Sida en prison : le danger court toujours

Une étude, publiée le 25 octobre dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’Institut de veille sanitaire (InVS) indique que « le risque infectieux en prison en France est particulièrement élevé, et ce du fait des caractéristiques de la population carcérale et des conditions de détention, mais aussi à cause de l’insuffisance de mise en œuvre des dispositifs de prévention ».
Il s’agit de la première étude du genre réalisée en France. Et elle met en évidence un déficit important dans la mise en œuvre des mesures de prévention dans les prisons de l’hexagone. Les travaux ont été coordonnés par Laurent Michel, psychiatre addictologue de l’AP-HP et des Universités de Paris sud et Paris Descartes. Les chercheurs, qui déplorent d’emblée le fait que « des applications pour limiter les risques de maladies infectieuses sont prévues selon la loi, mais elles sont peu connues et peu appliquées dans les centres pénitenciers », ont adressé des questionnaires dans les prisons. Et 103 établissements (sur un total de 171) ont fourni des données complètes.
On notera la faible distribution aux détenus de l’eau de javel à 12°, pourtant préconisée par l’OMS, afin de stériliser un éventuel matériel d’injection. La mise à disposition de préservatifs est quant à elle importante chez les hommes (dans 95% des prisons), mais faible chez les femmes (dans 21% seulement des établissements). Et si une grande majorité des établissements pénitenciers mettent à disposition des détenus des informations sur le VIH et sur l’ensemble des risques causés par les infections sexuellement transmissibles, ainsi que des dépistages du VIH et des hépatites virales, seule la moitié des prisons informe les détenus sur les possibilités de bénéficier d’un traitement post-exposition pour le VIH. Pour Laurent Michel et son équipe, l’urgence est claire : « Il faut redéfinir de façon prioritaire une politique de soins et de prévention en détention ».
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