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Quelle politique de lutte contre les addictions ?
Quelle politique de lutte contre les addictions ?
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14 novembre 2013
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Hélène, 4 articles (Rédacteur)

Hélène

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Quelle politique de lutte contre les addictions ?

Quelle politique de lutte contre les addictions ?

Tabac, alcool, drogues, médicaments, mais aussi jeu, sexe, achats ou travail, la liste des addictions est longue. Face à ces pathologies, différents types de traitements ou de politiques de prévention et des degrés d’engagement divers de la part de l’Etat. Plus dommageable : les politiques publiques relatives à la lutte contre les dépendances manquent souvent de cohérence, alors que la vie de nombreux Français est bouleversée, voire en danger.

D’après l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, 13,4 millions de Français consomment du tabac de manière régulière. Le nombre d’usagers d’alcool s’élève à 8,8 millions, tandis que 1,2 million de personnes fument régulièrement du cannabis. Enfin, pour ce qui est de la dépendance aux jeux d’argent, la prévalence équivaut à environ 2% de la population adulte. A ces chiffres, déjà préoccupants, il faut ajouter ceux des autres types de dépendance, qui ne sont pas considérés comme des maladies à proprement parler et qui ne font donc pas l’objet de traitements spécifiques.
 
Concernant la lutte contre le tabac, le Gouvernement a, à l’image de nombreux pays européens et occidentaux, pris un grand nombre de mesures visant à réduire la consommation et les possibilités de marketing des cigarettiers. Des hausses régulières des prix du tabac, l’interdiction de vendre du tabac aux mineurs, l’interdiction de fumer dans les lieux publics, ou encore l’ajout de messages de prévention écrits et visuels sur les paquets font partie des mesures les symboliques ayant été prises au cours des dernières années.
 
Néanmoins, tout comme pour les boissons alcoolisées, l’Etat doit mettre en balance sa politique de santé publique avec ses recettes fiscales très importantes. C’est certainement pour cette raison que le Gouvernement a longtemps rechigné à augmenter le prix du paquet de cigarettes de 10% ou plus, soit le seuil à partir duquel la réduction de la consommation est effective.
 
En revanche, la politique relative à la toxicomanie ne souffre pas de cette contradiction. Cannabis, cocaïne, héroïne ou crack sont des substances interdites sur lesquelles l’Etat ne gagne donc pas d’argent. Pour autant, cela ne facilite pas les programmes de réduction de la consommation. Pour le cas spécifique des opiacés – consommés par quelque 200 000 Français – plusieurs visions s’affrontent. La première est celle de la répression. Les toxicomanes peuvent être condamnés à des peines de prison pour consommation de substances illicites. Tandis que la seconde vise à venir en aide aux toxicomanes et à leur offrir des possibilités de guérison.
 
Tel qu’ils ont été menés en France ces dernières années, ces deux types de politiques ont révélé leurs faiblesses. La pénalisation n’a pas permis de baisser la consommation de drogues alors que la prison est un environnement favorisant plus l’initiation que l’arrêt des psychotropes. Quant à l’option plus libérale d’aide au sevrage, elle a révélé aujourd’hui son inefficacité : les toxicomanes sont des patients atteints d’une pathologie. Les médicaments de substitution sont souvent détournés de leur utilité première, tout comme les programmes de prévention et de guérison ont manqué de moyens, de cohérence et de consensus.
 
La controverse actuelle sur la possible ouverture d’une « salle de shoot  » boulevard de la Chapelle à Paris n’est que le dernier exemple d’un clivage gauche/droite contreproductif. Ces « salles de consommation à moindre risque » sont pourtant la première mesure concrète formulée depuis longtemps. Et elles auraient le mérite d’offrir un environnement plus sûr pour les personnes dépendantes tout en les écartant de la voie publique. Un pays comme le Canada a prouvé les mérites de ce modèle, qui est malheureusement un instrument de politique politicienne en France.
 
Or en l’absence d’un consensus politique fort sur un sujet aussi complexe que les addictions, il est peu probable qu’une solution satisfaisante puisse émerger. Ce qui est d’autant plus regrettable que médicalement les professionnels s’accordent sur la nécessité d’apporter des soins aux personnes dépendantes. Sans suivi thérapeutique et psychiatrique, il sera difficile de répondre à cet enjeu majeur de santé publique.
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