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Que peuvent cacher les troubles du langage ?
Que peuvent cacher les troubles du langage ?
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31 juillet 2012
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Lou84, 1 article (Rédacteur)

Lou84

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Que peuvent cacher les troubles du langage ?

Que peuvent cacher les troubles du langage ?

L’usage de la parole ou du langage semblent des évidences pour l’être humain qui naît avec cette faculté de s’exprimer naturellement. Mais que se passe-t-il lorsque ce mécanisme se bloque, ou ne répond plus à son utilité principale, celle de communiquer avec les autres ? Ces troubles sont-ils bénins ou cachent-ils des maladies plus graves ?

L’apprentissage de la parole

 
Des premiers gazouillis à la maîtrise, vers 5 ans, de l’articulation de plusieurs syllabes, l’apprentissage du langage chez l’enfant se déroule en plusieurs étapes. Elles sont accompagnées par l’adulte qui lui parle, lui raconte des histoires, et enrichit son vocabulaire. Ce parcours initiatique peut néanmoins rencontrer des troubles de l’élocution comme le bégaiement. Ceux-ci doivent être pris en compte rapidement et peuvent être résolus vers l’âge de 5-6 ans par une rééducation orthophonique. D’autres sont cependant plus graves.
 
Chez l’enfant, la dysphasie par exemple est un trouble du langage qui handicape fortement sa scolarité et ses premiers pas dans la vie sociale. Sur le site e-sante.fr, le Dr Sylvie Coulomb en donne la définition : «  Il s'agit d'une maladie probablement liée à une lésion des centres du langage dans le cerveau, mais la cause exacte n'est pas connue. Elle touche 1% des enfants en âge d'être scolarisés, les garçons plus souvent que les filles. Le langage de l'enfant dysphasique ne se développe pas normalement, ce déficit se manifestant de façon plus ou moins importante et sous des formes diverses : paroles indistinctes, expression télégraphique ou par mots isolés, troubles de la syntaxe, trouble de la prononciation, manque du mot, compréhension partielle du langage oral, etc. »
 
 

Le langage est indispensable

 
Pourtant, la maîtrise du langage est primordiale pour l’accomplissement de l’être humain. Ses facultés à s’exprimer et à communiquer avec les autres dès le plus jeune âge sont une des bases du comportement social. Selon le biologiste philosophe Georges Chapouthier , « il existe un enracinement très fort du langage humain dans les phénomènes de la vie », et il considère que «  l’être humain est doté d’un “super-cerveau” extrêmement performant, divisé en deux hémisphères qui ont développé d’étonnantes capacités propres. Ce qui fait que l’être humain est devenu un « virtuose » dans le maniement des langues.  » Encore faut-il connaître le mécanisme du langage car si la bouche et le pharynx nous permettent d’exprimer un son, le cheminement de la pensée et l’expression de mots est un processus beaucoup plus complexe dans lequel le cerveau joue bien évidemment un rôle déterminant.

 

Les adultes et le langage

 
Chez la personne adulte, le langage est essentiel pour la vie familiale, ou l’insertion dans le milieu professionnel et social. Mais cet outil de communication indispensable à toute relation humaine peut être atteint par des troubles passagers ou persistants, dus à des accidents de la vie qui atteignent les centres neurologiques. On y retrouve le bégaiement, mais aussi les conséquences d’une hémiplégie, celles d’un accident vasculaire cérébral, ou les symptômes d’une démence sénile chez les personnes âgées.
 
Le travail de rééducation est alors un long parcours qui s’apparente souvent à l’apprentissage initial du langage. A chaque cas, les actes d’orthophonie seront adaptés. Pour l’AVC, il s’agira d’aider à la démutisation et à gérer l’angoisse du patient face à ses difficultés. Le malade atteint de Parkinson sera aidé pour retrouver, à travers des techniques respiratoires, le contrôle volontaire du langage qui lui fait défaut. Dans un rapport publié en 2007 consacré à l’orthophonie, la Haute Autorité de Santé expliquait que «  Les objectifs de la rééducation orthophonique visent d’une part à maintenir une communication verbale compréhensible, en axant les exercices sur la coordination pneumophonique et le souffle, les mouvements linguaux et labiaux, les exercices articulatoires. D’autre part, elle contribue à la mise en place des différentes techniques de communication alternative permettant de conserver une possibilité de communication avec leur environnement chez des patients, dont les capacités motrices et verbales sont totalement déficientes. »
 
 

La perte du langage

 
Il est une autre période de la vie où les troubles de langage peuvent prendre une tout autre signification. Les malades d’Alzheimer ont certes des symptômes très connus comme la perte de mémoire ou le trouble du comportement mais il existe une autre conséquence de cette maladie qui est l’aphasie. Une situation qui nécessite une attention particulière pour garder le contact avec lui. Pour Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale à l’université de Paris Sud interviewé sur le site Alzheimer-infos, «  il faut que le patient se sente accompagné dans l’épreuve, reçoive la promesse qu’il sera toujours reconnu pour ce qu’il est, puisse continuer à se sentir unique aux yeux d’une personne. » Et le spécialiste, de poursuivre : « il faut respecter la position du malade : ce dernier pourra soit avoir besoin de se confier rapidement pour trouver du soutien, soit vouloir préserver une image « intègre » de sa personne le plus longtemps possible. »
 
Lorsqu'il est atteint d'aphasie, le malade éprouve non seulement des difficultés à s’exprimer mais aussi à comprendre le langage des autres. Le Figaro Santé décrit ainsi cet état : « Cette aphasie s'installe progressivement. Au début de la maladie, ce sont les phrases longues et compliquées avec un vocabulaire élaboré qui posent problème pour la compréhension. Par la suite, même des phrases simples deviennent difficiles à comprendre. On remarque que la production de langage est plus laborieuse car la personne cherche ses mots et que son vocabulaire se réduit. L'évolution de la maladie peut entraîner une perte de la quasi-totalité du vocabulaire et le langage se résumer à l'utilisation d'un seul mot ou d'un jargon peu compréhensible. » La perte des facultés intellectuelles aggrave l’état du patient qui s’enferme dans son corps et son cerveau ne peut plus donner de sens aux mots qui lui restent dans son vocabulaire. Les thérapies d’accompagnement et les médicaments qui agissent sur des neurotransmetteurs du cerveau n’y pourront rien. Une situation difficile pour le malade qui, en raison de sa perte d’autonomie, doit alors être totalement pris en charge par son entourage et le monde médical. 
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