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Sécrétion de mélatonine et incidence du diabète type 2
Sécrétion de mélatonine et incidence du diabète type 2
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30 août 2013
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Jean-Yves Dionne, 44 articles (Expert-conseil)

Jean-Yves Dionne

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Sécrétion de mélatonine et incidence du diabète type 2

Sécrétion de mélatonine et incidence du diabète type 2

Le diabète de type 2 est une épidémie mondiale aux conséquences dramatiques. En effet, je l’ai mentionné plusieurs fois, les systèmes de santé/maladies actuels ne sont pas en mesure d’affronter la quantité de patients sur le point de déferler dans nos hôpitaux. L’obésité et le surpoids gagnent du terrain et la proportion de diabète dans nos sociétés augmente de façon alarmante. Voir : Diabète et obésité : un duo qui mènera notre société à sa perte.

Statistique Canada rapporte une augmentation significative de la population diabétique de type 2 : 6,3% des hommes (12 ans et plus) et 5,4% des femmes ont déclaré avoir reçu un diagnostique de diabète en 2008. En fractionnant cette statistique en fonction de l’âge, ce sont 14,5% des hommes entre 55 et 64 et 18,0% de ceux de plus de 65 ans.(1) Lorsqu’on compare ces résultats à ceux de l’enquête de 2000-2001, l’écart est énorme. Il n’y avait alors que 4,8% des hommes (18 ans et plus) et 4,2% des femmes.(2)

 

Notez bien que, dans les résultats de 2008, les auteurs ont inclus les enfants à partir de 12 ans !!! Lorsque j’étudiais en pharmacie, durant les années 1980 (ouf !), le diabète de type 2 était une maladie de la personne âgée. Que s’est-il passé pour qu’on diagnostique des cas si jeunes ?

On sait que l’alimentation industrialisée, riche en sucres à indice glycémique élevé (ce que j’appelle le néfaste food), est en grande partie responsable de l’épidémie de diabète. On sait aussi que la sédentarité est impliquée (console de jeux, Internet, Facebook, et que sais-je ?). Récemment, des chercheurs ont mis le doigt sur un nouveau facteur : la perturbation de la sécrétion de mélatonine serait liée à une plus grande prévalence de diabète.

Les chercheurs ont évalué, chez des infirmières de la cohorte Nurses’ Health Study, le taux d’élimination urinaire de la mélatonine. Ils ont ensuite comparé ce taux avec les cas de diabète dans la cohorte. Ils ont constaté que plus la sécrétion de mélatonine est basse, plus le risque de diabète est élevé. Les infirmières qui ont les taux de mélatonine les plus bas ont 2 fois plus de risque de faire du diabète que celles qui ont un taux élevé (2,17 [IC 95% : 1,18-3,98]).(3)

Pourquoi la mélatonine baisse-t-elle ?

Les principaux facteurs qui affectent négativement la sécrétion de mélatonine sont :

Pour isoler l’effet de la mélatonine sur le diabète, les chercheurs ont tenté d’éliminer ces facteurs de l’équation, de même que l’IMC (indice de masse corporel) et d’autres facteurs qui pourraient avoir un impact sur le risque de diabète. Même la durée moyenne du sommeil a été évaluée et n’a pas montré de lien avec le diabète. Cependant…

Dans un commentaire, Sabra M. Abbott et Phyllis C. Zee mentionnent que la baisse de mélatonine pourrait être simplement due aux horaires variables (et, soyons francs, souvent inhumains) des infirmières et que, par conséquent, le risque de diabète serait peut-être une autre conséquence négative de ce type d’horaire.(4) Les auteurs répondent que, quoiqu’ils n’aient pas noté de lien avec le sommeil au moment de l’étude, ce lien pourrait quand même être présent puisque les effets des horaires variables perdurent dans le temps.(5)

Conséquences des horaires de travail de nuit et variables

Le travail de nuit est connu pour affecter la santé. Par exemple, plus une femme travaille de nuit, plus son risque de cancer du sein augmente.(6) Il y a, à Montréal, une chercheure de renommée internationale dont le champ d’expertise couvre les effets de ces perturbations du rythme circadien : Dr Diane Boivin (voir sur TéléQuébec : Dre Diane Boivin, spécialiste du sommeil). Dr Boivin constate que les horaires de travail rotatifs et de nuit affectent l’humeur, la qualité du sommeil et la facilité à s’endormir, la performance mentale, et même la capacité d’adaptation du cœur.(7)

Les perturbations du rythme circadien et le manque de sommeil ont également une influence sur l’alimentation. Lorsque nous manquons de sommeil, il est naturel de rechercher des aliments réconfortants qui, trop souvent, font partie du néfaste food ! Bref, rien de bon pour notre santé.

Le stress au travail et les perturbations du rythme circadien représentent des problèmes grandissants auxquels, comme société, on devrait s’intéresser. Peut-être pourrait-on commencer par les infirmières ? Il serait temps de valoriser leur travail, de mieux gérer leur milieu de travail et de repenser ces horaires néfastes pour la santé. Après tout, elles ont la nôtre en leurs mains…

Santé !

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Jean-Yves Dionne, Pharmacien, expert conseil en produits de santé naturels www.jydionne.com Franchement Santé

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Mots-clés :
Diabète Mélatonine