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Péril nucléaire : Quels sont les risques pour la santé ?
Péril nucléaire : Quels sont les risques pour la santé ?
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15 mars 2011
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Péril nucléaire : Quels sont les risques pour la santé ?

Péril nucléaire : Quels sont les risques pour la santé ?

La crise nucléaire s’est aggravée au Japon, et la santé des sauveteurs est désormais mise en danger. Les taux de radioactivité sont dix fois plus élevées que la normale, et plus personne n’écarte le scénario d’un accident nucléaire majeur, déjà classé en niveau 6 sur 7 par la France. De nombreuses interrogations sont par conséquent soulevées sur les répercussions que pourraient avoir ce risque nucléaire pour la santé. La seule évocation de l’irradiation effraie. L’exposition à des rayonnements ionisants peut avoir des conséquences extrêmement graves pour la santé. Selon Patrick Gourmelon, responsable de la radioprotection de l’homme à l’ Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (IRSN), « On peut s’en préserver, dans la mesure du possible, par le biais de trois moyens : le confinement, l’évacuation et l’iode ».

Face aux accidents de Fukushima, le fantôme de Tchernobyl refait surface. Yukio Edano, porte-parole du gouvernement japonais, a expliqué lors d’une conférence de presse que « contrairement à ce qui s'est passé jusqu'ici, il ne fait pas de doute que les niveaux atteints peuvent affecter la santé des êtres humains ». Pour appuyer ces dires, Carole Marchal, spécialiste en médecine nucléaire à l’ASN (Autorité française du Nucléaire) affirme qu’ « en une heure les gens se trouvant à proximité de la centrale de Fukushima ont subi un rayonnement équivalent au maximum annuel d’une population normalement exposée en Europe ». Comme ce fut le cas en Ukraine il y a un quart de siècle, la protection des habitants et de l’environnement devient une préoccupation mondiale. La Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité (CRIIRAD) a demandé d’urgence la publication des évaluations des rejets radioactifs. Il est aisé d’en comprendre la raison : L’exposition à la radioactivité de l’homme et de tout organisme vivant a des effets variables selon les cas de figure.

Alain Rannou, spécialiste en radioprotection à l’IRSN en dévoile les conséquences cliniques : « Cela va de l’érythème cutané, équivalent à un coup de soleil, à la stérilité, en passant par une cataracte, des troubles digestifs et du système nerveux, jusqu’au décès ». Les échelles sont variables. Une forte exposition entraîne des effets quasi immédiats, se traduisant par des vomissements, de la fièvre, des brûlures et des hémorragies. Elle engendre également la destruction de certaines cellules et la détérioration de la moelle osseuse et de la muqueuse intestinale. Une exposition de moindre intensité (par le biais de la consommation d’aliments, de l’inhalation des gaz ou de dépôt sur la peau ou les vêtements) peut endommager l’ADN et, par conséquent, provoquer des cancers puis, par la suite, des malformations chez les nouveaux nés. Alors, que faire face aux fuites radioactives ? L’évacuation, comme elle a actuellement cours au Japon, est évidemment la première chose à faire.

Dans le cas d’un maintien dans une zone à risque, la seule option est de s’enfermer chez soi, le plus en retrait possible (au sous-sol par exemple), portes et fenêtres calfeutrées de façon à maintenir l’aération au strict minimum et donc de limiter le risque d’entrer en contact avec les particules. Enfin, l’ingestion de comprimés d’iode stable (qui ont un statut de médicament depuis 1997) contribue à écarter les cancers de la thyroïde. Et les enfants, chez qui l’hormone thyroïdienne est essentielle pour la croissance et le développement, sont les premiers à devoir bénéficier de ces comprimés. Une distribution de ces comprimés est en cours au Japon, et elle est préconisée à domicile, en France, pour toute personne habitant dans un périmètre de 10 kilomètres autour d’une centrale nucléaire.
 

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