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Rasagiline : un espoir pour limiter la progression de la maladie de Parkinson ?
Rasagiline : un espoir pour limiter la progression de la maladie de Parkinson ?
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7 mai 2013
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Rasagiline : un espoir pour limiter la progression de la maladie de Parkinson ?

Rasagiline : un espoir pour limiter la progression de la maladie de Parkinson ?

Bien qu’il n’existe pas encore de traitements pour ralentir la progression de la maladie de Parkinson, des recherches ont permis de désigner plusieurs pistes prometteuses. Parmi celles-ci se trouve la rasagiline, un médicament commercialisé sous le nom d’Azilect et qui a montré une certaine efficacité.

« Des effets positifs auraient été observés sur les symptômes cliniques lorsque le traitement est prescrit à un stade précoce de la maladie. Les résultats sont plus mitigés si le médicament est pris dans les phases plus avancées », signale le Dr Michel Panisset.

Le chef du Service de neurologie de l'Hôpital Notre-Dame et professeur de clinique à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal a collaboré en 2005 à cette vaste étude internationale menée auprès de milliers de patients atteints de la maladie de Parkinson et dont l'objectif était de comparer l'effet d'un traitement immédiat à la rasagiline avec celui d'un traitement plus tardif sur l'évolution de la maladie. Il s'agit du premier essai clinique qui a montré l'efficacité d'un médicament pouvant limiter l'accroissement des symptômes de la maladie.

À l'occasion d'une conférence présentée le 6 mai au congrès de l'Acfas, le Dr Panisset parlera des données actuelles sur les traitements de la maladie de Parkinson ainsi que du potentiel de la rasagiline comme approche thérapeutique.

Bougez afin de vous protéger

Rappelons que la maladie de Parkinson est une affection dégénérative touchant 1 Canadien sur 100 âgé de 60 ans ou plus, selon Santé Canada. La lésion fondamentale est la dégénérescence des neurones dopaminergiques. Ces neurones produisent de la dopamine, une des substances neuronales qui transmet les informations au système nerveux. Elle intervient notamment à l'échelle des neurones responsables du contrôle des mouvements du corps. Il y a dans la maladie de Parkinson un déficit en dopamine dans le cerveau et cela se manifeste par des tremblements, des troubles du tonus et une akinésie, soit l'incapacité de faire certains mouvements volontaires simples.

La rasagiline est un inhibiteur spécifique de la monoamine oxydase de type B, dont la fonction est justement de freiner l'enzyme qui empêche la dopamine de se dégrader. Ce médicament peut être utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson en monothérapie ou en parallèle avec un autre médicament nommé lévodopa.

À ce jour, les mécanismes d'action de la rasagiline demeurent obscurs. « On ne sait pas pourquoi l'utilisation immédiate de la rasagiline ralentit la progression des signes cliniques de la maladie sur une période de 72 semaines lorsque la dose est de un milligramme, indique le Dr Panisset. Il reste encore beaucoup d'étapes à franchir avant d'envisager le recours systématique à cette approche thérapeutique », prévient-il pour calmer l'enthousiasme que pourrait soulever cette étude.

Le Dr Panisset rappelle que les facteurs responsables de l'incidence du médicament demeurent encore un mystère. Reste aussi à savoir si les avantages peuvent se prolonger au-delà de la période de 72 semaines et à comprendre pourquoi la dose de deux milligrammes n'a pas produit un effet similaire.

Pour l'instant, les médecins et chercheurs engagés dans ce projet de recherche continuent de suivre les sujets de l'étude afin de voir comment évolue la maladie.

Selon le Dr Panisset, l'activité physique demeure à l'heure actuelle le meilleur moyen pour atténuer certains symptômes et ainsi mieux vivre avec la maladie de Parkinson. « Les preuves s'accumulent selon lesquelles l'exercice a des retombées importantes sur les limitations fonctionnelles qui surviennent au cours de la maladie », conclut-il.

Dominique Nancy

Photo : Le Docteur Panisset

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Mots-clés :
Médicaments Parkinson