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Quand la peau est malade…Profitez des progrès !
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12 juillet 2011
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Bien-être et santé, 172 articles (Magazine Santé)

Bien-être et santé

Magazine Santé
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Quand la peau est malade…Profitez des progrès !

Quand la peau est malade…Profitez des progrès !

Mis à part les mélanomes, les maladies de peau ne font pas mourir, mais sont inesthétiques, difficiles à contrôler et à vivre. Heureusement, les traitements sont aujourd’hui plus nombreux et ont bien progressé ces dernières années.

La peau est une barrière extraordinairement efficace qui nous protège de toutes sortes d’agressions extérieures mais, comme tous les organes, elle est sujette à des maladies plus ou moins graves, mais souvent à composante génétique.

 

L’acné juvénile

Sept adolescents sur dix, filles et garçons, souffrent d’acné, plus ou moins et plus ou moins longtemps, mais ce cap est très souvent mal vécu. Pour le Pr Michel Botbol, pédopsychiatre à Paris, cette maladie « affichante » et inesthétique suscite deux types de réactions : « L’ado cristallise tout sur ses imperfections, même minimes, ne voit que ça, dramatise. Ou bien, paradoxalement, minimise, joue l’indifférence, se cache. Les troubles sont parfois profonds, anxiété, obsession, dépression, et l’acné peut renforcer le manque de confiance en soi et retentir sur une vie amoureuse à ses débuts. » Pourtant, un ado sur deux ne consulte pas de médecin et ne se traite donc pas correctement, même quand l’acné est importante, au risque de garder des cicatrices, plus difficiles à faire disparaître.

  • La poussée des boutons d’acné s’explique par le bouleversement hormonal propre à cet âge. L’augmentation de la sécrétion d’androgènes, hormones masculines présentes chez les garçons mais aussi chez les filles entraîne une hyperséborrhée, accroissement de la production de sébum. C’est donc sur les zones de peau riches en follicules pilosébacés, essentiellement sur le visage (menton, nez, front) mais aussi le dos, les épaules, le torse que se forment les boutons. Le sébum s’accumule et, mélangé à des cellules, a du mal à s’écouler à la surface de la peau. D’où la formation de comédons, ouverts, points noirs, ou fermés, blancs. Des bactéries, habituellement présentes en petit nombre se multiplient alors allègrement dans ce milieu favorable, gras et privé d’oxygène, ce qui provoque des lésions inflammatoires disgracieuses  : papules, pustules et, un cran au-dessus, nodules.
  • D’autres facteurs jouent : l’hérédité, le soleil, le stress mais aussi le tabac chez les adultes (smoker’s acne) : la nicotine augmentant la production de sébum et l’épaisseur de la couche cornée.
Les traitements, par voie locale ou orale (antibiotiques, isotrétinoïne), sont aujourd’hui bien codifiés selon le stade de l’acné. Mais, légère ou grave et même bien traitée, l’acné nécessite toujours des soins d’hygiène avec des produits adaptés, à la fois purifiants et apaisants (pains dermatologiques, gels moussants, crèmes, lotions) ce que ne font pas souvent les ados, surtout les garçons.
 
 

Eczéma en augmentation

En hausse constante, comme toutes les maladies allergiques, rhinite, asthme, allergie alimentaire, à cause des changements de notre environnement, la dermatite atopique, ou eczéma, se développe malgré tout sur un terrain génétique prédisposé. Elle touche aujourd’hui 20 % des enfants, surtout avant 2 ans. Elle peut se prolonger au-delà de la puberté, apparaître ou resurgir tardivement, sous une forme souvent plus handicapante. Rougeurs parfois suintantes, démangeaisons, plaques de peau sèche (dartres), l’eczéma n’est pas simple à soigner mais, comme toutes les maladies chroniques, il peut être contrôlé par une bonne gestion au quotidien. Les crèmes à base de corticoïdes sont efficaces, à condition de bien respecter la durée du traitement et le nombre d’applications quotidiennes à diminuer progressivement. Pour calmer les démangeaisons, une solution désinfectante et un antihistaminique sont parfois nécessaires. Si l’eczéma est infecté, antibiotiques ou antiviraux s’imposent.
 
Particulièrement pénible, l’eczéma chronique sévère des mains (avec fissures, douleurs, perte de sensibilité parfois) est dû, dans 50 % des cas, au maniement de détergents, de produits chimiques ou nettoyants, aux frictions répétées… ; c’est d’ailleurs l’une des maladies professionnelles les plus fréquentes. Mais aujourd’hui, en cas d’échec des dermocorticoïdes puissants, un traitement par voie orale sur prescription (c’est le premier), dérivé de la vitamine A, donne de bons résultats. Dans tous les cas, des soins d’hygiène doux et hydratants sont indispensables.
 
 

Psoriasis, des progrès !

Les plaques de psoriasis démangent moins que celles d’eczéma mais la maladie est souvent difficile à vivre. Les plaques inesthétiques sont caractéristiques, du moins chez les adultes : rouges ou roses et squameuses, parfois même croûteuses, plus ou moins étendues, limitées aux coudes et aux genoux, au cuir chevelu ou aux ongles, ou au contraire diffuses. La maladie peut débuter n’importe quand, dans plus d’un tiers des cas dans l’enfance ou l’adolescence, souvent après un événement perturbant (abandon, maladie grave ou décès d’un proche, rupture) mais, là aussi, il faut une prédisposition génétique. Pas de solution standard et définitive, mais plusieurs types de traitement, adaptés à la gravité, à l’étendue du psoriasis et à son retentissement sur le vécu de la personne. Depuis quelques années, la panoplie s’est étoffée.
  • Aux crèmes et lotions à base de corticoïdes ou de vitamine D, souvent associées, et aux traitements systémiques classiques par voie orale (méthotrexate, acitrétine) se sont ajoutées récemment les biothérapies. Plus efficaces, réservés aux formes modérées à sévères car ils nécessitent une surveillance rigoureuse (dosages biologiques), ces nouveaux traitements issus de la biologie moléculaire bloquent la formation des lésions en ciblant divers stades du processus immuno-inflammatoire responsable de la formation des plaques. Les biothérapies actuellement disponibles (en injections sous-cutanées), qui ont été prescrites initialement en milieu hospitalier, sont les anti-TNF alpha et les inhibiteurs d’interleukine, mais d’autres sont en cours d’étude.
  • La puvathérapie (rayons ultraviolets), efficace à raison d’une vingtaine de séances, 3 ou 4 par semaine chez un dermatologue équipé, reste prescrite, mais on ne peut pas multiplier les séquences à vie à cause du risque de cancer cutané.
  • Les cures thermales (eaux riches en sélénium, arsenic, bicarbonate de soude, sodium ou soufre) ne permettent pas de guérir, mais gardent leur intérêt, car elles apprennent à gérer activement la maladie. Neuf stations possibles en France : La Roche-Posay, Avène, Saint-Gervais, Uriage, Rochefort-sur-Mer, Neyrac-les-Bains, Molitg-les-Bains, Les Fumades, La Bourboule. L’Assurance maladie et les mutuelles prennent en charge les soins thermaux.
Un conseil : méfiez-vous des produits non médicamenteux « naturels » vendus sur Internet. Ils promettent des miracles, mais ont au mieux un effet placebo et surtout, comme ils ne sont pas contrôlés, ils peuvent être toxiques.
 
 

Non aux cancers cutanés

Depuis la mode du bronzage, le nombre de cancers cutanés ne cesse d’augmenter (7 000 nouveaux cas par an), en dépit des campagnes d’information régulières. Gare aux mélanomes, mortels quand ils ne sont pas découverts tôt. Selon le Dr Caroline Robert, chef du service de dermatologie de l’Institut Gustave Roussy (Villejuif), la recherche a cependant progressé ces dernières années. « Deux types de traitements ont démontré leur efficacité : un anticorps qui augmente l’efficacité du système immunitaire pour combattre le cancer et une thérapie ciblée sur des anomalies moléculaires présentes dans la moitié des mélanomes. » Cela dit, ce cancer reste très dangereux. Choisissez une crème à indice de protection élevé, surtout si votre peau est claire. En même temps, vous éviterez d’autres tumeurs cancéreuses (carcinome épidermoïde ou, moins agressif, carcinome basocellulaire) ou précancéreuses (kératoses actiniques). Le soleil oui, mais sans excès.
 
Lucile Dautrement
 

Le conseil du pharmacien : Traiter le psoriasis en douceur

 
  • Suivez bien la prescription du dermatologue en traitement d’attaque puis en entretien (dose et rythme sont différents) et même si les lésions ont disparu, n’arrêtez pas sans avoir le feu vert.
  • Utilisez des produits de toilette doux, pour peaux fragiles (pain ou gel sans savon). Évitez les bains, l’eau très chaude ou très froide qui assèchent ; les douches tièdes sont préférables. Séchez la peau en la tapotant, sans frotter.
  • Les soins hydratants quotidiens (crème, baume, lait corporel) sont essentiels, ils atténuent les démangeaisons, assouplissent la peau et améliorent les plaques.
  • Utilisez une crème solaire d’indice de protection élevé, surtout en cas de poussée.
  • Le maquillage permet de cacher les imperfections, mais pas n’importe lequel : stick correcteur vert pour les plaques rouges ou roses à appliquer en tapotant, puis fond de teint compact très riche en pigments (avec une éponge ou le bout des doigts), plus efficace et de meilleure tenue, et poudre pour fixer la correction.

 

Le point sur la recherche

 
  • Acné
Contrairement à ce que l’on a longtemps pensé, il n’y a aucun lien entre le chocolat et l’acné. Cela dit, les chercheurs se penchent à nouveau sur le rôle joué par l’alimentation et suivent deux pistes : le sucre et le lait. Certaines populations ont en effet connu l’acné après avoir découvert le sucre et, aux États-Unis, les femmes qui boivent beaucoup de lait ont davantage d’acné.
  • Hémangiome
Un nourrisson sur dix est touché par un hémangiome, une anomalie cutanée vasculaire en forme de fruit rouge (fraise) ou de tache de vin. Il se résorbe le plus souvent, mais dans 10 % des cas, s’ulcère, touche les yeux, déforme le visage ou provoque des hémorragies internes. Bonne nouvelle : la découverte fortuite en 2007 de l’effet d’un médicament (un bêtabloquant, le propranolol) sur les hémangiomes infantiles a conduit les laboratoires Pierre Fabre à entreprendre des études cliniques dont les premiers résultats sont très prometteurs*.
 
* Renseignements sur www.notre-recherche-clinique.fr
 

L’avis du spécialiste

Dr Philippe Beaulieu, dermatologue, président de la Fédération française de formation continue et d’évaluation en dermatologie-vénérologie. (FFFCEDV)

 
Acné tardive : pourquoi ?

« Si l’acné juvénile régresse généralement en quelques années, l’acné dite tardive touche 20 à 30 % des femmes de 25 à 40 ans et semble en augmentation. Il s’agit soit d’une acné persistante apparue pendant l’adolescence, avec des poussées en période prémenstruelle ; soit d’une acné sans antécédent, souvent inflammatoire et localisée au bas du visage avec, là aussi, des poussées chaque mois ; soit encore d’une acné qui rechute après plusieurs années de rémission. Il faut rechercher la cause, mais elle n’est pas toujours identifiée : un stérilet délivrant des hormones (dans ce cas il faut l’enlever), l’arrêt de la pilule (dans le mois qui suit), une maladie hormonale, métabolique, un médicament… Il existe aussi des facteurs favorisants comme l’obésité ou le surpoids. »


Numéro Juillet 2011

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Cet article est extrait en exclusivité du magazine Bien-être & Santé - Tous droits réservés

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  • Infos utiles
    L’Association pour la lutte contre le psoriasis (APLCP) est très dynamique. Brochures sur demande, newsletter, Pso magazine, trimestriel pour les adhérents. Accueil dans ses locaux du lundi au vendredi (9 heures à 17 heures), 53 rue Compans, 75019 Paris.
    Tél. : 01 42 39 02 55. Site Internet : www.aplcp.org
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