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Rhumatismes : Soignez-vous et restez actif !
Rhumatismes : Soignez-vous et restez actif !
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26 septembre 2011
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Bien-être et santé, 172 articles (Magazine Santé)

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Rhumatismes : Soignez-vous et restez actif !

Rhumatismes : Soignez-vous et restez actif !


Difficile d’échapper aux atteintes rhumatismales, surtout quand vient l’âge… Si traitements et aides peuvent vous soulager, n’oubliez pas l’importance de l’exercice et de la lutte contre le surpoids !

Il n’y a pas un mais des rhumatismes. Ces affections douloureuses, aiguës ou chroniques, qui atteignent les articulations, les muscles ou d’autres tissus comme les tendons, sont associées à des phénomènes inflammatoires ou dégénératifs. L’ostéoporose n’est pas un rhumatisme, mais une maladie osseuse. Le mal de dos occupe aussi une place à part car ses causes sont très diverses. En fait, le mot rhumatismes recouvre essentiellement l’arthrose et l’arthrite. Après 65 ans, 70 % des Français souffrent plus ou moins d’arthrose… sans toujours consulter un médecin. L’arthrite, maladie inflammatoire de la membrane synoviale, frappe plus jeune et nécessite toujours un traitement adapté.
 
 

Les causes de l’arthrose

 
Même si plus on vieillit, plus on a de risques de souffrir d’arthrose, le vieillissement n’est pas la cause. L’arthrose peut aussi se développer plus jeune, même chez des adolescents atteints d’anomalies biologiques du cartilage. Normalement, le cartilage, un gel souple qui assure le glissement et la mobilité des extrémités des os entre eux dans l’articulation, se renouvelle tout au long de la vie. Mais quand le mécanisme d’élimination des débris de cartilage usé et de réparation par des cellules spécialisées (chondrocytes) est déséquilibré, le cartilage se dégrade, perd son élasticité, se fissure et sécrète des substances provoquant une réaction inflammatoire de la membrane synoviale qui l’entoure et des douleurs.
 
Outre l’âge, différents facteurs favorisent la survenue ou l’aggravation de l’arthrose.
  • Maladies osseuses ou articulaires. Elles altèrent par voie de conséquence la qualité et la quantité du cartilage : maladie de Paget, maladies provoquant des dépôts dans les articulations.
  • Malformations anatomiques. Luxation congénitale de la hanche, déformation en X ou en tonneau des genoux, scoliose…
  • Terrain génétique. Les femmes dont la mère ou les tantes souffrent d’arthrose des doigts en héritent souvent. Que l’arthrose soit tardive ou précoce (avant 30 ans), le facteur génétique joue un rôle.
  • Surpoids, traumatismes (fractures, entorses qui fragilisent les articulations), microtraumatismes professionnels répétés (arthrose du coude due au marteau-piqueur par exemple), certains sports pratiqués de manière intensive (footballeurs, danseurs) augmentent également le risque.
La douleur est « mécanique », c’est-à-dire déclenchée par le mouvement, atténuée par le repos et s’aggravant au fil de la journée. L’articulation atteinte est douloureuse, souvent gonflée, mais ni rouge ni chaude, sinon on parle d’arthrite. L’arthrose évolue plus ou moins rapidement et peut toucher toutes les articulations. Mais elle est le plus souvent localisée : surtout au genou (gonarthrose), à la hanche (coxarthrose), aux vertèbres (cervicales, dorsales ou lombaires) et aux mains, avec des nodosités dures sur l’index et le majeur la plupart du temps. L’arthrose de la base du pouce (rhizarthrose) est plus gênante que celle des autres doigts, voire handicapante. L’arthrose de l’épaule et celle du pied sont moins fréquentes.
 

 

Traitements et KINÉ

 
Toute une panoplie de traitements permet de réduire les douleurs arthrosiques.
  • Les antalgiques simples comme le paracétamol peuvent suffire en cas de douleurs modérées.
  • Les AINS ou anti-inflammatoires non stéroïdiens (kétoprofène, diclofénac, coxib et aspirine) sont plus efficaces, ils agissent sur la douleur et sur l’inflammation. Ils ont des effets secondaires, essentiellement au niveau de l’estomac, mais la prise simultanée d’un protecteur gastrique permet de maîtriser ce risque.
  • Les médicaments antiarthrosiques spécifiques visent, en traitement de fond, à ralentir la destruction du cartilage, mais leur efficacité est difficile à démontrer.
  • Les infiltrations de corticoïdes sont indiquées dans les poussées qui résistent aux médicaments et au repos, notamment au genou en cas d’épanchement de synovie.
  • Le lavage articulaire, souvent couplé à l’infiltration de corticoïdes, consiste à retirer les débris de cartilage, les résidus d’inflammation et parfois des cristaux qui entretiennent la douleur.
  • Les injections d’acide hyaluronique, substance visqueuse et élastique, constituant normal du liquide synovial qui assure la lubrification des articulations, sont un traitement d’entretien qui persiste un an.
  • Les interventions chirurgicales destinées à remettre dans l’axe les os de la jambe, recentrer la rotule ou poser une prothèse articulaire, de hanche surtout, sont aujourd’hui bien codifiées et donnent des bons résultats, même à un âge avancé.
  • La kinésithérapie est utile en phase aiguë pour lever la contraction souvent associée à la douleur articulaire, et en entretien pour lutter contre les raideurs et se mobiliser en douceur.
 
 

Limiter le handicap

 
Deux recommandations confirmées au dernier congrès des rhumatologues européens*.
  • Prendre des mesures aux premiers stades de l’arthrose, donc consulter tôt un rhumatologue, si l’on veut avoir la chance d’interrompre le processus de destruction articulaire et éviter d’entrer dans le cercle vicieux de la douleur chronique.
Exemples : une opération préventive (réalignement du genou), une perte de poids (pour moins peser sur l’articulation), mais aussi une meilleure alimentation (fruits, légumes, laitages, poissons riches en oméga 3, vitamines A, C, D, E, oligoéléments).
  • Avoir une activité physique régulière (marche, nage, vélo) pour entretenir la tonicité des muscles et des tendons et stabiliser ainsi l’articulation malade, et pour favoriser la diffusion des éléments nutritifs à l’intérieur du cartilage. En cas de poussée, il faut mettre l’articulation au repos mais, dès qu’elle est terminée, il faut redevenir actif, y compris si quelques douleurs persistent. Une étude récente, menée chez plus de 2 500 personnes âgées de 45 à 79 ans souffrant de gonarthrose, montre même que les patients marchent d’autant mieux et plus vite que leur niveau d’activité physique est élevé.
 

Les formes d’arthrite

 
L’arthrite est un trouble inflammatoire articulaire. Aigu comme les crises de goutte (dépôts de cristaux d’acide urique), liées à un facteur génétique et à des repas trop riches, trop arrosés, ou chronique, dû en général à une maladie auto-immune, à composante génétique : rhumatisme psoriasique, sclérodermie systémique, lupus érythémateux et, les deux plus fréquentes, polyarthrite rhumatoïde et spondylarthrite.
  • Polyarthrite rhumatoïde
Les articulations, mains et poignets, puis genoux et pieds, sont gonflées, douloureuses et, sans traitement efficace, se déforment en quelques années. La maladie évolue par poussées plus ou moins rapprochées. Les AINS et la cortisone soulagent les douleurs inflammatoires, mais un traitement de fond est impératif pour freiner ou stopper la destruction du cartilage et de l’os : méthotrexate et, de plus en plus, anti-TNF et immunosuppresseurs, administrés par voie sous-cutanée ou intraveineuse. Pour bénéficier pleinement des effets de ces biothérapies ciblées, très coûteuses, il est cependant capital de ne pas attendre que la maladie ait trop évolué.
 
  • Spondylarthrite
Elle touche surtout le rachis et le bassin et s’étend, dans les formes avancées, aux hanches, genoux, épaules, chevilles, poignets et même à la cage thoracique. Elle n’est pas toujours aussi grave, mais si elle l’est ou le devient, les anti-TNF constituent, là aussi, un énorme progrès.
 
Dans les deux maladies, il est important de maintenir au maximum une activité physique en adaptant ses mouvements avec l’aide d’un kinésithérapeute. Orthèses, équipements spécialisés, pince à long manche par exemple, et des réaménagements au domicile (siège de douche, barres d’appui) permettent d’améliorer la qualité de vie. Demandez conseil à votre médecin traitant et à votre pharmacien.
 
Evelyne Gogien
 
* Eular, European League Against Rheumatism Congress, mai 2011, Londres.

 

Conseils du pharmacien : Comment régler et utiliser les cannes

 

Il existe différents types de cannes : simple (avec une poignée en T, en équerre ou en arc de cercle), anglaise (béquille à poignée prolongée par un contre-appui au dos de l’avant-bras qui permet de s’appuyer beaucoup plus), tripode, quadripode, pliante, télescopique. Votre pharmacien vous aidera à choisir celle qui vous convient et à la régler à la bonne hauteur.

  • Le coude doit être fléchi à 30 degrés pour que la contraction des muscles des bras soit plus puissante et la poignée à peu près au même niveau que l’entrecuisse. Tenez la canne du côté sain et faites-la avancer avec la jambe malade.
  • Si vous avez besoin de deux cannes, faites des petits pas réguliers, prenez appui sur le pied sain puis avancez les deux cannes simultanément, en même temps que la jambe malade (souple et non pas raide), posez le talon sur le sol entre les deux cannes sans prendre appui sur le pied. Reportez votre poids sur les cannes puis posez votre pied du côté malade à plat. Avancez votre corps et placez votre jambe du côté sain en avant. Et ainsi de suite.

 

Bon à savoir : Des patients experts

En rhumatologie comme dans d’autres spécialités, l’éducation thérapeutique des malades est essentielle. Les médecins en ont conscience, mais la pratique ne suit pas. Éduquer nécessite plus d’empathie, donc plus d’écoute, que prescrire… Une analyse réalisée en 2010* à partir de forums Internet montre que les malades souffrant de spondylarthrite rhumatoïde se sentent mal informés, notamment sur les traitements. C’est toute l’utilité des associations de malades comme l’AFS**. Elle forme des « patients experts », atteints de la maladie et connaissant bien les difficultés que celle-ci entraîne, pour éduquer à leur tour d’autres malades et les aider, par exemple, à maîtriser la technique d’auto-injection d’une biothérapie. Les malades éduqués se sentent ainsi moins isolés, moins stressés, prennent mieux leurs traitements et souffrent moins.
 
* Par la société Hantar Health pour Pfizer.
** Association France spondylarthrites, 50 bis rue des Armuriers, 19150 Laguenne. Tél. : 05 55 21 61 49. Site Internet : www.spondylarthrite.org

Témoignage : Rhumatisme psoriasique

 
« J’ai un psoriasis important depuis un peu plus de 10 ans que je soignais tant bien que mal avec des crèmes à base de corticoïdes et un médicament par voie orale (méthotrexate). Je contrôlais déjà difficilement mes plaques sur le corps et le cuir chevelu, mais comme si ça ne suffisait pas, je souffre depuis un an de rhumatismes handicapants liés au psoriasis, en particulier aux articulations des bras et des jambes. Il en a fallu des analyses et des radios pour arriver au diagnostic ! Tous les jours je me réveille rouillée et c’est très douloureux… Les séances de rééducation m’aident à limiter l’enraidissement et grâce à un traitement de fond (biothérapie), l’évolution de l’atteinte articulaire est ralentie et je me sens mieux, mais ce sont de nouvelles contraintes et la surveillance doit être régulière. »
 
Marine, 35 ans.
 

L’avis du spécialiste : Pr Maxime Dougados, chef du service de rhumatologie de l’hôpital Cochin (Paris).

 
Polyarthrite rhumatoïde, participation des malades
« Quatre études européennes ont montré que les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde étaient mieux soignés et avaient un meilleur pronostic s’ils étaient suivis régulièrement à l’aide du DAS (Disease Activity Score), score qui permet d’évaluer l’activité de la maladie à partir du nombre d’articulations gonflées et/ou douloureuses, de l’impression du malade et de la vitesse de sédimentation. Une étude a été mise en place début 2011 à l’hôpital Cochin*, impliquant les équipes infirmières de 20 services de dermatologie et un millier de malades, pour voir si les patients formés à évaluer eux-mêmes leur DAS (c’est facile et rapide) améliorent ainsi leur prise en charge. Si l’étude est concluante (les résultats sont attendus prochainement), ce suivi standardisé pourrait avoir un impact positif sur les patients, en les plaçant au cœur de l’équipe soignante. »
 
* Étude COMEDRA (Comorbidities Education Rheumatoid Arthritis), menée avec le soutien des laboratoires Roche et Chugai.

Numéro Septembre 2011

Le magazine Bien-être & Santé est un mensuel gratuit offert à leurs clients par les pharmaciens abonnés uniquement. Pour savoir si votre pharmacie est partenaire, rendez-vous sur le site dédié.

 

Cet article est extrait en exclusivité du magazine Bien-être & Santé - Tous droits réservés

POST-SCRIPTUM

  • INFOS UTILES

    Un livre.
    · Les rhumatismes, mieux les connaître pour mieux les soigner, Dominique Thibaud, éd. Bien-Être & Santé. 14,90 € ;

    Deux associations.
    · Association nationale de défense contre l’arthrite rhumatoïde, 7, rue des Calquières, 34800 Clermont-l’Hérault. N° vert (appel gratuit depuis un poste fixe) : 0 800 001 159. Site Internet : www.polyarthrite-andar.com
    · Association française des polyarthritiques (AFPric), 9, rue de Nemours, 75011 Paris. Tél. : 01 40 03 02 00. Site Internet : www.polyarthrite.org

    Un site Internet.
    · Élaboré par l’équipe du pôle ostéo-articulaire de l’hôpital Cochin (Paris) : www.rhumatismes.net
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