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Sida : une éradication du virus d’ici 2030 est-elle réaliste ?
Sida : une éradication du virus d'ici 2030 est-elle réaliste ?
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12 décembre 2014
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Marlène M, 3 articles (Rédacteur)

Marlène M

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Sida : une éradication du virus d’ici 2030 est-elle réaliste ?

Sida : une éradication du virus d'ici 2030 est-elle réaliste ?

Le dernier rapport annuel de l’Organisation des Nations Unies contre le VIH-Sida prône une accélération des moyens accordés à la lutte contre le virus, dans le but de mettre un terme définitif à la maladie d’ici 2030. Pourtant, si la lutte contre le sida est une priorité depuis de nombreuses années et que les moyens financiers qui y sont réservés sont significatifs, il apparaît, selon le spécialiste des relations diplomatiques en Afrique Jean-Yves Ollivier, que seul 44% des africains ayant besoin d’antirétroviraux reçoivent effectivement leur médication. 

Si on ne sait toujours pas comment l'éradiquer, l'épidémie du Sida semble relativement maîtrisé d'un point de vue virologique. Les antirétroviraux permettent en effet de contrôler le virus intégré dans les cellules des personnes contaminées leur offrant ainsi une chance de mener une "vie normal". Toutefois, l'Organisation mondiale de la santé rappelle que plus de 30 millions de personnes dans le monde sont encore contaminées, dont près de 70% en Afrique, soit environ 1 adulte sur 20 dans cette région du monde.
 
Les ressources financières consacrées à la lutte contre le VIH se sont accrues de 200 millions d'euros de 2012 à 2013, pour atteindre 15 milliards d'euros. Pour 2015, l'objectif de l'ONU-Sida est de récolter entre 17,5 et 19 milliards d'euros, nécessaires pour atteindre les nouveaux objectifs assignés. "C'est une chance historique qui s'offre à nous au cours des cinq prochaines années, un rendez-vous que nous n'avons pas le droit de rater" déclarait Michel Sidibé, président d'ONU-Sida lors de la présentation du rapport annuel.
 
Mais malgré ces moyens considérables qui semblent pourtant en accord avec les besoins, certains spécialistes n'hésitent pas à remettre en cause la pertinence et l'efficacité de la campagne menée dans les pays les plus en difficultés. Il apparaît en effet que de nombreux patients ne voient jamais arriver les traitements dont ils ont besoin et que la lutte contre le sida aurait accaparé l'attention au détriment d'autres causes toutes aussi importantes. 
 
Comme le soulignait dans les Echos Jean-Yves Ollivier, fin connaisseur de l'Afrique, "la lutte essentielle contre la mortalité infantile et maternelle a ainsi été négligée au profit de causes plus populaires dans le miroir narcissique de l’Occident. Et encore, malgré des dizaines de milliards dépensés ici plutôt que, par exemple, pour la recherche d’un vaccin antipaludéen, seulement 44% des Africains ayant besoin d’antirétroviraux reçoivent effectivement leur médication de survie. Le sida plutôt que l’accouchement médicalisé – comme on le voit, des choix de vie et de mort sont faits sans que cet arbitrage, aux mains de l’Occident, soit exposé sur la place publique".
 
Si le propos n'est pas ici de remettre en cause l'intérêt de la lutte contre le virus HIV et la gravité de la situation pour les millions de personnes atteintes, on est tout de même en droit de s'interroger sur les priorités à donner en matière de santé publique. Car s'il semble en effet nécessaire comme le stipule l'ONU de redoubler d'efforts dans la lutte contre le sida, il semble tout aussi indispensable de ne pas baisser les armes face à d'autres causes trop souvent oubliées par les médias (comme le paludisme ou la mortalité infantile par exemple) et qui font pourtant des ravages dans les pays sous-développés du continent africain. 
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Mots-clés :
Sida Vih Afrique