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Oxygène et infarctus
Oxygène et infarctus
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7 décembre 2011
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thoracotomie, 14 articles (Médecin généraliste)

thoracotomie

Médecin généraliste
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Oxygène et infarctus

Oxygène et infarctus

On prescrit l’oxygène dans les insuffisances respiratoires primaires, les états de choc, la quasi totalité des affections cardiaques aigües. On ne se pose plus vraiment la question, tant le statut de « malade » donné par le port de lunettes à oxygène fait espérer à tout le monde un effet thérapeutique et au minimum placebo.

Cependant on sait que le flux d’O2 apporté par ces lunettes est très faible (surtout si les lunettes oxygènent la pièce et pas le malade), qu’une sonde nasale est plus efficace mais plus désagréable à porter, que le masque surtout avec un dispositif à haute concentration est le plus riche en O2 (il est parfois mal toléré chez des patients qui ont l’impression d’étouffer).

On sait que l’utilisation au long cours d’oxygène chez les insuffisants respiratoires doit être interrompue au cours d’une journée (du moins au début de l’IRCO) car l’oxygène peut être toxique pour les poumons.
Les plongeurs connaissent aussi les risques de l’hyperoxie au niveau cérébral (et pulmonaire dans une moindre mesure).

Il pourrait y avoir un 3e problème : une méta-analyse portant sur des études de prise en charge d’infarctus du myocarde (IDM) retrouvent des chiffres assez curieux, avec une morbi-mortalité plus importante dans les situations d’utilisation d’oxygène.
Ceci peut peut être s’expliquer par le fait que les IDM qui ont bénéficié d’oxygène étaient aussi les plus sévères, avec logiquement plus de complications.
D’autres biais sont possibles car les études sont d’âge très différent (1976-1997-2005) et les traitements de reperfusion ont beaucoup progressé en peu de temps.

L’étude porte aussi sur la douleur. Il est assez logique que l’oxygène seul ne suffise pas à titre antalgique et qu’à choisir entre oxygéner et administrer un antalgique efficace, quitte à ce que ce soit une dose titrée de morphine, c’est la 2e solution qui est à envisager. Le risque d’hypoventilation lié aux morphiniques est faible dans ce contexte.

Dans les années 1950 on a aussi montré que l’administration d’oxygène dans l’infarctus ne réduisait pas la durée de la douleur et prolongeait les modifications ECG, mais il n’y a pas eu de suites.

Un effet paradoxal au niveau coronarien est possible par augmentation des résistances vasculaires et réduction du débit coronaire, mais il concernerait une hyperoxie thérapeutique et donc à conséquence iatrogène, une réduction de la consommation d’oxygène par le myocarde et donc le myocarde endommagé.

Dans les IDM de petite taille sans complications majeures, l’oxygène est peut être inutile mais pas dangereux, mais dans les IDM massifs et mis sous masque à haute concentration, une hyperoxie pourrait aggraver les lésions.
Jusque là il n’y a pas eu de preuve de l’efficacité de l’oxygène dans les SCA. La méta-analyse n’apporte pas de preuve directe d’un effet néfaste mais le problème reste plausible et donc à clarifier.

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Mots-clés :
Infarctus Oxygène