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Périostite tibiale chez le coureur : causes et solutions
Périostite tibiale chez le coureur : causes et solutions
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5 février 2014 | 1 commentaires
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dbenjamin-podologue, 3 articles (Rédacteur)

dbenjamin-podologue

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Périostite tibiale chez le coureur : causes et solutions

Périostite tibiale chez le coureur : causes et solutions
Comme chaque année, de janvier à mai,on retrouve cette période charnière où les professionnels en médecine sportive sont confrontés aux nombreuses blessures de course à pied. Les premières courses majeures approchant à grand pas, nos runners intensifient leurs entraînements et c’est là que les premiers pépins physiques arrivent.
 
Après avoir parlé des tendinopathies d’Achille et du syndrome de l’essuie-glace nous allons nous pencher sur les fameuses périostites tibiales, cette pathologie qui fait frémir plus d’un sportif lorsqu’il sent que son tibia commence à chauffer.
 

1) Symptomatologie

Contrairement aux croyances populaires du milieu sportif une périostite n’est pas une fracture de fatigue ou une fissuration contrainte de l’os bien que cela puisse le devenir si la périostite n’est pas traitée. C’est une douleur vive pouvant être très invalidante pendant la pratique sportive et qui se situe en regard du tiers inférieur de la face antéro-interne du tibia. Elle apparait de manière progressive au début pendant l’effort sportif et l’apparition sera de plus en plus rapide au cours de la course. Si le sportif persiste dans son entraînement, la douleur deviendra constante et sera handicapante même pour la marche. A la palpation, la douleur est exquise et peut entraîner des réactions vives du patient. En glissant la main le long du tibia, on peut ressentir dans certains cas des houppes liées à la calcification du périoste.
 
Alors qu’est-ce qu’une périostite ? L’os est recouvert d’une pellicule de tissu conjonctif riche en vaisseaux sanguins et en terminaisons nerveuses appelé donc périoste, la périostite est donc une inflammation de ce tissu. La cause de cette inflammation est un excès de traction sur le périoste sur lequel s’insèrent des muscles, des tendons et des ligaments par de solides points d’ancrages.
 

2) Causes

Deux muscles appartenant à la loge postérieur profonde de la jambe sont essentiellement responsables de l’excès de traction amenant les périostites tibiales : le tibial postérieur et le soléaire.

Le tibial postérieur est un muscle que l’on appelle un inverseur pur du pied (pour faire simple c’est LE muscle qui induit le plus de supination du pied), le mouvement d’inversion implique de l’extension, de l’adduction et donc de la supination du pied. Une foulée pronatrice que l’on retrouve chez les coureurs ayant les pieds plats ou un pied valgus (pied hyperpronateur) associé à un midfoot strike (attaque de la foulée médio pied) est le cas le plus fréquent. En effet l’effondrement valgisant du pied (levalgus implique le mouvement d’abduction et de pronation du pied) entraîne un excès de traction excentrique du tibial postérieur qui lui-même tire sur la membrane interosseuse (membre entre le tibia et la fibula) qui s’insère sur le périoste du tibia. Cette membrane peut se détacher partiellement du périoste et présenter des calcifications cicatricielles donnant cet aspect irrégulier lorsqu’on palpe le tibia.

On retrouve un peu la même problématique avec le muscle soléaire qui fait partie du triceps sural et se fond avec le tendon d’Achille. En cas d’excès de pronation du pied, cela entraîne les mêmes effets et les mêmes symptômes.

On retrouve également cette pathologie sur des pied creux présentant une foulée supinatrice associé à une hypo extensibilité tricipitale (muscle du mollet et tendon d’Achille court) entraînant le même type d’excès de traction du soléaire et déclenchant les périostites tibiales. Les impacts et les vibrations lors de la foulée notamment chez ceux ayant une attaque importante du talon peuvent être vécus douloureusement par le patient et être un facteur aggravant de la pathologie.
 
Les facteurs déclencheurs de la pathologie sont souvent un surentrainement et du matériel non adapté. Par exemple des patients réduisant le drop de leur chaussure de manière excessive ou passant aux chaussures minimalistes de manière brutale vont nettement accentuer les contraintes excentriques sur le tibial postérieur et le soléaire et donc favoriser l’apparition de la douleur. Le surpoids peut également être un facteur favorisant ainsi que l’état de forme global du sportif.
 

3) Traitement

Le 1er traitement est bien évidemment le repos. Si vous commencez à ressentir les douleurs, ne vous entêtez pas à continuer et prenez une bonne quinzaine de jours de repos car lorsque cette pathologie est bien installée et persistante, il peut être très difficile de s’en débarrasser. Reprenez tranquillement votre entraînement de manière progressive car cette lésion peut être ponctuelle et simplement liée à un effort trop important. Si la pathologie persiste et est consécutive à un changement de chaussures, revoyez votre matériel et adaptez-le à votre morphologie et votre type de foulée. Si vous n’êtes pas un adepte des étirements et que vous savez pertinemment que vous ne les faites pas très sérieusement, revoyez cette partie-là également.
 
Si malgré tout, les douleurs apparaissent toujours et s’installent, alors il faut débuter le traitement médical. Le traitement de première intention sera de voir avec un podologue du sport votre type de pied et de faire une analyse quantifiée de votre foulée, les semelles orthopédiques s’avèrent le plus souvent particulièrement efficace contre cette pathologie notamment dans la cadre d’une compensation de foulée hyper-pronatrice. Associer le traitement par orthèses plantaires à des séances de kinésithérapie couplant des étirements et des massages transverses profonds réduira l’inflammation du périoste de manière significative. La mésothérapie et la cryothérapie ont également de très bons résultats sur cette pathologie.

Ne négligez pas les périostites tibiales car c’est une pathologie qui peut être très longue à soigner et dégénérer en fracture de fatigue du tibia nécessitant le port de cannes anglaises et un arrêt de sport de plusieurs mois. Un bon podologue, kinésithérapeute et médecin du sport devraient avoir raison des périostites.
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Commentaires
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par Camille (IP:xxx.xx4.218.51) le 6 février 2014 a 15H38
Camille, 453 articles (Rédacteur)

trés bon article, intéressant.