Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Omégas 3 et mémoire
Omégas 3 et mémoire
note des lecteurs
date et réactions
5 avril 2013
Auteur de l'article
Jean-Yves Dionne, 44 articles (Expert-conseil)

Jean-Yves Dionne

Expert-conseil
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
44
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

Omégas 3 et mémoire

Omégas 3 et mémoire

Nous avons déjà vu que les omégas peuvent réduire les plaques amyloïdes (ou plaques séniles) chez la souris (voir Alzheimer et déclins cognitifs : prévention et possibles traitements) et qu’ils ont un impact sur la mémoire à court terme (voir Prévention de l’Alzheimer). Trois nouvelles études viennent ajouter à nos connaissances sur le sujet.

Mémoire et temps de réaction

Un groupe de 176 adultes (18-45 ans, non fumeurs) en bonne santé ayant des apports faibles en omégas 3, spécifiquement en DHA, ont reçu quotidiennement soit 1160mg de DHA et 170mg de EPA, soit un placébo (huile d’olive) durant 6 mois. Les chercheurs ont mesuré différents aspects de la mémoire (attention, mémoire épisodique ou de travail, etc.) et du temps de réaction. Ils ont tenu compte dans leur analyse du sexe et de la présence de l’allèle ε4 du gène Apolipoprotéine E, un facteur de risque important de la maladie d’Alzheimer (voir Prévention de l’Alzheimer). La présence du gène n’a pas changé la réponse au traitement. Les femmes ont eu un effet plus favorable que les hommes, mais tous ont vu leur mémoire et leur temps de réaction s’améliorer.(1)

Cette étude est intéressante, mais beaucoup trop courte pour évoquer une protection contre le déclin lié à l’âge ou la maladie d’Alzheimer, surtout que les participants sont assez jeunes. Par contre, elle montre l’effet d’une dose élevée d’omégas 3, surtout composée de DHA, sur la mémoire et le temps de réaction.

Faible dose : aucun résultat

Une autre étude, cette fois sur un groupe de 2911 personnes âgées (60-80 ans) ayant aussi subi un infarctus, a évalué différents omégas 3 durant une période de 40 mois. Les participants ont reçu, sous forme de margarine, soit 400mg/jr de EPA-DHA, soit 2g/jr de ALA (oméga 3 végétal), soit une combinaison des deux (EPA-DHA et ALA), soit un placébo.(2)

Cette étude n’a pas révélé d’impact sur la mémoire, peu importe le groupe. Je dois dire que je n’en suis aucunement surpris. Un tel protocole avait très peu de chance de donner des résultats positifs et voici pourquoi :

1- Surtout parce que la dose d’omégas 3 (EPA et DHA) est trop faible (comparez-la avec celle de l’étude précédente…). Cette dose est même en deçà de la dose utile en cardiovasculaire.

2- Les participants sont des gens malades ayant subi un infarctus. On peut présumer que leur état nutritionnel n’est pas très bon au départ. Il aurait donc fallu utiliser des doses plus importantes (et non plus faibles que celles de l’étude précédente) que chez des gens en santé, et possiblement les coupler avec des conseils nutritionnels ou des suppléments autres.

3- On peut également mettre en doute l’usage d’une margarine comme véhicule. La margarine n’est pas connue pour conserver les acides gras intacts. Finalement, les participants prenaient peut-être tous un aggravant ? En effet, les acides gras oxydés peuvent avoir un effet pro-inflammatoire, ce qui serait contraire à l’effet recherché, n’est-ce pas ?

Évolution du déclin cognitif

Dans cette étude, les chercheurs ont évalué l’effet des omégas 3 sur la progression de la maladie, depuis un déclin cognitif léger vers une démence établie (type Alzheimer ou autre). 50 personnes de plus de 65 ans ayant un léger trouble de la mémoire ont reçu quotidiennement soit 1670mg EPA + 160mg DHA (groupe EPA), soit 1550mg DHA + 400mg EPA (groupe DHA), soit un placébo d’huile de carthame contenant 2200g d’acide linoléique (un oméga 6) durant 6 mois. Les chercheurs ont évalué non seulement différents aspects de la mémoire, mais également la qualité de vie, les signes de dépression, etc.

Par rapport au placébo, les symptômes de dépression se sont améliorés dans les groupes DHA et EPA ; l’élocution s’est améliorée dans le groupe DHA ; la sensation de bien-être était plus forte dans le groupe DHA. Les auteurs constatent que la consommation d’omégas 3 à dose significative a amélioré la mémoire et les signes de dépression et a réduit le risque de progresser vers la démence.(3)

Ces données sont très intéressantes parce qu’elles montrent le potentiel des omégas 3, à dose suffisante, de préserver et même d’améliorer nos capacités mentales. Il faut cependant garder en tête que les omégas 3 ne sont que quelques-uns des nombreux nutriments utiles pour l’esprit. Une personne présentant plusieurs carences nutritionnelles devra améliorer son alimentation avant de pouvoir observer des résultats.

Pour en savoir plus sur les outils de prévention de la perte de mémoire, consultez aussi :

La prévention du déclin cognitif commence tôt

Bien vieillir et rester en santé : une petite histoire sans intérêt !

Une autre cause du déclin cognitif

Alzheimer et déclins cognitifs : prévention et possibles traitements…

Vitamine D et Alzheimer

Prévention de l’Alzheimer

Garder un cerveau jeune

Jean-Yves Dionne, Pharmacien, expert conseil en produits de santé naturels www.jydionne.com Franchement Santé

SOURCES

Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Santé & Maladies
Mots-clés :
Mémoire Omégas 3