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Pollution atmosphérique : une urgence climatique et sanitaire
Pollution atmosphérique : une urgence climatique et sanitaire
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20 août 2015
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Edouard Savonat, 8 articles (Rédacteur)

Edouard Savonat

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Pollution atmosphérique : une urgence climatique et sanitaire

Pollution atmosphérique : une urgence climatique et sanitaire

A seulement quelques mois de la Conférence internationale pour le climat de Paris, le changement climatique domine l’actualité économique et politique à l’échelle planétaire. La communauté internationale préconise une réduction radicale des émissions de gaz à effet de serre et attend des Etats des engagements concrets. Une bonne chose pour le climat bien sûr mais également pour la santé publique qui souffre fortement des effets de la pollution de l’air en milieu urbain.

La pollution de l’air peut avoir divers effets à court et à long terme sur la santé. En milieu urbain, elle accroît le risque de maladies respiratoires aiguës (pneumonie, par exemple) et chroniques (cancer du poumon) ainsi que de maladies cardio-vasculaires. Différents groupes d’individus sont touchés à des degrés divers par la pollution de l’air. Des effets plus graves sur la santé sont observés chez les personnes déjà malades tandis que les populations plus vulnérables comme les enfants, les personnes âgées et les ménages à faible revenu ayant un accès limité aux soins de santé, sont elles-aussi plus sensibles aux effets préjudiciables de la pollution atmosphérique.

On estime aujourd'hui qu’au niveau mondial, 1,3 million de personnes (plus de la moitié dans les pays en développement) meurent chaque année en raison de la pollution de l’air dans les grandes agglomérations. Il s’agit donc d’un problème majeur de salubrité de l’environnement qui touche aussi bien les pays développés que les pays en développement. Les habitants des villes où l’air est fortement pollué souffrent davantage de cardiopathies, de problèmes respiratoires et de cancer du poumon que ceux des villes où l’air est plus propre.

L'OMS (organisation mondiale de la santé) s’attelle depuis plusieurs années maintenant à identifier et à surveiller les polluants atmosphériques ayant le plus fort impact sur la santé des gens, aidant ainsi les États Membres à concentrer leur action sur les moyens les plus efficaces de prévenir ou de réduire les risques pour la santé. La tâche de l’OMS consiste à examiner et à analyser les données scientifiques accumulées, et à mettre à profit les avis d’experts pour tirer les conclusions sur la mesure dans laquelle les différents polluants atmosphériques affectent la santé, et définir des interventions efficaces.

L'institution internationale préconise dans ce cadre la mise en place à l'échelle locale et nationale de politiques d'amélioration de la qualité de l'air comme la promotion des transports publics, de la marche et du vélo (plutôt que des transports reposant en grande partie sur les véhicules à moteur privés) ; la promotion de centrales énergétiques utilisant les combustibles propres et renouvelables (l'abandon du charbon), et l'amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments et de l’industrie.

En France par exemple, plusieurs agglomérations commencent à étendre les zones d'interdiction aux voitures et à limiter la circulation des poids lourds et autres véhicules très polluants proche des centres urbains. Le gouvernement lui même encourage le renouvellement du parc automobile privé par la mise en place de bonus et d'aides financières pour l'achat de véhicules électriques ou hybrides.

A paris par exemple, les nouvelles mesures de restriction de la circulation ont débuté le 1er juillet dernier avec les autocars et les camions immatriculés avant octobre 2011, désormais interdits d'accès entre 8h et 20h. Suivront d'ici le mois de juillet 2016, les véhicules particuliers et les véhicules utilitaires immatriculés avant janvier 1997, soit respectivement environ 120.000 et 45.000 conducteurs concernés (une voiture sur sept à Paris). Entre 2017 et 2020, l’interdiction deviendra totale pour certains véhicules et sera étendue à des modèles plus récents, jusqu’aux voitures diesel immatriculées avant 2011.

Dans le domaine énergétique, le groupe EDF, premier énergéticien de France, a adopté depuis plusieurs années une nouvelle stratégie industrielle visant à moderniser le parc thermique pour s'adapter à l'évolution de la réglementation environnementale européenne. Ce programme, baptisé plan charbon 2035, prévoit la déconstruction de 7 des 10 unités de production charbon du groupe. Les trois autres situées sur les sites de production thermique du Havre et de Cordemais bénéficient actuellement d'un programme de rénovation et de modernisation leur permettant d'augmenter leur performances techniques et environnementales et de prolonger leur durée d'activité jusqu'en 2035.

Par exemple, en Île-de-France toujours, les unités de production au charbon de Vitry-sur-Seine se sont arrêtées définitivement au printemps dernier pour laisser place aux nouvelles turbines à combustion (TAC) d’Arrighi certifiées ISO 14001. Cette norme internationale atteste l’existence et l’efficacité des démarches environnementales en vigueur, particulièrement en matière de gestion des produits issus du processus de fabrication de l’électricité, des émissions atmosphériques et des rejets aquatiques.

Autant de mesures et actions qui pourraient permettre à terme de ramener les concentrations atmosphériques moyennes annuelles de CO2 à moins de 20 μg/m3, (contre 70 aujourd'hui). Ce taux cible permettrait selon l'OMS d'éviter 15% de la mortalité à long terme due à la pollution de l’air et réduirait de manière significative les maladies respiratoires et cardio-vasculaires. 

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