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Sciences : les actu de mars, bonnes à savoir !
Sciences : les actu de mars, bonnes à savoir !
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8 avril 2009
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Jean Zin, 23 articles (Rédacteur)

Jean Zin

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Sciences : les actu de mars, bonnes à savoir !

Sciences : les actu de mars, bonnes à savoir !
Les actus scientifiques du mois de mars :
  • L’empathie ne se réduit pas aux neurones miroirs,
  • La part génétique du cerveau,
  • La conscience mobilise tout le cerveau,
  • Les réaction identitaires de groupe,
  • Des bébés de 3 jours marchent sur un tapis roulant,
  • Comment effacer les souvenirs ?

Une nouvelle molécule de la vie

Source : Pour la Science no 378, Bricoler la vie, p26

L’acide peptidonucléique ou APN est un hybride de protéine et d’ADN qui n’existe dans aucune forme de vie. Ses propriétés étonnantes en font un premier maillon possible d’une vie artificielle...
 
Certains scientifiques s’intéressent à cette molécule, analogue à l’acide nucléique, qui imite les caractéristiques de stockage d’informations de l’adn et de l’arn, mais elle est construite sur un squelette protéique, plus simple et plus solide que les squelettes des acides nucléiques formés de sucres et de phosphates.
 
En combinant des propriétés d’acides nucléiques et de protéines, les apn permettraient de stocker des informations, à l’instar de l’adn, et seraient la machinerie catalytique – capable de favoriser des réactions chimiques – d’une cellule artificielle, à l’image des enzymes des cellules naturelles. Cette éventuelle double capacité, associée aux autres propriétés des apn, a suscité l’intérêt des scientifiques cherchant à créer une vie artificielle.
 
À plusieurs égards, l’arn devance cependant l’apn à ce jeu. Les exemples d’arn catalytiques naturels et synthétiques abondent. En revanche, des molécules d’apn catalytiques sont encore à découvrir.
 
Steen Rasmussen, du Laboratoire américain de Los Alamos au Nouveau-Mexique, et Liaohai Chen, du Laboratoire américain d’Argonne, ont suggéré une conception de protocellule primitive fondée sur des apn. La paroi de la protocellule s’autoassemble à partir de molécules tensio-actives ; son enveloppe est donc une surface membranaire lipidique. L’apn, outre des bases sur un squelette peptidique, présente une modification qui le rend lipophile (il a une affinité pour les lipides) : il s’incruste dans la membrane lipidique. En outre, de petits apn s’apparient avec l’apn de la protocellule pour former un brin complémentaire. Une molécule photosensible alimente la production de nouvelles molécules tensioactives qui augmentent la taille de la cellule. La protocellule se divise par fission naturelle quand elle atteint une taille suffisante et l’évolution se poursuit jusqu’à l’obtention de la séquence d’apn la plus efficace pour convertir l’énergie lumineuse en lipides et en apn.
 
Stanley Miller a montré il y a plus de 50 ans que des acides aminés peuvent se former dans des conditions supposées simuler celles de la Terre primitive ; en 2000, il a identifié des précurseurs d’apn dans ses expériences reproduisant l’environnement initial de la Terre. On a aussi montré que les informations génétiques présentes dans un oligomère d’apn peuvent se transférer par copie chimique à un autre oligomère d’apn ou à une molécule d’arn, des processus nécessaires à un monde à apn, puis à un monde transitoire d’apn/arn. Mais de l’aveu général, il y a encore un fossé entre ces observations et la construction d’un monde pré-arn. Pour que l’hypothèse tienne debout, les scientifiques doivent découvrir des molécules d’apn présentant une activité catalytique.
 
 

- L’empathie ne se réduit pas aux neurones miroirs

Nicolas Danziger, de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, a réalisé des expériences qui montrent qu’il faut aussi, vraisemblablement, un intense travail mental de représentation et d’imagination de « ce que l’autre ressent », qui va bien au-delà qu’un simple mimétisme automatique reposant sur les neurones miroirs.
 
Deviner ce que ressent l’autre, c’est finalement ce que chacun de nous fait dans la vie quotidienne, plutôt que de reproduire en miroir l’expérience subjective d’autrui. C’est bien grâce à cela que l’on peut prendre en compte des souffrances que l’on n’a pas vécues soi-même. Accepter l’autre, c’est peut-être essayer de comprendre ce qu’il vit, tout en sachant qu’on ne ressentira jamais vraiment la même chose.
 

- La part génétique du cerveau

Le cerveau est par nature l’organe le plus plastique du corps où l’acquis prime sur l’inné puisqu’il est dédié à la perception et l’apprentissage, à cette seconde nature qu’est l’habitude. On ne peut malgré tout ignorer sa part génétique qui va plus loin que ce qu’on imaginait puisque les véritables jumeaux auraient des cerveaux plus semblables que les faux dans leurs modes de raisonnement et les zones du cerveau utilisées. Il faut souligner malgré tout que si les fonctionnements sont différents, cela ne change pas fondamentalement le résultat et pas du tout les règles de la logique.
En comparant les patterns d’activité cérébrale entre des jumeaux et leurs frères durant ce type d’exercice, les chercheurs ont découvert que certaines régions de leur cerveau n’entraient pas systématiquement en action chez tous les individus. Ces disparités s’avèrent corrélées à des différences génétiques, ce qui pourrait aider à mieux comprendre le rôle joué par les gènes lorsque la "pensée" varie chez deux individus confrontés au même type de réflexion.

- Pas de conscience sans coopération

Expérience assez intéressante quoique relativement prévisible et dont la conclusion de l’article qu’il n’y aurait pas de centre de la conscience pourrait être en partie erronée. En effet, on constate que la conscience mobilise tout le cerveau, état qui met en éveil tous les centres du cerveau et totalise les informations pour en déduire un comportement conscient. Il faut bien qu’il y ait un endroit où la totalisation ait lieu et se matérialise en décision consciente (de tout le corps) après vérification de toutes les données même s’il est certain que ce centre de décision n’est rien sans tout le reste du cerveau dont il n’est que l’aboutissement (un peu comme la convergence des revendications aboutit à une manifestation unitaire pour modifier la conscience collective et les décisions politiques). En tout cas, on peut y voir une confirmation de la conscience comme question, manque d’information et retour au réel, une façon de reconstruire la situation à partir des perceptions quand un événement nous a fait perdre le fil et bouleverse la situation antérieure. Notre autonomie de pensée se manifeste par notre ignorance, le fait de ne pas savoir quoi faire avant analyse personnelle de la question au moyens de toutes les informations disponibles.
Lors de la perception inconsciente d’un mot, l’activité électrique du cerveau s’arrête en moyenne au bout de 300 millisecondes, ont observé Stanislas Dehaene, Lionel Naccache et leurs collègues. L’accès à la conscience entraîne lui une mobilisation plus longue du cerveau et se traduit par la convergence de plusieurs aires cérébrales distantes. Il s’agit d’une « coopération cérébrale intense » écrivent les chercheurs, qui ont isolé quatre marqueurs spécifiques de cet accès à la conscience.
 

- Réactions identitaires des groupes

Gustave Le Bon et Freud avaient déjà analysé la psychologie des foules sans faire appel à la neurologie mais, il y a de quoi justifier mon aversion de la parole publique, d’autant plus qu’il faut limiter son propos à 3 ou 4 points sans digressions alors qu’il y aurait tant à dire...
 
En face à face avec un individu, "on parle à son cortex", c’est-à-dire que l’on "cérébralise", on rationalise, on utilise une logique point par point. Tandis que face à un groupe, il faut "parler à sa moelle épinière", soit ce qui fédère le groupe, les valeurs de l’entreprise, par exemple. "Dès que l’on constitue un groupe de plus de 4 ou 5 personnes, l’instinct grégaire prend le dessus et l’individu se dissout dans le groupe, en proportion de sa taille et perd son sens critique"
 
"Face à un grand groupe, il faut activer la valeur du groupe sur le plan identitaire. Que ce soit l’identité de l’entreprise, du métier, de ce qui constitue le groupe : face à un groupe de policiers, il faudra parler de la défense du citoyen, par exemple", indique le psychologue. Il faut principalement s’attacher aux éléments fédérateurs de façon à établir une connivence entre chaque participant, pour que tous se sentent concernés.
 
Pour cela, il ne faut pas hésiter à travailler le langage émotionnel, via des images. "La métaphore touche l’irrationnel et parle ainsi à l’inconscient du groupe".
 

- Des bébés de 3 jours marchent sur un tapis roulant virtuel !

48 bébés de trois jours ont été placés en réalité visuelle virtuelle. Ils étaient maintenus en position érigée au-dessus d’une surface horizontale sur laquelle étaient projetés différents environnements visuels. Les scientifiques ont exposé les nourrissons à un damier noir et blanc avançant vers les bébés, simulant une marche vers l’avant. Les chercheurs ont observé que ce tapis roulant virtuel déclenchait un nombre de pas en l’air, identique à une marche sur le sol. En comparaison, le nombre de pas était inférieur pour un damier statique ou une roue tournante de triangles noirs sur fond blanc.
 
En démontrant que le déplacement visuel de l’environnement peut, non seulement déclencher une réaction de marche, mais également moduler les paramètres de cette marche dès la naissance, les chercheurs ont démontré que le couplage entre vision et locomotion est beaucoup plus fonctionnel que ce qui n’a jamais été soupçonné.
 
Cette marche néonatale dite primitive n’est pas un simple réflexe tactile, car elle peut être réglée par l’environnement visuel du nouveau-né, en l’absence de tout contact avec le sol.
 

- Effacer les souvenirs

 
Ce n’est pas la première fois qu’on en parle (souvenir pas encore effacé !). En fait, cette fois, c’est simplement qu’en inhibant un facteur de transcription (CREB), on bloquerait la mémorisation de souvenirs, mais là, ils détruisent carrément les neurones de l’amygdale latérale de souris exprimant ce facteur spécifique...
Jean Zin
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