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Mieux soigner le cancer : l’exemple de Beaujon Bichat Louis-Mourier (AP-HP)
Mieux soigner le cancer : l'exemple de Beaujon Bichat Louis-Mourier (AP-HP)
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28 janvier 2011
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Mieux soigner le cancer : l’exemple de Beaujon Bichat Louis-Mourier (AP-HP)

Mieux soigner le cancer : l'exemple de Beaujon Bichat Louis-Mourier (AP-HP)

En septembre dernier, le service de cancérologie de l’hôpital Beaujon (AP-HP) a intégré de nouveaux locaux afin d’offrir un meilleur confort aux patients. L’occasion de faire le point sur l’activité de cancérologie au sein de ce groupe hospitalier (GH) avec le Pr Eric Raymond, chef du service inter-hospitalier de cancérologie Beaujon-Bichat.

Pouvez-vous nous présenter votre service ?

Multisite dès sa création, ce service est né il y a six ans pour répondre à des besoins très spécifiques de la population du bassin de vie que constituent le Nord et le Nord Ouest de la région parisienne, où il n’existait aucun centre anticancéreux public. Sa création avait également pour objectif de répondre à la demande de nos partenaires, Participant au service public hospitalier (PSPH) ou cliniques privées, qui souhaitaient pouvoir se tourner vers une structure hospitalo-universitaire capable de répondre à une démarche de recours pour leurs patients, comme aux besoins en recherche clinique.

Notre activité est essentiellement orientée vers les traitements ambulatoires, qui caractérisent à mon sens une approche moderne de prise en charge du cancer. Nos patients passent très peu de temps à l’hôpital, ce qui implique d’une part de développer des réseaux à l’extérieur et d’autre part une prescription rapide et adaptée au sein du service, puisque tout se décide pour nos patients en amont de la séance de traitement. C’est un mode de fonctionnement peu habituel, où tout est discuté et programmé avant leur arrivée dans le service, et qui nécessite une solide organisation. Notre mission première est donc d’offrir aux patients cancéreux, et pour l’ensemble du groupe hospitalier, des thérapies ambulatoires telle que la chimiothérapie en hôpital de jour ou en hospitalisation de semaine.

L’objectif est de favoriser l’accès aux thérapeutiques ciblées et aux nouveaux médicaments anticancéreux. Pour répondre à ces besoins, nous nous appuyons sur un plateau technique transversal auquel se raccordent les services de spécialités qui traitent des cancers, tels que la gastroentérologie, l’hépatologie, l’ORL, la gynécologie, la neurologie ou la pneumologie.

Nous menons aussi une activité de recherche de haut niveau dont la réputation dépasse largement le groupe hospitalier, comme en témoignent la participation à nos essais cliniques de patients venant de la France entière, et adressés par des Centres anticancéreux.

Enfin, nous participons, comme d’autres hôpitaux qui dépendent de l’Université Paris VII Diderot, à des missions d’enseignement auprès des médecins, des externes, des internes, des chefs de clinique, etc…

Quelles sont les pathologies prises en charge ?

Essentiellement les cancers de l’appareil digestif, en lien avec les activités du pôle des Maladies de l’Appareil Digestif (PMAD) et de ses services, avec lesquels nous collaborons régulièrement. Notre 2ème grand pourvoyeur de patients est le pôle Tête-Cou-Rachis (TCR), notamment l’ORL en collaboration avec le service de Bichat, et la neurochirurgie. Enfin, nous traitons des pathologies du cancer en gynécologie, notamment des formes évoluées de tumeurs gynécologiques, en urologique, en pneumologie et en dermatologie, qui elle, est surtout concernée par des projets de recherche.

Comment envisagez-vous l’évolution de votre service ?

D’un point de vue quantitatif, nous avons déjà une activité soutenue. Sur Beaujon, l’objectif serait plutôt de renforcer la qualité des soins en partenariat avec les pôles PMAD et TCR. Pour le site de Louis-Mourier, où le but est de reproduire l’unité fonctionnelle de Beaujon avec un hôpital de jour et un plateau technique, nous souhaitons élargir l’offre de soins en Soins de Suite et de Réadaptation (SSR). Par ailleurs, il existe un potentiel considérable pour se positionner comme référence en oncologie thoracique du Nord de Paris, du fait de la présence de deux excellents services spécialisés en pneumologie à Bichat et de la chirurgie thoracique. Enfin, avec l’intégration de deux hôpitaux gériatriques dans le groupe hospitalier, il serait intéressant d’élaborer, puis de développer, un projet d’onco-gériatrie.

Qu’en est-il de vos activités de recherche et d’enseignement ?

Les activités de recherche de notre service sont axées autour de travaux, débutés il y déjà plusieurs années, sur les nouvelles thérapies médicamenteuses. Ils concernent notamment les premières applications (dites en « phase I ») de toute nouvelle molécule dans le cadre d’une thérapie chez l’homme. Nous occupons une place de leadership en la matière, grâce notamment à l’intégration d’un laboratoire à notre unité de recherche. Le savoir-faire et la qualité de nos essais cliniques et thérapeutiques sont ainsi reconnus en France et à l’international.

S’agissant de l’enseignement, tous nos médecins et nombre de jeunes chirurgiens travaillant avec nous, mènent des Masters de recherche. Nous bénéficions aussi d’une attractivité importante auprès des étudiants étrangers et des futurs internes, du fait notamment de l’éventail très large des pathologies prises en charge au sein de nos hôpitaux. De ces activités découle un grand nombre de publications de très bon niveau.

Quelles sont les ambitions du groupe hospitalier en matière de cancérologie ?

Nous souhaitons nous positionner en tant que centre de cancérologie pour le nord de la région parisienne, voire du Grand Paris. En terme de compétence, nous en avons les moyens, grâce à la présence d’excellents cancérologues sur l’ensemble des hôpitaux du groupe. Aujourd’hui, notre expérience nous donne l’ambition légitime d’être labellisé Centre intégré de cancérologie (CIN) par l’institution avec 4 centres experts. Et si la jeunesse de notre service peut jouer en notre défaveur, il faut rappeler que nous avons su nous positionner rapidement et nous développer malgré un contexte contraint. Dans le cadre de cette démarche de labellisation, le travail qu’il nous a été demandé de mener par la Direction Centrale concerne notamment la mise en place d’une structure optimale, qui rende lisible notre activité de cancérologie pour l’extérieur. C’est un vrai challenge pour nous, quand on sait que le groupe hospitalier s’étend sur trois départements (75, 92, 95) et ses unités de cancérologie sur trois sites (Beaujon, Bichat, Louis Mourier).

Le CIN prévoit une coordination globale, une coordination de la recherche et une coordination de la qualité (3C). La première est assurée par un comité opérationnel inter-hospitalier composé de représentants de toutes les spécialités de cancérologie sur le groupe hospitalier. Quant au 3C, c’est une cellule opérationnelle qui a un rôle décisionnel pour les orientations en matière de soins, d’enseignement et de recherches. Elle est composée, entres autres, d’oncologues des différents sites du groupe et le Pr Sandrine Faivre en est la coordinatrice.

Propos recueillis par Diane Paloux


Qu’est-ce qu’un Centre intégré de cancérologie (CIN) ?
Le CIN est une structure hospitalière capable de répondre à l’ensemble des besoins en terme de soins, d’enseignement et de recherche pour la prise en charge des patients atteints de cancer. Il est doté d’un plateau technique, de services et de filières identifiables et soumis à des critères qualitatifs et quantitatifs définis par l’Institut National du Cancer (INCa). L’AP-HP a souhaité identifier les groupes hospitaliers qui pourront répondre à ces besoins pour un territoire de santé donné.

Qu’est-ce qu’un centre expert ?
Les centres experts, correspondent à des spécialités anatomiques pour lesquelles l’excellence de notre prise en charge a été reconnue. Pour notre Groupe et donc notre CIN, il s’agirait de 4 Centres experts en digestif, ORL, dermatologie et gynécologie. Un travail de réflexion a par ailleurs été engagé pour le futur concernant la pneumologie.

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Mots-clés :
Cancer Hôpital