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Procès de l’amiante : Après l’Italie, la France ?
Procès de l'amiante : Après l'Italie, la France ?
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15 février 2012
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Procès de l’amiante : Après l’Italie, la France ?

Procès de l'amiante : Après l'Italie, la France ?

Le tribunal de Turin a condamné, le 13 février dernier, à 16 ans de prison les deux accusés Stephan Schmidheiny et Jean-Louis De Cartier de Marchienne, qui furent aux manettes du groupe Eternit. Les intéressés ont été jugés responsables de la mort de 3 000 personnes en Italie. Initié en 2009, ce "procès italien de l’amiante" est le plus grand jamais organisé sur la "fibre tueuse". Les associations parlent d’« un espoir pour toutes les victimes de l’amiante dans le monde ».

La chaîne des Alpes débute au pied de Turin. Mais les centaines de proches de victimes de l’amiante qui s’étaient rendues au tribunal de la ville n’ont pas eu besoin de l’écho des montagnes pour entendre le son du couperet, et s’en féliciter. Le 13 février dernier, la justice italienne y a condamné à 16 ans de prison les deux accusés du procès d’Eternit : Le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, 65 ans, et le baron belge Jean-Louis de Cartier de Marchienne, 90 ans. Techniquement, ils sont condamnés pour « catastrophe sanitaire et environnementale permanente et infraction aux règles de sécurité au travail ». En clair, ils sont tenus pour responsables du décès de 3 000 personnes en Italie, ouvriers ou habitants de villes où étaient implantées les usines d’Eternit Italie.

Sergio Bonetto, un des avocats des parties civiles, a estimé que le verdict rendu représente « une sentence très équilibrée qui reconnaît la responsabilité des deux accusés » tout en se demandant si les deux intéressés feront face à leurs obligations car « ils ont la possibilité de faire appel et aller jusqu’en cassation, ce qui pourrait retarder un jugement définitif  ». Le ministre de la Santé italien, Renato Balduzzi, s’est lui aussi félicité de la sentence rendue, « qui constitue un événement historique, et salue la longue bataille que l’Etat a mené aux côtés des victimes ». Quant au quotidien de gauche Il Manifesto, qui se dit soulagé par le jugement, il imprime qu’« on ne peut impunément sacrifier la santé des travailleurs dans une pure logique de profit  ». Après avoir rendu le verdict, le président du tribunal, Giuseppe Casalbore, s’est levé pour communiqué une longue liste de parties civiles qui se verront attribuer des dédommagements, le montant total s’élevant à plusieurs dizaines de millions d’euros.

Pour afficher leur solidarité aux disparus italiens, les membres d’associations de victimes d’amiante avaient fait le déplacement depuis d’autres pays, du Brésil, des Etats-Unis, de Belgique, du Royaume-Uni, mais surtout de France. Et c’est dans l’hexagone que Pierre Pluta, président de l’Andeva (Association Nationale de Défense des victimes de l'amiante en France), entend fédérer cette solidarité internationale. A l’énoncé du verdict de Turin, ce dernier a précisé lors d’un point presse qu’« il a été décidé à Casale Monferrato de poursuivre nos efforts internationaux. Les 12 et 13 octobre 2012, devra se tenir un rassemblement international des associations de victimes de l'amiante à Paris ». Dans cet élan, l’avocat français Jean-Paul Teissonnière en vient même à se demander « pourquoi ce qui est possible en Italie ne serait pas possible en France ».
 

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