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Mieux comprendre Alzheimer avec le Dr Félix Affoyon
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20 octobre 2010 | 1 commentaires
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La rédaction CareVox, 598 articles (Comité de rédaction)

La rédaction CareVox

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Mieux comprendre Alzheimer avec le Dr Félix Affoyon

Mieux comprendre Alzheimer avec le Dr Félix Affoyon

Félix AFFOYON est pédiatre urgentiste de formation et exerce en tant que généraliste homéopathe acupuncteur. Il vient de publier aux Editions F-X de GUIBERT (Collection Ecologie Humaine) "Les vrais mécanismes de la maladie d’Alzheimer et des maladies associées".

1- Comment dans votre parcours, en êtes-vous venu à vous intéresser à la maladie d'Alzheimer ?

Il s'agit d'un hasard total. Je suis homéopathe et m'étais lancé comme défi de "dépoussiérer" la matière médicale homéopathique que je considérais comme archaïque. Je me suis donc intéressé à Naja (le venin du cobra) un grand remède homéopathique d'athérosclérose et d'infarctus du myocarde. Naja lui-même m'a conduit à un autre venin : Dendroaspis ou mamba, un serpent africain de la même famille que Naja mais infiniment plus dangereux. Il se trouve que c'est grâce aux toxines du venin de ce serpent qu'on a pu démontrer la disparition progressive des récepteurs canaux potassium lors du vieillissement et leur diminution précoce dans la maladie d'Alzheimer. Ces récepteurs-canal sont des protéines de la membrane cellulaire qui assurent le transport des substances nutritives (potassium, sodium, calcium, magnésium, chlore...) vers l'intérieur, ou l'extérieur, de la cellule permettant à celle-ci de vivre. C'est le blocage progressif de ces récepteurs-canal qui est responsable de la souffrance de la cellule et plus tard de sa mort.

Pour moi la cause première du blocage de ces récepteurs est l'athérosclérose qui induit un ralentissement circulatoire à l'origine de la souffrance puis de la mort cellulaire.

2- Vous parlez de "stress oxydant" dans la plupart des maladies dont celle d'Alzheimer. Pouvez-vous expliquer ce concept et le rôle qu'il joue dans la maladie ?

En effet, le stress oxydant est l'unique responsable du déclenchement de toutes les maladies, y compris les maladies génétiques. Notre organisme répond au stress environnemental (substances toxiques) par du stress biochimique qui oxyde les molécules biologiques et les rend inaptes à toute activité. Ce stress oxydant n'est que la conséquence d'une accélération de, ce qu'on appelle en biochimie, la chaîne respiratoire (qui n'est en fait qu'une accélération imperceptible du rythme respiratoire) pour tenter d'éliminer le maximum de substances toxiques.

Cette accélération de la chaîne respiratoire a un prix : la production exagérée de dérivés toxiques de l'oxygène appelés radicaux libres oxygénés. Ce sont eux qui attaquent et oxydent les molécules biologiques, comme par exemple les récepteurs-canal, les lipides des membranes cellulaires, le cholestérol, les protéines dont la plupart sont en même temps des hormones, des enzymes, des gênes (constituants de l'ADN et donc des chromosomes). On peut comparer les radicaux libres au dépôt qui encrasse les organes des moteurs à explosion.

3- Vous associez aussi la maladie d’Alzheimer aux maladies auto-immunes et aux allergies. Pourquoi ?

En fait toutes ces maladies ont le même support : l'inflammation des vaisseaux, mais à des stades différents.

  • Le premier stade est l'allergie visible.

L'allergie occulte , quant à elle, induit une maladie silencieuse qui s'extériorise alors que la maladie est déjà déclarée.

  • Le deuxième stade, ce sont les maladies auto-immunes sans atteinte des neurones.

La plupart sont connues et on retrouve également l'ostéoporose, les cancers, les leucémies, les dépressions.

  • Le troisième stade concerne les maladies neurodégénératives (qui touchent les nerfs).

En effet le système nerveux (organe privilégié du corps et sans lequel les autres organes n'existeraient pas) est protégé par une barrière vasculaire normalement étanche qui tapisse, tel un manchon, le cerveau et la moelle épinière. Cette barrière appelée barrière hémato-encéphalique joue un rôle primordial. C'est la protection des cellules nerveuses contre l'attaque par des substances indésirables arrivées par voie sanguine. Mais cette barrière finit par céder (tel un barrage) sous la pression d'une trop grande quantité de molécules étrangères. Cette rupture est progressive et a comme conséquence de priver les neurones de nutriments ; la rupture touche :

- d'abord la queue du neurone : il s'ensuit alors une polynévrite (exemple du Guillain Barré) ou une sclérose en plaques

- puis la tête du neurone : on assiste alors à une sclérose latérale amyotrophique (ou maladie de Charcot), ou à une maladie d'Alzheimer, ou enfin à une maladie de Parkinson, de Creutzfeld-Jakob...

 

Les vrais mécanismes de la maladie d'Alzheimer et des maladies associées

 

4- Comment alors prévenir l'apparition de la maladie d’Alzheimer ?

La prévention est un effet primordiale, car une fois le diagnostic annoncé, la maladie est incurable et c'est le stade terminal de la dégénérescence neuronale.

La prévention consiste à éviter de s'exposer à trop de corps étrangers ou substances que nos enzymes ne sont pas en mesure de digérer (par exemple, les enzymes des herbivores ne peuvent pas digérer la viande !!!). Mais l'homme (le "plus intelligent" des animaux) a cru qu'il pouvait tout ingérer parce qu'il a inventé la cuisson et la transformation des aliments.

L'exemple des céréales est à ce titre très révélateur ; ces graminées, sauvages il y a encore 11000 ans, sont logiquement destinées aux oiseaux et aux herbivores ; mais l'homme s'en est emparé en prenant bien soin de les cuire avant de les consommer. Or, une fois cuites pour finalement être tolérées en bouche, les protéines de ces céréales, ainsi que leur enveloppe (mais aussi celle des légumineuses) sont cette fois impossibles à digérer par les enzymes de l'intestin humain. Les laits animaux ne sont pas non plus digestes pour nos enzymes ; en effet le lait n'est pas un aliment providentiel conçu pour sauver l'humanité comme le prétendent certains, sinon pourquoi ce lait si providentiel voit sa sécrétion se tarir lentement mais sûrement chez tous les mammifères qui allaitent et ce au bout de seulement quelques mois de vie de leur nourrisson ?

Mais alors où trouve t'on le calcium pour combattre l'ostéoporose rétorquent certains ? J'affirme qu'on ne risque pas de manquer de calcium car ce minéral est présent en grande quantité dans nos tissus (sang, parois vasculaires, os, tendons...). Et on peut penser que c'est parce que le lait est trop riche en calcium qu'il ne convient plus au nourrisson (et a fortiori à l'adulte) à partir de quelques mois de vie : trop de calcium tue le calcium. De fait, on ne se déminéralise que lorsque l'on s'expose à certains corps présents dans notre alimentation et notre environnement. Nos cellules mettent en effet en place un mécanisme de défense pour tenter d'évacuer ces toxines en consommant de l'oxygène (d'où l'accélération de la chaîne respiratoire) et de la vitamine B3 comme énergies. Or la vitamine B3 est chargée de transporter le calcium de l'extérieur vers l'intérieur de la cellule et de réparer les brins d'ADN éventuellement endommagés. Il s'ensuit un ralentissement métabolique avec indisponibilité du calcium donc une déminéralisation pouvant aller jusqu'à la mort de la cellule par blocage des récepteurs canal calcium, potassium...

5- Vous mettez en cause l'environnement. Pouvez-vous nous expliquer ?

L'environnement est très "étendu" ; il comprend toutes les substances qui traversent quotidiennement le tube digestif, l'appareil respiratoire voire même la peau : aliments, médicaments, toxines en suspension dans l'air (gaz d'échappement, rejets industriels en suspension, ondes électromagnétiques...). Toutefois si chacun de nous peut agir sur son alimentation, nous n'avons aucune prise sur l'environnement atmosphérique, qui lui, dépend surtout d'enjeux économiques.

6- Pensez-vous que les progrès réalisés permettront dans l'avenir d'envisager un traitement médicamenteux contre la maladie d'Alzheimer ?

On peut en douter , la maladie d'Alzheimer déclarée est synonyme de mort neuronale : c'est le point de non retour.

La rédaction CareVox
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par France (IP:xxx.xx2.53.29) le 7 novembre 2011 a 21H21
France (Visiteur)

Courageux article, qui me semble plein de bon sens sur les causes de la dégénérescence cérébrale. J’ai moi-même expérimenté pendant 2 ans qu’un régime alimentaire 100% cru, sans produits laitiers ni céréales, mais à base de fruits, légumes et oléagineux crus, avait, dès la deuxième semaine, amélioré l’état de ma belle-mère, atteinte précocément de dégénérescence cérébrale : disparition des délires, recouvrement de la capacité de dialoguer, diminution notable des troubles du comportement. Et qu’un retour à une alimentation cuite traditionelle, lors de son entrée en maison de retraite, avait entraîné une dégradation très rapide de son état, avec perte du langage en 2 mois. Or les fruits et légumes crus sont connus pour être riches en anti-oxydants, et pauvres en AGE ou autres molécules de Maillard (ces molécules apparaissant avec la cuisson), ce qui est cohérent avec ce que dit le docteur Affoyon, et aussi le docteur Seignalet dans son livre : l’Alimentation ou la Troisième Médecine. Les oléagineux crus (avocats, noix, noisettes, amandes, graines de tournesol ...) apportent les protéines, lipides et omégas 3 qui manqueraient à un régime uniquement composé de fruits et légumes.