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Prendre soin des malades avec de nouveaux outils
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15 décembre 2011
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Le Webzine de l'AP-HP, 323 articles (AP-HP)

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Prendre soin des malades avec de nouveaux outils

Prendre soin des malades avec de nouveaux outils

Les patients du service de réanimation font l’objet d’une surveillance de tous les instants. Afin d’aider les infirmières de l’hôpital Beaujon (AP-HP) qui effectuent ce travail, une étude en cours vise à identifier précocement les patients atteints d’encéphalopathie hépatique dont l’état de santé se dégrade. À la clef ? Ajuster au mieux et plus rapidement la prise en charge de ces patients. Le point sur ce projet, l’un des 5 projets de recherche infirmière de l’AP-HP retenus dans le cadre du Programme hospitalier de recherche infirmière en 2010.

L’insuffisance hépatique est parfois associée à des troubles neuro psychiatriques complexes, d’expression variable, réversibles ou irréversibles, chroniques ou aigus appelés encéphalopathie hépatique. Ces patients atteints d’encéphalopathie hépatique ont retenu l’attention de l’équipe paramédicale de l’unité de réanimation hépato digestive de l’hôpital Beaujon. Leur idée ? Uniformiser, standardiser les soins infirmiers en associant un outil de surveillance et une conduite à tenir auprès de ces malades.

Les pathologies respiratoires associées aux troubles de la conscience sont la conséquence la plus fréquente et la plus grave de l’aggravation de l’état de santé des patients atteints d’encéphalopathie d’origine hépatique. En Grande-Bretagne, le score d’alerte précoce est utilisé pour évaluer l’état de santé d’un patient arrivant aux urgences, « nous sommes partis de ce score et ses critères pour élaborer notre grille de surveillance » déclare Isabelle Villard.

L’outil qu’elle propose est en fait une grille qui sert à repérer plus rapidement ces aggravations. « Pour construire cette grille nous avons demandé aux infirmières ayant une expérience d’au moins 5 ans dans un service d’hépatologie quels étaient selon elles les signes spécifiques de l’encéphalopathie et ceux qui sont prédictifs de l’aggravation de l’état de santé du malade » En y associant des critères issus du score évaluant l’état de conscience des patients en traumatologie (score de Glasgow), l’observateur cote les différents signes. La somme des scores obtenus donne une « note » totale qui traduit un risque d’aggravation de son état de santé.

Commencé depuis le mois de février 2011, l’essai se déroule en deux temps, une étude rétrospective sur 121 dossiers déjà réalisée et une étude prospective en cours sur 121 patients. Actuellement, une vingtaine de patients ont déjà été admis. À terme, il devrait valider de façon scientifique la grille de cotation et peut-être même faire changer les pratiques. « Si cette grille permet vraiment de diminuer les complications respiratoires associées à ce trouble alors nous aurons gagné. Le programme de recherche aura fait évoluer les habitudes » déclare Isabelle Villard.

Pour la suite, on pourrait imaginer que cette démarche puisse inspirer d’autres services puisqu’à partir des signes généraux (score d’alerte précoce et score de Glasgow) et spécifiques d’une maladie, nous pourrions alors adopter une surveillance standardisée. « Cela pourrait même être à l’origine de véritable projet de coopérations entre professionnels, pour améliorer sans cesse la qualité des soins » conclut Mme Villard.

Jérémie Bazart
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