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Recherche médicale en Russie : Interview de Svetlana Vikhrova
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7 décembre 2012
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Jenny, 1 article (Rédacteur)

Jenny

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Recherche médicale en Russie : Interview de Svetlana Vikhrova

Recherche médicale en Russie : Interview de Svetlana Vikhrova

Svetlana Vikhrova vous êtes diplômée d’économie en Russie et vous commencez à être connue dans le financement pour la recherche médicale. Pourquoi cet intérêt ? Quel est votre parcours ?


SV : Après mes études d’économie, je me suis spécialisée dans le management en santé publique. Adolescente je rêvais plutôt d’être trader à la City, mais la vie m’a entraînée sur d’autres chemins. Ma grand-mère, à laquelle j’étais très attachée, a eu un cancer et malheureusement, même si elle est toujours en vie, elle est restée très diminuée. C’est à partir de cet événement que j’ai commencé à m’intéresser à la médecine. Je m’étais sentie tellement impuissante, j’aurais voulu l'aider, lui éviter des souffrances. C’est une des raisons qui m’ont poussée à m’intéresser à la recherche médicale et aux techniques innovantes. Aujourd’hui, je mets toute mon énergie pour aider les chercheurs à importer ces technologies en Russie.



Où en est la recherche médicale en Russie en ce début de 21 ème siècle ?



SV : La recherche médicale est balbutiante. Historiquement, la Russie a été en pointe dans deux domaines spécifique : les recherches sur les bactériophages et la physiologie spatiale. Ce sont les seuls domaines dans lesquels nous sommes véritablement en pointe. Pourtant, nous avons d’excellents chercheurs mais le manque de structures et de financements les ont obligés à s’expatrier. Heureusement, cette situation est en train de changer et j’ai beaucoup d’espoir. Par exemple, l’hôpital Sokolov à Saint-Pétersbourg où je suis chargée de projet est le premier établissement qui dispose déjà de certains types d'équipements novateurs en ce qui concerne le diagnostic et les thérapeutiques en oncologie interventionnelle.


Quels espoirs pouvons-nous fonder sur ces nouvelles techniques ?



Ces innovations-là sont passionnantes et prometteuses, à la fois en ce qui concerne le dépistage et le traitement du cancer lui-même. Savez-vous qu’un million de personnes sont atteintes d’un cancer colorectal chaque année et que 500 000 n’y survivent pas ? C’est un enjeu considérable. Or, aujourd’hui certains types de cancer comme celui du colon ou de l’ovaire peuvent être diagnostiqués avant qu’ils ne causent des symptômes. Les recherches montrent qu’aujourd’hui nous sommes capables d’identifier un certains nombres de bio marqueurs capables d’indiquer un changement dans un processus cellulaire lié à une maladie comme le cancer. Les progrès dans la recherche pour aider les chirurgiens sont plus qu’encourageants. Aujourd’hui encore le seul traitement pour le cancer est la chirurgie. On pourrait même dire que c’est le traitement roi. Or grâce aux marqueurs fluorescents nous pouvons guider la main du chirurgien lors d’une opération du cancer de l’ovaire. L’idée parait très simple mais sa mise en œuvre est un exploit et les résultats peuvent être salvateurs pour des milliers de femmes. Pour résumer simplement, on injecte à la patiente un marqueur fluorescent capable de colorer les cellules cancéreuses, et uniquement celles-ci, en évitant les cellules saines. Sachant qu’en matière de cancer, la réussite du traitement chirurgical dépend de la quantité de cellules cancéreuses retirées, idéalement la totalité, ce procédé est très prometteur.



Comment trouver des financements pour ces recherches et leur mise en application ?



C’est tout l’enjeu. Mais encore une fois, je suis très optimiste. La Russie est un grand marché potentiel et intéresse un grand nombre de sociétés russes ou étrangères. Je suis persuadée que dans les dix années qui viennent nous allons faire des pas de géant.

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