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Prévention, dépistage, traitements : des droits de femmes
Prévention, dépistage, traitements : des droits de femmes
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8 mars 2011
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Catherine Cerisey , 45 articles (Rédacteur)

Catherine Cerisey

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Prévention, dépistage, traitements : des droits de femmes

Prévention, dépistage, traitements : des droits de femmes

La journée internationale de la femme concerne près de la moitié de la population mondiale soit plus de 3 milliards d’êtres humains.

Et parmi elles, une femme meurt chaque minute, foudroyée par un cancer du sein.

Or si l’on peut considérer que les droits des femmes ont fait quelques progrès en plusieurs décennies, force est de constater que nous n’avons pas beaucoup avancé sur ce sujet !

A ce jour, la science est incapable de déterminer les facteurs de risques de ce fléau mondial. Le seul indiscutable est celui d’être née femme. (99% des personnes touchées par un cancer du sein sont de sexe féminin). Le reste est nébuleux, controversé, discuté : hérédité, pilule, style de vie, alcool, tabac, obésité, environnement, alimentation, traitements hormonaux, produits chimiques … bon nombre de choses sont avancées mais rien n’est avéré. Les études suivies de leurs controverses se disputent la une des journaux.
Pourtant nous sommes en droit de réclamer des informations fiables sur les produits et les comportements qui sont d’ores et déjà considérés comme potentiellement dangereux. Il est aberrant, par exemple, d’attendre des années avant qu’une substance soit retirée du marché alors que des doutes existaient depuis longtemps. Dès qu’il y a suspicion, il doit y avoir information ! Mais il faut malheureusement constater que le cancer est une maladie multifactorielle dont on connaît peu de choses, et si, nous nous accordons tous à penser qu’ »il vaut mieux prévenir que guérir », nous en sommes bien incapables pour l’instant !

La seule arme dont nous disposons est donc le dépistage. Parce qu’un cancer dépisté tôt se soigne mieux. Or le cancer du sein touche toutes les femmes : petite, grande, mince ou ronde, brune, blonde ou rousse, pauvre ou encore riche ; quels que soient la religion, la catégorie socio-professionnelle, la race, le pays d’origine, l’âge, que sais-je encore, le cancer du sein ne fait aucune distinction.
Or les pouvoirs publics de certains pays mettent en place des politiques de dépistage, tandis que d’autres en font l’impasse, faisant fi des réalités ! Et quand il existe, le dépistage systématique prend en compte des incidences obsolètes ! Si la maladie ne touchait que les femmes blanches, occidentales, entre 50 et 74 ans ça se saurait ! Combien de morts seront nécessaires pour que les mesures de santé publique des gouvernements aillent dans le sens des nouvelles données disponibles.
De plus, dans la plupart des pays dans lesquels il a été mis en place, le dépistage systématique commence à 50 ans, pour de multiples raisons dont certaines sont contestables. Mais, soit ! Alors, éduquons nos médecins : tout doute y compris chez une femme jeune doit conduire à faire les examens nécessaires jusqu’à ce qu’il soit entièrement levé. Trop de spécialistes laissent partir des femmes inquiètes en niant leur crainte sous prétexte qu’elles n’ont pas l’âge d’avoir un cancer ! Toutes les femmes doivent pouvoir avoir accès à un dépistage systématique ou individuel. Il sauve des vies ? Oui mais pas celles de toutes !

Dépister, c’est bien, mais quand le cancer est là, il faut le soigner. Encore faut-il pouvoir avoir accès aux soins, et ce n’est pas le cas partout. Dans certains pays, les femmes ne peuvent pas bénéficier des dernières avancées thérapeutiques et meurent encore de cancer curable faute de traitements disponibles ! Pourtant la recherche avance… à petits pas.
La médecine considérait jusqu’à peu que le cancer du sein était une maladie unique soumise donc à des protocoles communs, parfois très lourds inutilement et surtout sans effet sur certaines patientes. Mais durant ces dix dernières années, les chercheurs ont découvert qu’il existe en réalité une multitude de formes de cancer du sein qui, comme on peut aisément l’imaginer, répondent différemment aux traitements. En clair, un protocole qui fonctionnera parfaitement pour l’une sera un échec pour l’autre. De traitements standardisés pas forcément adaptés, on est passé en quelques années à des traitements de plus en plus personnalisés, presqu’ à la carte. Et ce n’est pas fini, parce que la clé est là ! Les chercheurs travaillent en effet aujourd’hui sur le génome humain afin de découvrir d’autres récepteurs spécifiques qui permettront d’aller encore plus loin. Une avancée, dont l’Herceptine est le précurseur. Plus ciblé, le traitement sera d’autant mieux toléré.
Malheureusement, les études sont lentes, onéreuses et mettent un temps fou à passer du stade de la recherche fondamentale à la recherche clinique qui permet aux patients d’en profiter. D’ici là, les femmes seront encore soumises à des traitements barbares, inhumains s’apparentant à une véritable torture !

Prévention, dépistage, traitements font partie de nos droits fondamentaux. Parce qu’au delà des droits sociétaux acquis et à acquérir, celui de guérir, et plus encore celui d’être épargnée par le cancer du sein devrait faire partie des attentes voire des revendications de toutes. Et s’il est une journée pendant laquelle nous nous devons de faire entendre nos voix, c’est bien celle-là. Parce que la vie de chaque femme est précieuse et mérite d’être sauvée !

Catherine Cerisey

POST-SCRIPTUM


  • Article tiré d’un blog éphémère dans lequel 5 femmes touchées par le cancer du sein se sont engagées à l’occasion de la journée internationale de la femme, afin de bousculer quelques idées reçues.
    http://flashblog8mars.wordpress.com

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