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Quand l’hémochromatose provoque des troubles sexuels
Quand l'hémochromatose provoque des troubles sexuels
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23 mai 2014
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Association Hemochromatose France, 4 articles (Association)

Association Hemochromatose France

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Quand l’hémochromatose provoque des troubles sexuels

Quand l'hémochromatose provoque des troubles sexuels
L’Hémochromatose est la première maladie génétique en France. Elle touche 1 personne sur 300 soit environ 180.000 à 200.000 personnes concernées et qui ne le savent pas pour la moitié d’entre elles. Elle provoque une surcharge en fer, (trop de fer dans l'organisme), due à un gène muté : la personne accumule insidieusement le fer milligramme par milligramme dès sa naissance sans s’en rendre compte. Si le dépistage n’est pas fait à temps, la personne peut développer de graves complications handicapant sa vie de façon définitive : douleurs articulaires, grande fatigue, dépression et pour les cas plus graves cirrhose du foie et cancer du foie, diabète, qui engendrent souvent une mort prématurée.
Le manque de libido et l’insuffisance d’érection font partie des nombreux problèmes provoqués par cette maladie.
 

Les troubles sexuels peuvent être dus à une Hémochromatose Génétique

 
Les troubles sexuels de l’homme comportent le manque de désir, les troubles de l’érection, les éjaculations trop rapides ou trop lentes, l’insuffisance ou absence « du plaisir » (orgasme).
Nous centrerons nos réflexions sur l’insuffisance d’érection. Dans le domaine épidémiologique, les études permettent de mieux la définir, de préciser sa prévalence (très élevée : 43 % dans l’Hémochromatose Héréditaire d’après l’étude sur le prix de revient de l’Hémochromatose Héréditaire), son incidence corrélée avec l’âge, sa valeur de marqueur de l’état de santé global, ses facteurs étiologiques et ses facteurs de risque.
 
Tout d’abord, l’Hémochromatose Héréditaire est méconnue en tant que telle dans la liste des facteurs de risque connus qui sont :
-L’hypertension artérielle et l’insuffisance cardio-vasculaire ; le tabagisme, le diabète, l’obésité, la sédentarité, les hyperlipidémies, les dyslipidémies.
-Les facteurs de risque non vasculaires : hormonaux, troubles prostatiques bénins, la fibrose des tissus érectiles de la verge, les traumatismes de la verge, les troubles du sommeil psychologiques et psychiatriques et les états de fatigue chronique.
-Les facteurs iatrogènes : médicaments, chirurgicaux ou radiothérapiques.
-Les facteurs de risque non médicaux (en particulier l’âge), environnementaux.
 

Les causes des troubles de l’érection dans l’hémochromatose héréditaire

 
En réalité, dans l’Hémochromatose Héréditaire, il peut y avoir plusieurs causes qui sont toujours secondaires. Le malade a connu une période de vie sexuelle normale habituellement. Parmi ces causes :
 
-La surcharge en fer au niveau de l’hypophyse et/ou des testicules mêmes peut entraîner un hypogonadisme d’origine centrale (si hypophyse atteinte) ou d’origine périphérique (si testicules atteints) avec diminution de la testostéronémie. C’est une indication rare mais précise qui peut faire discuter le dosage de la testostéronémie (hormone fabriquée par le testicule) et l’administration de testostérone (sous surveillance).
 
-L’asthénie, tout court, peut être surtout sexuelle et révéler l’hémochromatose. La dysfonction sexuelle pourrait être retenue comme un marqueur clinique de l’état de santé. Les saignées, efficaces sur le plan général, ont donc tout leur intérêt dans ce cas.
 
-Le diabète sucré, complication de l’hémochromatose, entraîne des facteurs de risque propres, à la fois vasculaires, neurologiques, hormonaux mais aussi psychologiques.
 
-Souvent en plus l’anxiété, la dépression, consécutives à la fatigue, à la prise de conscience de la maladie chronique, aux difficultés socio-économiques agissent comme facteurs aggravants.
 
En dehors de la prise en charge spécifique de l’hémochromatose (saignées), le patient présentant une dysfonction érectile peut bénéficier des progrès récents tout en sachant que les causes sont le plus souvent multi-factorielles.
 

La consultation médicale est nécessaire

 
L’écoute du patient (difficile pour le malade de parler de ce problème), l’examen clinique permettent de recentrer les rares examens complémentaires nécessaires : évaluer la participation psychologique, les facteurs organiques, rassurer le patient prend du temps mais s’appuie sur les nombreuses possibilités thérapeutiques qui redonnent de l’espoir. Même si des causes organiques précises existent, la prise en charge de l’élément psychologique est souvent nécessaire.
 

Les traitements

 
Les traitements pharmacologiques efficaces ont pris leur essor à partir de 1981 avec la démonstration de la possibilité de provoquer une érection en injectant de la Papavérine directement dans les corps caverneux (Dr VIRAG). Ce fut ensuite la mise au point des alpha-bloquants puis des Prostaglandines, toujours en intra-caverneux. Mais auparavant il y a eu d’autres traitements par :
 
-Hormone de substitution (au défaut de testostérone) : injection intramusculaire de testostérone (Androtardyl R 250 mg une fois par mois mais il faut surveiller la prostate et le foie (risque de cancer à long terme). Plus récemment Andractim et Androgel R.
-Auto-injections intracaverneuses faites par le sujet lui-même après essai. Le sujet s’injecte des prostaglandines E1 ; résultats variables ; complications minimes.
-Aide mécanique à l’érection : création d’un vide à l’intérieur d’un cylindre où le patient a introduit la verge. La rigidité de la verge est obtenue par un afflux de sang. On met un anneau de latex à la base du pénis pour maintenir l’érection.
-Prothèses péniennes (implantées dans la verge) soit semi-rigides ou hydrauliques après destruction du tissu érectile. Les résultats sont variables.
-Surtout par voie orale, le grand progrès est le fait des inhibiteurs de la phosphodiestérase. Il existe d’abord le Sildenafil (Viagra R) dès 1998, puis d’autres molécules de ce type : Cialis (Tadalafil), Levitra R (Vardenafil). Ces substances sont bien tolérées sauf chez les malades qui prennent des dérivés nitrés pour leur cœur (contre-indication formelle).
 
Des applications intra urétrales ou percutanées sont aussi proposées et même, dans l’avenir, des thérapies géniques.
 
Des possibilités réelles de prise en charge de ce trouble fréquent chez l’Hémochromatose Héréditaire mais souvent méconnue ou cachée existent. C’est dans le dialogue au sein de son couple, avec son médecin, avec un spécialiste, que pourra s’établir une évaluation des troubles, des facteurs de risque et que des traitements adaptés en fonction des situations cliniques, psychologiques et organiques intriquées, des souhaits de traitement ou non, pourront être proposés. Finalement c’est l’un des éléments indispensables de la vie d’aujourd’hui, celui de la communication.
 
Les malades hémochromatosiques doivent consulter leur généraliste qui les adressera, s’il le juge utile, à un sexologue ou urologue… En effet une prise en charge médicale, est nécessaire car ces troubles doivent être pris en charge par un médecin. 

POST-SCRIPTUM

  • Pour la onzième édition, l’Association Hémochromatose France organise la 
    SEMAINE NATIONALE DE SENSIBILISATION À L’HEMOCHROMATOSE du 2 au 7 juin 2014. 

    Plus d’infos sur www.hemochromatose.fr

    Une conférence sur l’Hémochromatose génétique à Paris sera organisée le samedi 7 juin – de 15h à 17h à la Faculté de Médecine Pierre et Marie Curie.
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