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Péril nucléaire : Les pharmacies françaises font face à une psychose
Péril nucléaire : Les pharmacies françaises font face à une psychose
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16 mars 2011 | 5 commentaires
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Péril nucléaire : Les pharmacies françaises font face à une psychose

Péril nucléaire : Les pharmacies françaises font face à une psychose

Les accidents nucléaires au Japon n’auraient pas d’impact en Europe, mais une « ruée vers l’iode » est néanmoins observée dans des pharmacies de l’hexagone. Ce phénomène lié à la peur touche également nos voisins belges et allemands. Pourtant, comme l’expliquent les spécialistes, un risque de contamination mondiale n’est pas à l’ordre du jour. Et les experts jugent même dangereux de prendre des capsules d’iode sans raison.

A en croire les témoignages de pharmaciens aux quatre coins de l’hexagone, l’accident nucléaire au Japon a eu pour effet de susciter des mouvements de panique. Bien que Tokyo se trouve à près de 10 000 kilomètres de Paris et que le continent européen, dans son ensemble, ne devrait pas être sujette à la contamination radioactive, des patients se précipitent chez leur pharmacien pour obtenir des comprimés d’iode afin de se prémunir de risques éventuels. Ailleurs en Europe également. Anne Lecroart, secrétaire générale francophone de l’Association pharmaceutique belge, observe au plat pays « des bousculades dans des pharmacies, d’ordinaire si calmes ». En Allemagne, où l’opinion est majoritairement hostile au nucléaire, les autorités et les pharmacies se sont organisées pour apporter des réponses au cas par cas.

En France, les professionnels n’hésitent pas à qualifier ces demandes d’irrationnelles. La pharmacie Saint-Seurin, à Bordeaux, juge même utile de préciser que « ça ne sert à rien. C'est l'État qui gère les stocks et décide de la distribution. On a reçu une note le rappelant ». Afin de comprendre cet engouement pour les comprimés d’iode, rappelons qu’en cas d’accident nucléaire, les rejets dans l’atmosphères contiennent de l’iode radioactif, un élément dangereux qui, une fois passé dans le sang, se fixe sur la glande thyroïdale. Et cette dernière, qui a besoin d’iode pour générer des hormones, peut, en cas de fixation d’iode radioactif, développer un cancer.

Comme le note Jean-René Jourdain, pharmacien radio-biologiste à l'Institut de recherche sur la sûreté nucléaire (IRSN), « les capsules d’iode stable, une fois ingérés, aident à se prémunir de ce risque en empêchant l’iode radioactif de se fixer sur la thyroïde ». Olivier Ferlet, membre du conseil national de l’ordre national de l’ordre des pharmaciens précise à cet effet qu’ « en France, les personnes vivant à moins de 10 kilomètres d’une centrale nucléaire reçoivent automatiquement des capsules d’iode depuis 20 ans ». Et selon Agnès Buzyn, directrice de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, inutile de se ruer vers les pharmacies, car « il ne sert à rien de prendre de l’iode pour l’instant. Si des décisions sont prises, elles seront annoncées en temps et en heure par les autorités ».

Des stocks d’iode seraient mis à disposition en cas de risque, mais pour l’heure, il n’y a pas lieu de paniquer. Prendre de l’iode sans raison et sans risque d’exposition à une radioactivité est même dangereux car, comme l’affirme Jean-René Jourdain, « une thyroïde trop chargée en iode peut être sujette à une concentration trop élevée en hormones thyroïdiennes, alimentant des pathologies cardiaques  ». L'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) conseille aux personnes qui désirent se renseigner de se rendre sur le site www.distribution-iode.com.
 

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Commentaires
3 votes
par josephpaul (IP:xxx.xx6.190.101) le 16 mars 2011 a 23H29
josephpaul (Visiteur)

Les pharmaciens et l’IRSN prennent les français pour des benêts. Les comprimés d’iode devraient être depuis longtemps dans tous les foyers, suivant les recommandations de l’OMS et suivant les recommandations qui se font aux USA et au Canada. S’ils n’y sont pas encore ils ont raison d’aller les chercher maintenant. Ce n’est évidemment pas pour le prendre tout de suite !!!! C’est juste pour en avoir si la consigne d’en prendre était donnée. C’est vrai que la consigne ne sera peut-être pas donnée par l’IRSN, vu qu’il ne faut pas affoler les populations. Mais elle pourra être donnée par la CRIIRAD. En tout cas le jour où le nuage sera sur nous, ce ne sera plus le moment de se précipiter pour aller chercher son comprimé parce que que la consigne sera de rester bien calfeutré à la maison. Alors si effectivement on n’a pas d’iode à la maison ce jour-là , il vaudra mieux rester bien au chaud et ne pas prendre d’iode ! Quant aux exécutants qui seront chargés d’aller chercher les stocks et de les distribuer le jour J, où il sera déjà trop tard pour prendre son comprimé, je leur conseille de rester aux abris comme tout le monde. Ceux qui habitent à 10 Km d’une centrale ont une distribution d’iode. Ceux qui sont juste un peu au-delà n’en ont pas, mais le risque pour eux est le même. ! C’est pour ça que l’iode est en vente libre depuis 1997, pour ceux qui souhaitent se prémunir, à juste titre. Et les pharmaciens et l’IRSN en rigolent. Grand bien leur fasse !

1 vote
par Pierrot (IP:xxx.xx6.57.26) le 22 mars 2011 a 22H09
Pierrot (Visiteur)

L’administration de pastilles d’iodure de potassium ne sert à rien en France puisque la contamination de l’air en isotope 131 iode est quasi infinitésimal. Par contre les risque d’hyperiodie sont réels.

3 votes
par Chris83 (IP:xxx.xx9.214.232) le 17 mars 2011 a 18H03
Chris83 (Visiteur)

Lors de la pseudo-épidémie de H1N1, Roselyne Bachelot promettait la mort à ceux qui ne seraient pas vaccinés, les gens n’ont pas suivi... Ils étaient qualifiés d’inconscients, d’irresponsables ou de paranoïaques, au choix...

Aujourd’hui les médias et bientot les autorités, ridiculisent les populations européennes qui veulent se prémunir (je dis bien "se prémunir", donc prendre ce médoc si la consigne était donnée) contre une irradiation en minimisant les effets du déplacement d’un nuage toxique malgré l’évidence de son arrivée par le jet-stream subtropical... C’est du foutage de gueule de parler de psychose quand il s’agit de prévention.

Et puis, j’ai un doute pour les pharmacies françaises qui font face à une psychose : c’est plutot la saison des choux gras.

Comme disait le regretté Michel Audiar : Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît....

3 votes
par Chris83 (IP:xxx.xx9.214.232) le 17 mars 2011 a 19H11
Chris83 (Visiteur)

Allo le Ministère de la Santé ! C’est maintenant que vous devez remplir votre rôle et mettre en place une stratégie type pandémie, accident majeur ou grande catastrophe :

- mise à disposition gratuitement de cachets d’iodure de potassium dans les pharmacies, les administrations (préfectures, mairies...) et les services d’urgence (hôpitaux, pompiers...)

- Consultation dans les médias audio-visuels et dans les réseaux téléphoniques de l’avancé des vents potentiellement radioactifs, et alerte immédiate par ces memes médias, par SMS et par les sirènes du RNA en cas de danger immédiat dans une zone désignée, il a été créé pour ça.

0 vote
(IP:xxx.xx8.232.88) le 30 mars 2011 a 23H24
 (Visiteur)

Les comprimés d’iode comportent des risques, ça peut déséquilibrer une hyperthyroïdie. Après l’affaire Médiator on pourrait penser que les français seraient plus méfiants face aux médicaments inutiles.... mais non !