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Risques et comportements à adopter face au soleil
Risques et comportements à adopter face au soleil
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24 septembre 2010
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La rédaction CareVox, 598 articles (Comité de rédaction)

La rédaction CareVox

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Risques et comportements à adopter face au soleil

Risques et comportements à adopter face au soleil

Interview avec le Docteur Claudine Blanchet-Bardon, médecin dermatologiste et vice-présidente du Syndicat national des dermatologues-vénérologues (SNDV).

1. Quelles sont les personnes les plus à risque face au soleil ?

Les premières personnes à risque sont les enfants. Jusqu’à trois ans au moins, il ne faut pas les exposer au soleil. Puis, sur une échelle de 1 à 5, on décline les phototypes allant des peaux les plus claires jusqu’aux plus foncées. Les roux ayant la peau pâle, sont, après les enfants, des personnes à risque. Viennent ensuite les blonds pâles. En dernier lieu, on trouve les personnes à la peau foncée. Et contrairement aux idées reçues, les personnes noires sont elles aussi susceptibles de prendre un coup de soleil.

 

2. Comment protéger efficacement les enfants ?

La meilleure des protections reste le vêtement. Un tee-shirt, une casquette et des lunettes sont indispensables. La crème ne vient qu’en dernier lieu. Nous, dermatologues, ne souhaitons plus voir d’enfants jouer nus sur les plages.

 

3. Quelles sont les bonnes attitudes à adopter face au soleil ?

Il faut tout d’abord éviter toute exposition au soleil entre midi et 16 heures. Pour cela, tenez-vous debout de façon droite et regardez votre ombre au sol. Si elle est plus petite que vous, danger. Ne vous exposez pas. Si elle est égale ou plus grande, vous pouvez aller au soleil. D’autre part, l’exposition doit être progressive. Ne faîtes pas la crêpe. Il ne faut pas non plus penser qu’être en mouvement dispense des expositions aux UV. Jouer au volley-ball, construire un château de sable ou nager permettent tout autant de prendre les UV qu’en restant immobile, voire d’attraper des coups de soleil. Même en dessous d’un parasol à la lisière de l’ombre la réverbération est importante. Les rayons pénètrent par exemple jusqu’à 60 cm dans l’eau pour des pays situés près de l’Equateur. D’autre part, il n’y a pas qu’à la plage qu’il faille faire attention. La neige et l’herbe permettent également une réverbération importante. Prudence donc en montagne et à la campagne.

 

4. Que penser de l’utilisation des lampes à bronzer pour préparer sa peau au soleil ?

C’est un non sens. Ces « soleils en boîte » sont dangereux. Nous avons tous notre capital soleil. Or ces lampes, qui, si elles sont bien entretenues, laissent passer les UVA, n’ont aucun intérêt, car c’est avec les UV B qu’on synthétise la vitamine D. Ces lampes sont par exemple interdites au Brésil et pour les mineurs au Danemark. Les arguments de ceux qui les exploitent sont fallacieux.

 

5. Dans un cadre de prévention, quand faudrait-il aller consulter son dermatologue ?

L’idéal serait au printemps, chaque année avant les vacances d’été et avant d’aller exposer sa peau au soleil. En Allemagne, un dépistage de masse est organisé sur les sujets à risque. En France nous n’en sommes pas encore là, toutefois on devrait comprendre qu’il est important d’aller consulter un dermatologue comme on va préventivement chez le dentiste par exemple.

 

6. Face à l’augmentation des cancers de la peau, faut-il radicalement changer notre comportement face au soleil ?

Notre message de prévention c’est qu’il faut changer nos habitudes. Dans les années 30, cette préoccupation s’est incarnée sous l’égide de Coco Chanel qui pigmentait dès qu’elle sortait. Puis cela s’est renforcé avec l’ère Brigitte Bardot dans les années 60 et le soleil de Saint-Tropez. Les années 90 ont vu arriver l’ère du soleil comme phénomène social et un témoin de la bonne santé économique : quand on a de l’argent, on part loin, au soleil.
La tendance est timidement en train de se renverser. Les people ont notamment compris que le soleil faisait vieillir et qu’il faut se modérer. Je ne vous parle même pas du « soleil en boîte ». En conclusion, je ne saurais répéter qu’il faut avoir un bon usage du soleil. Au Portugal par exemple, les femmes marchent toujours à l’ombre dans les rues. Les gens des pays du Sud se protègent, ils savent. A nous d’adopter de nouveaux comportements similaires et réfléchis.
 

La rédaction CareVox

SOURCES

  • SNDV
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