérilisé, ce qui n’est malheureusement pas exceptionnel dans des pays ou la sécurité sanitaire n’est pas toujours exemplaire. Si, dans l’hexagone, les transmissions du virus ne sont pas fréquentes en dehors du partage de seringues, il n’en reste pas moins qu’un certain nombre de contaminations accidentelles peuvent survenir, en particulier en ce qui concerne les professions de santé, dans leur pratique quotidienne.
 
 

Quels traitements à l'heure actuelle ?

En ce qui concerne les traitements, il faut bien savoir que des progrès considérables ont été accomplis.
Il est vrai que, en particulier dans les premiers temps, les résultats obtenus furent décevants en particulier en monothérapie et que les effets des produits disponibles, en particulier AZT au tout début étaient considérables.
 
Depuis lors les choses ont beaucoup changées : le nombre de produits disponibles s’est considérablement accru.
Surtout, et c’est là le point principal, on a pu mettre au point des protocoles associant des types de molécules différentes, efficaces sur certains stades de la réplication du virus et synergiques, permettant une meilleure efficacité, une meilleure tolérance et une plus facile utilisation des traitements.
Ces traitements associent plusieurs médicaments, souvent au nombre de trois, d’où le nom de trithérapie.
Il est important que des travaux de recherche se poursuivent et que des équipes médicales continuent à mettre au point ces fameux protocoles pour les diversifier, les évaluer et les améliorer.
Il ne m’appartient pas de juger de la politique du médicament et de ses aspects économiques et réglementaires. Mais, sans les travaux de pharmacologie, aucune avancée n’aurait été possible.
Il n’en reste pas moins que pour le praticien, le paysage a bien changé.
 
L’espérance de vie des patients porteurs du VIH s’est considérablement allongée, au risque même de faire croire à certains en une guérison, ce qui n’est pas encore le cas actuellement et qui risque de leur fait, négliger un peu trop leur suivi médical.
Il est vrai que pendant les premières années de l’épidémie, les patients mourraient jeunes et que les maladies dites opportunistes étaient nombreuses, douloureuses et souvent gravissimes.
L’âge moyen du séropositif s’est considérablement allongé et, dans un bon nombre de cas, il présente des pathologies habituellement liées à l’age (hypertension artérielle, maladies métaboliques : hyper cholestérolémie, diabète etc.) qui évoluent pour leur propre compte.
Les femmes atteintes par le VIH peuvent avoir des enfants indemnes de la maladie, dans des conditions de sécurité maximale.
 
 

Une prévention insuffisante

 

Là ou le bât blesse actuellement c’est dans le domaine de la prévention.
 
Si dans les premiers temps, les messages de prévention furent très forts et largement relayés par la presse, la pression s’est quelque peu essoufflée. Il est vrai que le sujet semble moins porteur pour faire vendre du papier.
Il ne bénéficie plus la « notation maximale », pour être hyper-médiatisé, le triple S : Sang, Sexe, Scandale !
Comme on le dit maintenant, dans le public, le contexte est « apaisé ». Cependant la maladie est loin d’être éradiquée.Il faut continuer à travailler, chercher, informer, aider. Il faut aussi continuer à prendre toutes les mesures de prévention possibles.
 
Les messages sont simples et les recommandations sont bien connues de tous : utilisation du préservatif (sortez couvert !) et n’utilisez que des seringues à usage unique.
 
Malheureusement des contaminations existent encore quotidiennement et seule une réaction rapide et immédiate, au moindre doute, sur quelque risque que ce soit peut interrompre la réplication du virus.
 
C’est pourquoi on travaille beaucoup sur des traitements préventifs dits post exposition, en cas de risque de contamination.
 
En pratique, au moindre doute, il faut se rendre aux urgences de l’hôpital le plus proche, le plus rapidement possible après le risque de contamination.
Aux urgences, le risque pris sera évalué et surtout il sera possible de recevoir un kit de médicaments destinés à prévenir la diffusion éventuelle du virus. Un suivi régulier sera proposé jusqu’à une certitude sur l’éventuelle contamination du consultant.
Il ne faut surtout pas hésiter à se faire aider et je ne puis que rappeler les quelques informations contenues dans mon précédent article.
En pratique pour plus d’information deux numéros de téléphone nationaux pour vous aider et vous accompagner :
  • SIS (Sida Info Service) 0 800 840 800 (numéro vert)
  • VIH info soignants 0 801 630 515 (numéro Azur)
  • Centre de Santé Sexuelle à Paris : 190 Bd de Charonne -75020 Paris- Tel : 01 55 25 32 72
 
Malheureusement il n’y a pas que le virus du SIDA qui soit transmis par le sexe, mais aussi celui de l’hépatite B.
Pour ce qui concerne la transmission sanguine on retrouve aussi de nouveau le virus de l’hépatite B et celui de l’hépatite C.
Ces deux maladies sont loin d’avoir reçu la couverture médiatique destinée au SIDA. Aussi sont-elles souvent moins bien dépistées et méconnues.
 
Comme on peut le voir, le chapitre des maladies virales transmissibles par le sang et le sexe est loin d’être clos. Et ce fait là est indiscutable.
JMH
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Sida IST Vih
Commentaires
0 vote
(IP:xxx.xx6.92.126) le 29 mai 2012 a 16H08
 (Visiteur)

Dans les découvreurs il ne faut pas oublier Jean-Claude Chermann merci

0 vote
par Pascal (IP:xxx.xx1.10.122) le 30 mai 2012 a 08H30
Pascal (Visiteur)

Luc Montagné réagit : http://www.dailymotion.com/video/xb...

0 vote
par THIERRY3468 (IP:xxx.xx0.175.32) le 30 mai 2012 a 09H11
THIERRY3468 (Visiteur)

Rappel très académique qui n’apporte pas grand chose .....Je conseille à tous de découvrir le documentaire "house of numbers " qui apporte des éléments très pertinents sur le SIDA qui tranchent avec les platitudes énoncés dans l’article ci dessus .