La maladie de Parkinson est une affection neurologique progressive qui touche 1 à 2 % des personnes de plus de 65 ans. On la connait surtout pour les tremblements qu'elle entraîne, mais elle provoque également des raideurs, des troubles de la marche et divers autres problèmes physiques. Cette maladie est liée à la disparition de certaines cellules du cerveau qui produisent de la dopamine, hormone nécessaire notamment pour l'inititation et le contrôle des mouvements.
Mais la maladie de Parkinson s'accompagne aussi souvent de problèmes psychologiques. Il ne s'agit pas seulement du retentissement d'un handicap parfois lourd sur le moral du patient, mais aussi d'un effet direct des perturbations cérébrales à l'oeuvre dans la maladie. Il s'agit surtout de dépressions, parfois aussi d'anxiété. La cause principale en est la perturbation de la dopamine, qui peut engendrer un état dépressif. Dans ce cas, le traitement médicamenteux habituel de la maladie de Parkinson, qui vise à remplacer la dopamine manquante par différents types de substituts, peut guérir en lui-même l'état dépressif.
Cependant, un autre mécanisme est possible, au travers d'une atteinte cérébrale supplémentaire, souvent présente dans l'évolution du Parkinson : celle des neurones produisant la sérotonine. L'insuffisance de ce neuro-transmetteur utile à la régulation des émotions peut aussi conduire à la dépression. Dans ce cas, un traitement complémentaire est nécessaire, à base d'antidépresseurs agissant sur la sérotonine, avec des effets souvent déterminants.
Cet exemple d'une maladie physique comportant, du fait d'atteintes cérébrales diverses, des troubles psychologiques, démontre tout l'intérêt du rapprochement actuel de la neurologie et de la psychiatrie, pour une meilleure prise en charge des malades et aussi pour mieux en étudier les causes sous-jacentes.