Accueil du site
> Santé & Maladies > Les Actus
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Semaine du cerveau : Nul en maths ? Et si c’était de la dyscalculie ?
Semaine du cerveau : Nul en maths ? Et si c'était de la dyscalculie ?
catégorie
note des lecteurs
date et réactions
15 mars 2010 | 4 commentaires
Auteur de l'article
LC, 33 articles (Equipe de Rédaction)

LC

Equipe de Rédaction
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
33
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

Semaine du cerveau : Nul en maths ? Et si c’était de la dyscalculie ?

Semaine du cerveau : Nul en maths ? Et si c'était de la dyscalculie ?

Du 15 au 21 mars 2010 débute la semaine sur le cerveau. A cette occasion, l’équipe de rédaction de Carevox a interviewé sur la dyscalculie, Laurent Cohen, professeur de neurologie à l’hôpital de la Salpêtrière. Laurent Cohen est responsable d’une équipe de recherche INSERM, il est l’auteur de "Pourquoi les chimpanzés ne parlent pas" et "L’homme thermomètre, le cerveau en pièces détachées".

LC : Pourriez-vous me donner une définition de la dyscalculie ?
Laurent Cohen : La dyscalculie a deux sens différents. Elle désigne des troubles du calcul. Dans le sens le plus habituel, ce sont des troubles du développement de l'apprentissage du calcul. Il y a aussi des dyscalculies acquises à la suite d'accidents cérébraux : par exemple un adulte qui savait parfaitement compter et qui a un accident vasculaire-cérébral peut ainsi perdre tel ou tel aspect de ses capacités de calcul. Mais le sens dans lequel vous l'employez, en référence à un travail pour l'INSEE qui a été publié il n'y a pas très longtemps, est dans le sens du développement. Toutefois il faut savoir qu'il y a aussi des dyscalculies acquises à la suite d'accidents cérébraux, qui surviennent chez des adultes. Alors que lorsqu'il s'agit de dyscalculie de développement, ça désigne une difficulté à l'acquisition des capacités mathématiques, qui vont être plus ou moins sélectives. On parle de degré de sélectivité, car ça ne s'intègre pas dans le cadre d'un déficit intellectuel, du développement intellectuel général. Par ailleurs ça ne doit pas être une conséquence d'une éducation visiblement malmenée.

LC : Il y a donc une explication lorsqu'on est nul en math ?
LC : Il n'y a pas une explication, mais plein de raisons d'être nul en math. Quand on apprend les mathématiques, c'est comme tous les apprentissages, ça résulte d'une interaction très étroite entre la structure cérébrale qu'on a à la naissance et l'éducation qu'on reçoit. Le mélange des deux aboutit aux compétences mathématiques. On peut être nul en math pour des raisons liées à l'éducation. Si on ne vous a pas appris, vous ne savez pas et ça peut être liée à une anomalie cérébrale éventuelle du développement cérébral. Et c'est effectivement dans ce dernier cas, quand on pense que c'est lié à des anomalies du développement cérébral, qu'on parle au sens strict de dyscalculie. Ainsi quelqu'un qui est nul en math, parce qu'il n'est pas allé à l'école, n'est pas dyscalculique, il est juste nul en math.

LC : Et cette anomalie cérébrale, elle a quelle origine ?
LC : C'est comme dans les autres troubles du développement cognitif du même genre. Car il n'y a pas que la dyscalculie, il y a la dyslexie et les troubles d'attention. Les causes sont multiples dans ce genre de situation. Il a des causes relativement bien identifiées. Ainsi on sait que le syndrome d'alcoolisme foetal, c'est-à-dire quand la mère a bu beaucoup d'alcool pendant qu'elle était enceinte, est un élément qui augmente considérablement le risque de dyscalculie chez l'enfant. Il y a également un certain nombres d'anomalies génétiques, comme par exemple le syndrome de Turner, le syndrome de Williams, qui augmentent le risque de dyscalculie. Et il y a aussi probablement une prédisposition génétique. Même dans la population normale, il y a des gènes qu'on ne connaît pas très bien, et qui vont prédisposer, augmenter le risque d'avoir des trouble du calcul. La prématurité par ailleurs, est elle-même un facteur de risque de dyscaculie. Donc il y a un certain nombre de causes : certaines sont génétiques, d'autres ne le sont pas.

LC : Au début de l'entretien, vous évoquiez un travail réalisé pour l'INSEE par le professeur de psychologie Jean-Paul Fischer de l'université de Nancy. Dans un article de L'Express portant sur le sujet, et un article des Echos, il est dit que vous contestez la position de Jean-Paul Fischer qui est davantage pour une origine fonctionnelle de la dyscalculie, et qui explique que la société actuelle est responsable de ce problème en incitant moins au calcul. Jean-Paul Fischer prédit par ailleurs une augmentation de la dyscalculie
LC : Je ne sais pas, si je suis en désaccord. Si on définit la dyscalculie comme je l'ai fait, c'est-à-dire comme des difficultés à apprendre à calculer, à cause de troubles du développement cérébral, il n'y a pas de raison que ce problème augmente dans la population. Maintenant si on la définit de façon plus large, en incluant la proportion des gens qui ne connaissent pas bien leur table de multiplication, le nombre va augmenter. Et évidemment encore plus, si les gens n'apprennent plus très bien leur table de multiplication. Tout dépend de la définition que vous donnez à la dyscalculie. Maintenant il y a un point qui est parfaitement clair, c'est qu'il existe des troubles de l'acquisition du calcul qui ne sont pas simplement le fait d'une éducation insuffisante dans le domaine des math, et c'est ce que j'ai appelé la dyscalculie. Toutefois l'importance de l'éducation est évidente.

LC : Donc tout dépend de la définition de la dyscalculie ?
LC : Donc il faut faire attention à la manière dont on emploie les mots. Il ne faut pas confondre génétique et cerveau, et il ne faut pas dire, si c'est le cerveau, ce n'est pas l'éducation. Le résultat final dans un domaine comme les math ou n'importe quel autre domaine, c'est le résultat de la combinaison du cerveau dont la nature nous a doté, et de l'éducation qu'on a reçue. Et le cerveau qu'on a reçu, c'est lui-même le résultat de la génétique et de notre environnement, y compris l'environnement dans le ventre de la mère.

LC : Lorsque c'est génétique, a-t-on identifié les zones du cerveau responsables ?

LC : Je ne vous ai pas donné une liste exhaustive des anomalies génétiques, mais seulement quelques exemples. Dans certains de ces cas, on a plus ou moins identifié les régions cérébrales qui sont en cause. Ainsi dans le lobe pariétal, il y a plein de raisons de penser, qu 'il y a des zones très importantes pour le calcul et plus précisément pour le sens des quantités "un peu, beaucoup, un peu plus, un peu moins" et la manipulation mentale des quantités. Il y a un certain nombre de cas de dyscalculie, dans lesquels ces régions sont un peu anormales.
Une étude anglaise, qui remonte au début des années 2000 de Isaacs et autres (Isaacs et al., 2001) s'est intéressée à des groupes d'enfants qui étaient nés prématurés. Parmi ces enfants, comme je l'ai dit précédemment à propos de la prématurité, il y avait une proportion plus importante que dans la moyenne, à avoir des problèmes de calcul. A l'adolescence, la moitié de ce groupe d'enfants était devenu plus ou moins dyscalculique, tandis que l'autre moitié ne l'était pas. Les IRM de leur cerveau, alors réalisés, ont montré que chez les adolescents qui étaient devenus dyscalculiques, il y avait une petite réduction de la substance grise cérébrale dans la région pariétale par rapport à ceux qui n'étaient pas devenus dyscalculiques Cette étude montre donc les mécanismes cérébraux, qui sont en jeu dans le développement d'une dyscalculie.

LC : Comment pose-t-on le diagnostic d'une dyscalculie ?
LC : Ce sont des problèmes avec l'apprentissage des math, ça peut être un retard pour apprendre à compter 1,2,3,4,5, ça peut être des grandes difficultés à trouver les bonnes stratégies pour faire des additions, des soustractions, ça peut être du mal à apprendre les tables de multiplication, etc...Ca peut se manifester dans différents aspects de l'apprentissage des math, et ceci malgré une instruction normale.

LC : Est-ce que la dyscalculie est irrémédiable ou est-ce qu'on peut la soigner ?
LC : La première chose, c'est qu'il faut savoir que ça existe, de façon à la dépister, à la diagnostiquer. Il faut aussi que les parents et les enseignants sachent que de la même manière qu'il y a une dyslexie où les enfants ont du mal à apprendre à lire,et un certain nombre d'autres troubles du traitement cognitif, il y a les dyscalculies. A partir du moment que l'on sait que ça existe, si on a un enfant que l'on soupçonne d'avoir ce problème, il faut l'adresser à un psychologue qui soit spécialiser dans ce domaine pour qu'il puisse faire un bilan détaillé et voir effectivement s'il y a un problème de dyscalculie. Lorsque la dyscalculie est dépistée, il peut mettre en place une rééducation. C'est comme tous les troubles des apprentissages, on ne peut pas les supprimer, faire que le problème n'existe pas, mais on peut essayer d 'aider l'enfant à s'en sortir le mieux possible en faisant du sur-mesure . Ce n'est pas parce que l'origine du problème est dans le cerveau que pour autant il n'y a rien à faire. Notre cerveau est un organe plastique qui n'arrête pas d'apprendre, de se modifier, ...dire qu'un problème vient d'une anomalie du développement cérébral ne veut pas dire qu'on ne peut rien faire.

LC : Et cette rééducation, elle est valable pour tous les cas de dyscalculie évoqués précédemment, à savoir la dyscalculie d'origine génétique, la dyscalculie pour les enfants prématurés, le syndrome d'alcoolisme foetal ?
LC : Oui et le plus souvent on ne sait pas d'où ça vient. C'est comme pour les enfants dyslexiques, le plus souvent on ne connaît pas l'origine. Mais quelque soit l'origine supposée, qui est généralement inconnue, la stratégie est la même. Il faut poser le diagnostic le plus vite possible et essayer d'aider l'enfant, le mieux possible.

LC : Donc, c'est rattrapable ?
LC : Je ne vous dis pas qu'on peut supprimer le problème. En fait, c'est assez variable. On ne fera pas de ces enfants, des mathématiciens, des calculateurs prodiges, mais il faut essayer avec ces enfants de leur apprendre sur mesure, le mieux possible. Il ne s'agit donc pas de les engueuler, mais de les prendre en charge de façon spécifique. Il faut donc initialement avoir pris conscience que ces troubles existent et que ce sont des problèmes.

LC : Est-ce que la dyscalculie est associée à d'autres déficits cognitifs ?
LC : Je dirai assez souvent, mais pas forcément. Ca peut être isolé, mais c'est relativement souvent associé à d'autres troubles du développement cognitif, notamment à la dyslexie. Il y a des enfants qui ne sont que dyscalculiques, il y a des enfants d'autres qui ne sont qu dyslexiques. Et ce n'est pas exceptionnel, mais il y aussi des enfants qui sont dyslexiques et dyscalculiques, parce que ce sont probablement des anomalies du même style, mais touchant des régions cérébrales un peu différentes, qui sont à l'origine des deux genres de problèmes. Ainsi si vous avez des troubles du développement cérébral, selon l'endroit exact concerné, vous aurez tel ou tel symptôme, c'est pourquoi il peut y avoir une association.

L.C Journaliste pour CareVox
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Commentaires
1 vote
par nakhil (IP:xxx.xx2.245.177) le 16 mars 2010 a 10H43
nakhil (Visiteur)

Bonjour Merci pour les informations.

Ma remarque est que l’article gagnerait plus s’il est enrichi par des exemples de productions en maths de dyscalculiques (exemples d’erreurs ou de difficultés de dyscalculiques) pour bien illustrer ce qu’est un dyscalculique,

Cordialement

1 vote
(IP:xxx.xx5.138.133) le 16 mars 2010 a 11H23
 (Visiteur)

Ouf, cet article arrive à point, après tout ce qu’on vient d’entendre ces jours-ci. La dyscalculie n’a rien à voir, avec le fait de ne pas savoir faire des opérations simplement parce que, nous avons maintenant à notre portée tout un tas de petites machines qui le font à notre place, et que du coup nous perdons tous les automatismes. Un dyscalculique n’entend rien aux nombres, cela n’a aucun sens pour lui. La rééducation logico-mathématiques lui sera précieuse, il restera toujours avec ce trouble cognitif, et exactement comme pour la dyslexie, grâce à une prise en charge par un(e) orthophoniste ou un(e) rééducateur, il trouvera des moyens pour contourner ce trouble.

0 vote
par Juliette (IP:xxx.xx7.7.32) le 26 avril 2011 a 09H44
Juliette (Visiteur)

L’article est intéressant est donne un point de vie utile au problème, ceci dit je pense qu’avant d’en conclure à la dyscalculie, il y a des méthodes qui peuvent porter leurs fruits pour redonner le goût des maths. Je suis tombé sur un article sur Yokoro.fr assez intéressant sur le sujet : http://www.yokoro.fr/articles/comme...

Si ça peut vous donner un coup de main :)

0 vote
par Jean Vladimir Térémetz (IP:xxx.xx7.36.179) le 27 octobre 2011 a 17H22
Jean Vladimir Térémetz (Visiteur)

Bonjour

Les maths ne sont pas La PHYSIQUE, qui elle, par exemple, fait enfin savoir ce qu’est cette contradictoire "pesanteur" :

Des mathématiciens physicisant ont donné cette équation, G = m / l 2, censée exprimer la gravitation : les corps s’“attirent” en proportion directe de leur masse et inverse du “carré” de la distance qui les sépare. Or, bien qu’on laisse tomber vers la terre dans un espace clos où l’on a fait le vide pour éviter toute action perturbatrice de l’air, de la même hauteur, deux corps de masses pourtant différentes, ces deux corps arrivent ensemble au fond de l’espace clos, contredisant cette équation !  Or encore, bien qu’on laisse tomber vers la terre, toujours dans le même espace clos, les deux corps précédents, mais le corps de plus grande masse étant maintenant plus éloigné du fond de l’espace clos que celui de masse plus petite de façon à ce que le “carré” de cet éloignement compense leur différence de masses, le corps de plus petite masse arrive au fond de l’espace clos le premier, les deux corps ayant continuellement conservé l’éloignement qui les séparait, contredisant à nouveau cette équation ! Et pour finir, mais cette fois dans un espace clos dont la base est là au contact de la terre, bien qu’on laisse tomber ces deux corps de la même hauteur et que sur toute la longueur de l’espace clos ces deux corps tombent à l’unisson, arrivés près de la terre, le corps de plus grande masse accélére et la touche le premier ! Hormis le dernier cas, la réalité contredit donc cette équation des mathématiciens physicisant, qui ne peuvent bien malheureusement que se réfugier en un matheux charabia abstrait et inexplicatif. Qu’est-ce alors que cette “pesanteur”, qu’est-ce alors que la gravitation ? Que se passe-t-il donc finalement, non pas mathématiquement, abstraitement, virtuellement, équationnellement ; mais physiquement, concrètement, réellement ? Que se trouve-t-il donc en présence réellement, concrètement, physiquement ? Seule la Physique peut répondre.

Comme il existe des individus qui n’ont pas besoin de se “casser la tête” à essayer de comprendre ce que peuvent être structures et fonctionnements des mathématiques, parce que tout simplement, immédiatement, spontanément, sensitivement ils les “voient” ; il existe des individus qui n’ont pas plus besoin de se “casser la tête” à essayer de comprendre ce que peuvent être structures et fonctionnements de la matière, parce que tout simplement, immédiatement, spontanément, sensitivement ils les “voient”. Mathématiciens donc, si vous vous hasardez à vous frotter à la matière, ne vous en tenez alors uniquement qu’à exposer le plus précisément et le plus complètement possible ce que vous avez pu observer, sans vous hasarder à émettre quelle qu’explication ni quelle qu’hypothèse que ce soient et les Physiciens eux, donneront explications non hypothètiques, réelles, concrètes, de ce que vous avez pu observer.

Ainsi, de deux corps de masses différentes, chutant à l’unisson vers la terre parce qu’étant dans la même enveloppe d’éthérons (les éthèrons, l’éther, est ce dans quoi atomes et molécules baignent en cet univers ; atomes, molécules comme éthèrons, élastiques) parce qu’étant donc dans la même enveloppe d’éthèrons en diminution de taille vers elle que la terre provoque et entretient autour d’elle par les pulsations de ses molécules (tous les corps par les pulsations de leurs molécules, provoquent et entretiennent autour d’eux une enveloppe d’éthérons en diminution de taille vers eux proportionnelle à leur masse ; diminution de taille qui ne peut donc qu’induire une chute vers eux en continuelle accélération), le corps de plus grande masse finit tout de même par chuter plus vite que celui de plus petite masse et toucher la terre avant lui, parce que sa propre enveloppe d’éthérons en diminution de taille vers lui plus grande que celle du corps de plus petite masse, entre en contact avec la terre avant la sienne et l’accélère encore, avant que le corps de plus petite masse le soit à son tour par la sienne. Cette diminution de la taille des éthèrons vers les corps qu’ils entourent, provoquée et entretenue par les pulsations des molécules de ces corps, c’est cela qui fait la gravitation, la “pesanteur”, et aussi, bien évidemment, le magnétisme et l’électromagnétisme. Magnétisme, comme gravitation, dans cet univers sous pression, ne sont pas “attractions”, mais répulsions décroissantes.

http://www.liberes-des-mathematique...

Bien cordialement tout de même Jean Vladimir Térémetz